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"J'ai mal au ventre à cause de tout ça": comme Nathan, des enfants des zones sinistrées ont été traumatisés par les inondations

 
 

Les enfants restent profondément marqués par les récentes inondations qui ont frappé notre pays. Certains ont eu très peur, d'autres ont été momentanément séparés de leurs parents. Il va falloir les accompagner pour passer au-dessus de cette expérience traumatisante.

À Trooz, nous rencontrons une mère et ses deux enfants en plein cœur d'un quartier défiguré. Ici, les enfants ont également de mauvais souvenirs à raconter. Nathan, 8 ans, a été évacué de chez lui. Une semaine plus tard, il est toujours aussi stressé. "Dans mon école, tout a été cassé. J'ai mal au ventre à cause de tout ça", soupire le garçon. "Je lui ai dis que malheureusement, ce sont les choses de la nature, qu'on ne sait rien faire contre", nous rapporte sa mère, Vanessa.

Comme Nathan, Alice, 2 ans et demi, a été particulièrement touchée. Elle réclame la présence de ses proches en permanence. Sa chambre a été détruite tout comme l'ensemble de ses jouets. "Ce n'est pas évident pour elle. On doit aller dans des centres. Être trimballée d'un endroit à l'autre... Elle ne comprend pas bien ce qu'il se passe", nous confie sa grande sœur Alia.


Dans le quartier, ils sont plusieurs enfants à se poser la même question: quand retrouveront-ils leur maison? Delphine Gilman, psychologue clinicienne, nous explique que chez les enfants, "jusqu'à un certain âge, il y a une impression de toute puissance". "Ce désastre, face auquel ils ont été impuissants, les met face à leur limitation. Ils essaient de contribuer du mieux qu'ils peuvent, avec leurs petits moyens. La maison n'est pas un contexte neutre. C'est aussi une valeur refuge. Quand elle s'en va, c'est toute une structuration qui s'en va", nous éclaire-t-elle. 

De nouvelles peurs peuvent également se développer. C'est notamment le cas de Cylia, une fillette sauvée en jet-ski. "On lui a expliqué le maximum pour essayer de la rassurer. Elle a un peu peur de l'eau maintenant", nous raconte son père. 

Les parents ont les bons réflexes: expliquer et ne rien cacher. Des initiatives sont également mises en place. Un stage en nature, mis en place en deux jours, accueille une trentaine d'enfants de zones sinistrées. "La nature nous veut aussi du bien pour peu qu'on la respecte. Ceci est une sorte de cocon sécurisant qu'on a voulu mettre à leur disposition", explique Delphine Gilman. Une bonne idée qui permet de libérer, durant quelques heures, des parents qui sont sur tous les fronts. 


 




 

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