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Sarah, l'une des victimes d'insultes racistes au Pukkelpop témoigne pour RTL info: "C'était juste horrible"

Des insultes racistes et des coups, voilà ce que deux jeunes femmes auraient subi ce week-end durant le festival Pukkelpop à Hasselt. Une enquête a été ouverte et Corentin Simon et Guillaume Wils ont rencontré l'une des deux victimes pour le RTL info 19 heures.

"C'est la première fois que j'ai ce genre d'acharnement en groupe et dans un endroit où on est supposés tous être là pour s'amuser. Surtout à un concert de Kendrick Lamar, qui est un artiste afro-américain. C'était juste sidérant, c'est pas normal". 

Samedi soir, Sarah s'est fait agresser en raison de sa couleur de peau…

"Il y a des gens qui touchaient nos cheveux, il y a des gens qui venaient prendre des photos avec nous, des gens qui chantaient une chanson en néerlandais qui voulait dire 'le Congo est à nous', c'était juste horrible", raconte la jeune femme.

À ce moment, Sarah et son amie se sont senties comme des objets. "Comme je l'ai mis sur mon Twitter, j'avais l'impression d'être un animal dans une cage, comme un petit jouet en mode 'Oh regardez', explique-t-elle encore. Tout le monde veut faire des blagues dessus, c'est pas normal, et il y a des gens qui vivent ça tous les jours."


"Ça renvoie au passé colonial, c'est une forme de racisme ordinaire"

Les deux jeunes chantent en néerlandais : "Le Congo est à nous" lors du concert de Kendrick Lamar, en référence au passé colonial de la Belgique.

"C'est d'abord du racisme banal, du racisme ordinaire, du racisme bête et méchant, note Patrick Charlier, directeur d'Unia. On s'adresse à quelqu'un d'origine africaine en renvoyant au Congo, 'le Congo est à nous'. Il semble même qu'il soit question des mains coupées. Et donc, ça renvoie au passé colonial, c'est une forme de racisme ordinaire."


"Les gens devraient faire attention"

Sarah a décidé de ne pas porter plainte pour le moment mais elle souhaite faire passer un message : "Je trouve que les gens devraient faire attention à ce qu'ils disent parce que ça fait beaucoup de mal. Même s'ils l'ont dit, parce que j'ai vu des commentaires qui disaient qu'ils étaient surement bourrés, et que c'était pour ça qu'ils disaient des choses comme ça, mais même en étant bourré, on n'est pas supposé dire des choses pareilles"

Une enquête a été ouverte par le paquet du Limbourg. Les jeunes de la vidéo sont mineurs.

"Par rapport à des mineurs qui ont ce type de comportement intolérant, nous on plaide pour des mesures éducatives, pas nécessairement être dans la sanction pure et dure", ajoute le directeur d'Unia.

Ironie de l'histoire : les faits se sont déroulés au concert d'un chanteur américain très impliqué dans la lutte contre le racisme. 

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