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A Charleroi, des SDF réalisent des courts-métrages pour dépeindre leur quotidien et montrer comment une vie peut basculer

A Charleroi, des SDF réalisent des courts-métrages pour dépeindre leur quotidien et montrer comment une vie peut basculer

Les scénaristes ainsi que les comédiens sont des sans-abri. Par le biais de leurs œuvres audiovisuelles, ils espèrent sensibiliser le public à leur situation.

Dépeindre leur quotidien et faire prendre conscience au public les difficultés de la vie dans la rue. Tel est l'objectif des deux courts-métrages écrits et tournés par des sans-abris de la région de Charleroi.

Durant plusieurs semaines, ces derniers ont œuvré dans la réalisation de deux courts-métrages. Les scénaristes mais aussi les comédiens viennent de la rue. Leur quotidien est ainsi raconté avec leurs mots. On découvre leurs visages mais également leur vision. Ces œuvres tentent de montrer comment une vie peut soudainement basculer. 

Luc Brigode est réalisateur du court-métrage "Attends". Celui qui s'est retrouvé sans abri après avoir travaillé dans l'audiovisuel a pris son rôle de chef d'orchestre très à cœur. "Je ne voulais, en aucun cas, faire un documentaire. Les gens de la rue ne sont pas des animaux. Je suis revenu à mes anciens amours, écrire un film", confie-t-il au micro de Jimmy Meo et de Julien Raway.


"Je suis tombé dans une dépression"

Accompagné par des professionnels des arts de la scène, des SDF racontent, tour à tour, leur histoire respective. Ils confient les nombreuses difficultés auxquelles ils doivent faire face. "Il y a beaucoup d'ASBL, de centres et d'abris qui ferment en été. Mais en été, la vie continue. Quand il pleut et qu'il y a des torrents d'eau qui vous coulent sur la tête, c'est très difficile", indique Eric Fontaine, comédien. 

Âgé de 20 ans, Bryan Brodehoux a lui aussi connu la rue. Il s'en est sorti grâce à ce projet qui lui a permis de se réinsérer socialement. "Je suis tombé dans une dépression puis dans la cocaïne, l'héroïne. Je me piquais, je buvais beaucoup. Des gens du CPAS ont remarqué que je faisais une grave dépression. J'ai perdu mon appartement, je suis retombé dans la rue"

Ces productions ont pour but de sensibiliser le grand public et le monde politique. Mais à plus court terme, elles auront sorti de l'isolement tous ces acteurs plus vrais que natures. 

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