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Coups de cutter sur les tentes, vêtements coupés en morceaux: le camp de fortune d’Yves, SDF, complètement saccagé

Le relais social fait le bilan du plan hiver à Charleroi: 10.496 nuitées. Toutefois certains sans-abris préfèrent séjourner en tentes plutôt que dans ces centres d'accueil. Mais depuis plusieurs semaines ces tentes sont régulièrement vandalisées sans pouvoir mettre la main sur les coupables.

Fin janvier, Yves a retrouvé son petit camp dévasté. Coups de cutter sur la toile des tentes, les rares biens qu’il possède ont été pillés. "Les boîtes de conserve que l’on m’avait données ont été écrasées", confie-t-il au micro d'Aurélie Henneton et François-Xavier Van Leeuw.

Yves vit sous tente depuis plus de 5 ans, il n’avait jamais connu ça. "On a tout saccagé. Nourriture, vêtements coupés en morceaux. Je n’étais pas là, je n’ai rien su faire. Même si j’avais été là, les vandales, je n’aurais pas su les arrêter tout seul, ce n’est pas possible."


"Des règlements de compte"

Dans un autre camp, c’est une affaire de drogue qui est à l’origine des dégâts. Trente marginaux vivaient ici, aux portes de la ville, sur une friche. "Il y a exceptionnellement ce terrain qui était énorme, mais on voit bien ce que ça a donné, explique Denis Uvier, éducateur de rue de l'asbl Solidarités Nouvelles. Surtout le coin où nous sommes, c’est la ville basse. La ville basse, c’est tout ce qu’il y a d’obsolète en ville. La prostitution, la drogue, les dealers… Ce sont des règlements de compte."

Ces dernières années, Denis Uvier a remarqué une tendance. Il y a moins de squats, plus de tentes. "Ils ont une bulle autour d’eux et c’est ce qui est important. Il ne faudrait pas s’arrêter à une tente, il faudrait dire : on a l’audace de faire un terrain avec des maisonnettes, de l’habitat léger. On fait la chasse aux caravanes mais en même temps, on ne donne pas de solutions aux gens."

Cinquante tentes ont été saccagées ou brûlées depuis janvier. Les victimes ne portent pas plainte, elles quittent les lieux et repartent à zéro une fois de plus.

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