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A Boussu, le bourgmestre et des élus ont marché avec les gilets jaunes: "Des actes il n'y en a pas assez... Tous partis confondus"

La mobilisation des gilets jaunes continue, et notamment à Boussu, près de Mons, ce dimanche matin. Dans cette commune, et c'est plutôt rare, le bourgmestre local, son collège et des conseillers communaux de l'opposition ont enfilé un gilet par solidarité avec les manifestants.

Les slogans n'ont pas changé depuis ces dernières semaines, mais pour les gilets jaunes réunis à Boussu ce matin, un soutien étonnant s'est présenté. Depuis plusieurs jours, les responsables de la commune de Boussu l'avaient annoncé: ils soutiendront leurs citoyens dans leur mouvement et porteront même le gilet qui les a rendus célèbres. "Nous sommes conscients des difficultés que chacun d'entre vous rencontre au quotidien pour arriver à boucler les fins de mois", s'est exprimé le bourgmestre devant le groupe de gilets jaunes ce matin.

Un manifestant s'est exprimé devant notre caméra sur ce soutien du dirigeant local. "C'est son dernier mandat, donc il n'y a en aucun cas une reprise politique. Justement, c'est très sympathique de sa part, c'est un geste fort. C'est ce que nous, les gilets jaunes, nous attendons de sa part", a-t-il confié.

Des actes il n'y en a pas assez... Tous partis confondus

Nous avons ensuite interrogé Jean-Claude Debiève (PS), le bourgmestre. "On n'a plus confiance, parce que les provinces il y en a trop. Mais des actes il n'y en a pas assez. Tous partis confondus. Ce qu'on demande, ce qu'ils demandent, c'est qu'on fasse des économies. Pas continuer à mettre des taxes sur tout", a-t-il expliqué. "Il s'agit d'une volonté des gilets jaunes avec qui j'entretiens de bons contacts depuis le début. En fait, ils défendent leur bien-être et une diminution du coût de certains produits absolument nécessaires. Je soutiens leurs revendications. Actuellement, de plus en plus de personnes ont du mal à boucler leurs fins de mois. Dans le cas qui les préoccupe, c'est tout à fait justifié", souligne Jean-Claude Debiève, le bourgmestre de la commune.

Dans cette commune historiquement tournée vers le socialisme, des représentants politiques ont soutenu pour la première fois les gilets jaunes. Majorité comme opposition, les conseillers communaux étaient présents pour défendre les idées. "Quand j'entends la diminution des taxes sur le gaz et l'électricité, c'est des choses qui nous tiennent aussi à cœur. Avant d'être politicien je pense qu'on est des citoyens", s'est exprimé Cyril Mascolo, conseiller communal de l'opposition "Agora". "C'est difficile pour tout le monde, je suis politicienne mais indépendante aussi, et c'est dur pour tout le monde", a indiqué Sandra Marcisi, échevine de la petite enfance.

"On cherche un peu à les pousser, à les obliger à ce que les gens aient plus d'argent à la fin du mois, et ça peut passer par le politique. Ça va passer par le politique", a confié un autre manifestant.

Chacun des représentants communaux rencontrés ce matin refusaient l'idée d'une opération séduction, espérant par contre que d'autres communes se mouillent à leur tour.

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