Meurtre de Laeticia Bauwens à Mons: Cédric Maton avoue avoir voulu abuser sexuellement de la jeune femme, 75 plaies retrouvées sur la victime

Cédric Maton, accusé d'une tentative de vol, d'une tentative de viol, d'un attentat à la pudeur avec la circonstance aggravante du meurtre de Laeticia Bauwens et d'un port d'arme, a été interrogé lundi matin par le président de la cour d'assises sur les faits qui ont eu lieu sur le parking du Lotto Mons Expo, le 22 avril 2017. L'accusé a avoué avoir voulu abuser sexuellement de la jeune Binchoise. Il avait fait cet aveu en cours d'enquête avant de se rétracter. Le médecin légiste a déclaré qu'il avait constaté "75 plaies sur la victime, donc entre 40 et 50 coups de couteau".

Cédric Maton a été interrogé par le président de la cour d'assises, Philippe Morandini. Après avoir exposé sa vie, l'accusé a expliqué qu'il avait consommé de l'héroïne et de la cocaïne durant la nuit qui a précédé les faits. Tôt le matin, il a pris le bus à Wasmes pour se rendre chez son parrain à Mons.

Sur le chemin, il a vu Laeticia dans sa voiture, stationnée près du Lotto Mons Expo. "Elle était dans sa voiture, du côté chauffeur. La portière était ouverte. Je suis monté, elle est partie du côté passager et se débattait avec ses pieds. Je lui ai demandé d'enlever son pantalon, je ne me souviens plus si elle criait ou pas".

Il prétend que le premier coup de couteau, porté à la gorge, était accidentel. "Dans la bagarre, elle a essayé de prendre mon couteau tombé sur le siège conducteur mais j'ai été plus rapide qu'elle. Ses cheveux, que je tenais, ont craqué et le couteau est tombé accidentellement sur sa gorge. En voulant reprendre le couteau, je l'ai égorgée. J'ai fait le tour de l'auto, je l'ai vue étendue à côté de la voiture, du côté passager. J'ai vu qu'elle ne bougeait plus et je suis partie chez mon parrain où j'ai lavé mes vêtements et disqué mon couteau que j'ai jeté ensuite".

Lors de ce procès, le profil de ce trentenaire a parallèlement été dressé. Ses faiblesses mentales et intellectuelles ainsi que ses rapports à la drogue ont été détaillés. 

La potentielle tentative de vol du véhicule de la victime a également été évoquée. "Il a répété qu'il s'agissait d'une agression à caractère sexuel alors qu'il a toujours contesté cela dans le dossier. Il faut savoir que la caractéristique sexuelle de l'agression pourrait entraîner une peine moins lourde", explique Jean-Philippe Mayence, avocat de la mère de Laeticia Bauwens. 


Rappel des faits

Le 22 avril 2017, Laeticia Bauwens a quitté son domicile binchois à 06h30 pour se rendre à Mons où elle avait rendez-vous avec des amis, également étudiants en diététique. Ils devaient se rendre en voiture à une conférence donnée à l'hôpital Erasme à Bruxelles. Laeticia est arrivée à Mons peu avant 07h00. A 06h58, elle a appelé sa mère pour lui signaler qu'elle était arrivée à Mons.

Deux minutes plus tard, elle envoyait un message à ses amis pour manifester sa présence sur le parking du Lotto Mons Expo mais ceux-ci l'attendaient un peu plus loin. A 07h22, ils appelaient les secours. Le corps de la jeune fille, à moitié déshabillée, gisait sur le sol, dans une mare de sang. Elle ne respirait plus.

C'est grâce à des caméras installées au dépôt du TEC que les enquêteurs ont pu identifier un homme présent sur la scène de crime entre 06h58 et 07h22. Cédric Maton a été interpellé six jours plus tard. L'autopsie du corps a révélé plusieurs plaies au niveau du cou.

75 plaies...

Le docteur Dewaele, qui a procédé à l'autopsie, a relevé 75 plaies sur le corps de la jeune femme. Selon lui, cela correspond à quarante à cinquante coups de couteau alors que l'accusé prétend qu'il n'y a eu que deux coups accidentels. Le médecin légiste a relevé de nombreuses lésions de défense, ce qui prouve que Laeticia Bauwens s'est battue jusqu'à son dernier souffle.

Le médecin légiste conclut que c'est un coup qui a provoqué une plaie de deux centimètres à la base gauche du cou et au-dessus de l'extrémité interne de la clavicule gauche, profonde, qui a été mortel.

Vos commentaires