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Un meurtre que les secours n'ont pas vu à Charleroi: prise de remords, la compagne du suspect l'a dénoncé

A Charleroi, on a failli passer à coté d'un meurtre. Il y a quelques semaines, un homme est mort, passé à tabac par son beau-fils. Les secours sont appelés sur place mais ne remarquent pas les traces de coups. Une mort naturelle est conclue par la suite. Finalement, prise de remords, la compagne du tueur, l'a dénoncé.

C’est à Charleroi que Jacques a été roué de coups par son beau-fils. Ce dernier est accro à la cocaïne et chaque mois, il lui demande plusieurs centaine d’euros. Il ne les obtiendra pas ce qui provoque une scène de violence. Quelques heures plus tard, la victime se sent mal et les secours - une équipe d'ambulanciers et un médecin du SMUR-  sont appelés sur place. L'équipe ne détectent pas qu’il s’agit d’une scène de crime. Pour info, les ambulanciers ne sont pas habilités à déclarer la mort d'un individu. Le rôle revient à un médecin. "Par la suite, on va relever qu'il y avait effectivement des coups. Par contre, les ambulanciers parleront du fait qu'il s'agissait d'une personne âgée et qu'il est tout à fait probable que les blessures qu'on a pu constater sont dues au fait que la personne prenait des anticoagulants", explique Ofelia Avagnian, l'avocate de la compagne du suspect. 

Mais c’est bien la violence qui est en cause. Le légiste constate un traumatisme crânien important, des ecchymoses, des contusions et des marques de strangulation. Prise de remords, la compagne du suspect présente au moment des faits parle. "C'est grâce à elle que ce dossier a commencé parce qu'elle se rend compte de l'extrême gravité de ce qui s'était passé. Elle s'est dit qu'elle devait parler et informer la police de la situation. Mais comme elle avait peur de son compagnon, elle ne l'a pas dit et a envoyé des SMS à d'autres personnes qui ont informé la police", indique Eddy Kiaku, avocat de la compagne du suspect.

Le suspect reconnaît les coups

D'après certains spécialistes du secteur funéraire, ce type d’erreur n’est pas exceptionnelle. "On signale un cas par semaine voire un cas tous les 15 jours, ça dépend. Cela arrive assez souvent et c'est anormal. La cause du décès passerait en mort naturelle alors qu'elle ne l'est pas. Maintenant, tous les cas que nous signalons ne sont pas des homicides", précise Denis Fontaine, l'administrateur d'une entreprise de pompes funèbres.

Quant au suspect du meurtre de Jacques, il est en aveux partiels. "Il n'a jamais contesté avoir donné des coups à la victime. Ce qu'il conteste est l'intention d'avoir donné la mort à la malheureuse victime", souligne Thomas Puccini, avocat du suspect. 

Sa compagne, qui a dénoncé les faits, porte un bracelet électronique. Elle est poursuivie pour non-assistance à personne en danger.

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