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Traitée de "sale arabe", Yasmina se fait lacérer le corps et arracher ses vêtements: les habitants d'Anderlues se mobilisent contre le racisme

Le 2 juillet dernier, une jeune musulmane de 18 ans s'était fait arracher ses vêtements puis lacérer le corps par 2 individus qui l'avait traitée de "sale arabe". Cet acte raciste s'ajoute à beaucoup d'autres ces derniers mois. Les habitants d'Anderlues se mobilisent contre le racisme afin de dénoncer ce phénomène inquiétant. Un reportage de Julien Crete et Gaetan Zanchetta pour RTL INFO 13h.

Une manifestation antiraciste a eu lieu ce dimanche à Anderlues après l'agression d'une jeune Musulmane de 18 ans. La marche silencieuse s'est terminée ce matin sur les lieux de l'agression de Yasmina. La jeune femme qui portait le voile a été agressée en pleine rue par deux individus. En quelques minutes, son voile lui est arraché. La jeune fille se retrouve partiellement dénudée et victime de scarifications. Quatre mois après les faits, les blessures physiques et morales sont toujours présentes. "Quand on a 18 ans et que le premier rapport avec l'homme, c'est cette agressivité aussi inouïe. On espère qu'ils n'ont pas gagné", a confié Mina, la tante de Yasmina.

Pour les proches de la victime, ces faits sont à dénoncer. Dans la foulée de l'agression, Mina se penche sur une problématique qu'elle rencontre elle-même parfois sur son lieu de travail et elle découvre aussi des méthodes d'intimidation d'une rare gravité. "Un phénomène dont j'ignorais l'existence était de faire mine de foncer en voiture sur une femme voilée, ça je l'ignorais, il a fallu cette agression pour que les langues se délient. C'est un phénomène qui me tracasse énormément", a ajouté Mina.

Depuis quelques années, des organismes sont chargés de recenser le nombre de ces agressions islamophobes. Il est difficile d'évaluer leur évolution. En 2017, 70 cas ont été signalés et 75% d'entre eux concernent des femmes. "On remarque une très forte poussée des discriminations dans les services, dans les salles de sport, dans les piscines, dans les centres équestres", a dénoncé Mustapha Chairi, président du collectif contre l'islamophobie en Belgique.

Yasmina, comme d'autres victimes, mettra du temps avant de revenir sur les lieux des faits. Elle souhaite que son cas fasse bouger les choses.

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