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Un prêtre brugeois devant la justice pour ne pas avoir aidé un fidèle qui voulait se suicider

Un prêtre brugeois devant la justice pour ne pas avoir aidé un fidèle qui voulait se suicider
Image d'illustration

Le tribunal correctionnel de Bruges doit rendre son jugement lundi à l'égard d'un prêtre brugeois de 57 ans, soupçonné de négligence coupable après le suicide d'un quinquagénaire en 2015. L'ecclésiastique se défend en invoquant le secret de la confession.

Le 1er octobre 2015, le prêtre Alexander S. a reçu plusieurs coups de téléphone de l'une de ses connaissances, un homme de 54 ans originaire de Gistel (Flandre occidentale) qui souffrait d'une dépression depuis un certain temps. Au total, trois coups de téléphone ont été passés et plusieurs SMS ont été échangés dans lesquels le fidèle a clairement exposé sa volonté de se suicider.

La nuit qui a suivi, l'homme s'est donné la mort dans sa voiture. Lorsque la femme du défunt a pris connaissance des échanges que son mari avait eus avec le prêtre avant de commettre l'irréparable, elle a porté plainte auprès d'un juge d'instruction. Selon la partie civile, après ces coups de fils alarmants, le prêtre aurait dû aller chercher de l'aide.

"Il est du devoir de chacun d'aider une personne dans le besoin. Un point c'est tout", a plaidé maître Patrick Bernard Martens. Le ministère public est également d'avis que le prévenu ne peut se retrancher derrière le secret confessionnel. Le procureur n'a pas requis de peine minimale à l'encontre du prêtre.


"À vous de juger"

En théorie, une personne condamnée pour négligence coupable risque jusqu'à un an de prison et une amende s'élevant jusqu'à 3.000 euros. De son côté, la défense a fait valoir qu'Alexander S. a tenté de changer les idées de la victime. Me Jan Leysen a comparé la situation avec le travail de la ligne téléphonique de prévention au suicide. Il a demandé l'acquittement de son client. Quant au secret de la confession, le président du tribunal a rappelé que son institution n'était pas concernée par le droit canon.

La défense a à peine plaidé autour de cette notion, Me Leysen se contentant de rappeler que son client faisait face à un grand dilemme en raison de ce secret. "Si vous ne considérez pas important mon secret confessionnel, alors on peut en dire de même de l'indépendance de ce tribunal. Je suis entre deux chaises. C'est à vous de juger", a indiqué Alexander S. dans sa dernière déclaration.

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