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Didier juge que le masque distribué par sa commune est d'une efficacité insuffisante (vidéo): son bourgmestre lui répond

 
CORONAVIRUS
 

Didier a déclenché le bouton orange Alertez-nous pour nous faire part de sa consternation. Ce biologiste médical de la province du Hainaut a ressenti une énorme frustration lorsqu’il a découvert dans sa boite aux lettres les masques distribués par sa commune pour lutter contre la propagation du coronavirus.

"C’est se moquer des gens, et surtout mettre la population en danger", s’indigne-t-il. Et d’estimer: "Mettre cela ou rien, c’est la même chose".

Tests de la bougie et de la lumière

Devant sa caméra, Didier nous a fait la démonstration de l’inefficacité de son masque. Il réalise pour nous le test de la lumière. "Avec une simple couche de tissu, on voit à travers. La preuve, c’est la lampe placée dessous, il n’y a même pas de double couche pour y insérer des filtres. Et ne parlons pas du test de la bougie qui échoue totalement !", se désole le biologiste.

Le test de la bougie consiste à placer une bougie devant soi, porter le masque et souffler. Si la flamme s’éteint ou vacille, cela signifie que des gouttelettes respiratoires pourraient passer à travers les mailles du filet, et qu’il faut renforcer la protection, via un filtre ou des épaisseurs supplémentaires. 

La conception du masque déplaît également à notre internaute : "La trame du tissu est beaucoup trop lâche, les particules virales vont passer au travers".

Didier estime que les autorités communales des Bons Villers n’ont pas mesuré le danger auquel il exposait leurs citoyens : "C'est une honte que des autorités communales distribuent des masques de faible efficacité de protection car les gens vont se croire protégés et ne le sont pas !"

Réponse des autorités

Le bourgmestre de Bons Villers, Mathieu Perin (cdH), contacté par nos soins a tenu à réagir au mécontentement de ce Bonsvillersois. "Tout d'abord, comme le prospectus distribué avec le masque l'atteste, il s'agit là d'un premier geste barrière et nous savons que ce masque n'a pas de filtre et n'est pas homologué", explique l'élu local qui précise vouloir "être totalement transparent". 

Et de rappeler le contexte de cette acquisition de masques: "Le 17 avril, au moment de prendre la décision, aucune société ne proposait un modèle double couche proposant une ouverture pouvant accueillir un filtre en grande quantité. (En outre, les masques attendus du gouvernement Fédéral n'auront finalement pas non plus la possibilité d'y glisser un filtre). Nous avons passé commande auprès de la société wallonne Qwalis. Ces masques nous offre la garantie de retenir 80% des particules virales."

Le bourgmestre nous dit qu'il s'est également fié aux recommandations publiées sur le site de l'Académie Royale de Médecine de Belgique, qui évoquent sur son site internet qu'un masque en tissu constitue une alternative efficace: "Les couvre-visages artisanaux en coton filtrent 70% des particules virales, une efficacité proche de celle des masques chirurgicaux (89%). Jusqu'à ce que des masques chirurgicaux soient disponibles en nombre suffisant, les masques en tissu (lavés une fois/j à 80°) sont un substitut efficace (1,2)."

Mathieu Perin a voulu agir vite et efficacement pour ses concitoyens: "Le 17 avril, nous avons signé les premiers bons de commande. Nous étions alors une des premières communes wallonnes. Cet achat a été validé par un médecin de l'entité. Nous voulions surtout distribuer un premier masque pour pouvoir permettre aux gens de la commune de ressortir de chez eux. Au premier conseil National de Sécurité abordant le déconfinement, la Première ministre, Sophie Wilmès a évoqué l'importance de couvrir le nez et la bouche quand on sortait de chez soi, soit avec un masque, une écharpe ou un foulard. Nous avons donc voulu offrir une solution urgente dont nos citoyens pourraient bénéficier dès le 4 mai, la date de la première phase du déconfinement."

Et de préciser: "On a surtout voulu pallier à un manque du gouvernement fédéral. Ce masque n'est pas un remède miracle. On a voulu offrir un geste barrière supplémentaire."

Finalement, le bourgmestre invite ce citoyen à se rendre à la commune s'il souhaite partager ses connaissances scientifiques "pour le bien de l'entité". 


 

 




 

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