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84 moutons sauvés in extremis d'un abattage illégal à Oupeye

84 moutons ont été saisis dans un abattoir clandestin à Oupeye. Les bêtes étaient destinées à la fête de l'Aïd prévue dimanche. Vendredi soir, les moutons ont été pris en charge dans une série de refuges.

Quatre-vingts-quatre moutons et deux boucs ont été sauvés de l'abattage illégal à Oupeye (province de Liège) grâce à une intervention de l'AFSCA, de la zone de police Basse-Meuse et de plusieurs refuges, apprend-on vendredi dans un communiqué. Les animaux devaient être abattus dans le cadre de la fête de l'Aïd el-Kebir qui aura lieu dimanche.

C'est une opération de grande envergure qui a été mise en place pour sauver 84 moutons et deux boucs de l'abattage illégal jeudi dans trois endroits distincts à Oupeye. Cette intervention fait suite à une enquête menée par l'Agence pour la sécurité de la chaîne alimentaire et la police de la Basse-Meuse. L'intervention a duré plusieurs heures et a été menée par environ 15 soigneurs professionnels et bénévoles de six refuges des quatre coins de la Wallonie et de Bruxelles (Animaux en Péril, Rêve d'Aby, Animal sans Toit, Equichance et Help Animals).

L'investigation a fait apparaître que les moutons détenus par l'individu mis en cause étaient destinés à l'abattage à domicile dans le cadre de l'Aïd el-Kebir. Les moutons allaient être mis à mort au sein de l'exploitation, ce qui est formellement interdit dans le cadre d'une exploitation commerciale. Les ovins ont été chargés les uns après les autres dans les vans des associations, pour rejoindre, en début de soirée jeudi, leurs refuges respectifs.

"Nous avons réparti de manière équitable le nombre de moutons par refuge, soit une quinzaine chacun", explique Jean-Marc Montegnies, président d'Animaux en Péril. Les moutons étaient gardés dans des conditions déplorables et avec une mauvaise hygiène de vie. Certains n'ont pas survécus.

"Dans ce cadre, la personne qui s'occupait des moutons a donné un minimum de soins pour pouvoir gagner un maximum d'argent. Ce qui explique l'état de certains d'entre eux. Beaucoup de moutons souffrent de diarrhée, signe d'une mauvaise hygiène et de mauvais soins. Malheureusement, deux d'entre eux ont perdu la vie alors qu'un autre encore a été emmené d'urgence chez le vétérinaire le plus proche pour y être sauvé in extremis", déplore M. Montegnies.

Durant son audition, un acte d'abandon volontaire des animaux a été signé par le propriétaire, ce qui n'a pas empêché les services de police de dresser un procès-verbal dans le cadre de la législation sur le bien-être animal. L'agriculteur-marchand amateur était connu des inspecteurs vétérinaires de l'AFSCA puisqu'il avait déjà fait l'objet de mesures pour des faits identiques commis en 2014.

Le président du refuge ne compte pas en rester là. "Si des poursuites ont bien lieu en correctionnelle, nous nous constituerons partie civile auprès d'un juge d'instruction." La fête de l'Aïd el-Kebir, également connue sous le nom de jour du sacrifice, est la plus importante des fêtes islamiques. Durant cette fête, qui se tiendra dimanche, les musulmans sacrifient un mouton et le mangent lors d'un grand repas de famille.

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