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Diana Hanzé coupable de coups et blessures ayant entraîné involontairement la mort de Mohamed: la peine est tombée

Diana Hanzé coupable de coups et blessures ayant entraîné involontairement la mort de Mohamed: la peine est tombée
 
 

La cour d'assises de Liège a condamné vendredi Diana Hanzé, une Jalhaytoise âgée de 29 ans, à une peine de cinq ans de prison avec sursis probatoire pour le surplus de la détention préventive. Elle avait été reconnue coupable de coups et blessures volontaires ayant causé la mort sans intention de la donner de Mohamed El Atmani ainsi que de détention de stupéfiants.

Rappel des faits

Les faits s'étaient déroulés le 5 avril 2017 vers 15h30 à Verviers. Mohamed El Atmani (46 ans), en état de séjour illégal, avait fait une chute depuis la fenêtre du deuxième étage d'un immeuble situé rue des Raines. Mohamed El Atmani aurait été poussé avant de tomber par la fenêtre. Il était décédé de ses blessures après son hospitalisation.

Diana Hanzé, une Jalhaytoise âgée de 29 ans, est accusée d'avoir commis ce meurtre par défenestration. Les avocats de la défense soutiennent que Diana Hanzé doit être acquittée des faits qui ont causé la mort de Mohamed El Atmani.

Me Mathieu Simonis a souligné qu'il existe plusieurs hypothèses pour expliquer la chute de la victime. Mais l'accusée y serait étrangère. "Ma cliente souffre depuis 5 ans. Au début de l'enquête, elle a raconté des fadaises pour tenter de se sortir de la toxicomanie. Trois jours après, elle a réalisé à quel point elle avait fait une erreur. Depuis, elle traine son boulet au pied. Acquittée au tribunal de Verviers, elle a été rejugée en appel. Mais la cour s'est déclarée incompétente. Entre le pourvoi en cassation et le règlement de juge, la procédure a pris du temps", a soutenu Me Simonis.

Beaucoup de drogue

L'avocat a rappelé la nuit blanche consacrée à la consommation de drogue qui a précédé les faits et a soutenu que Diana Hanzé dormait au moment de la chute et quand les policiers ont pénétré dans l'appartement. Me Simonis a encore affirmé que la position exacte du corps après la chute n'a pu être déterminée tandis que les personnes qui ont vu tomber le corps n'ont rien vu de particulier en regardant vers la fenêtre par laquelle il était tombé. Aucune trace de lutte n'a été mise en évidence.

"La victime, dont on ne connaît rien, avait abusé des stupéfiants et avait absorbé une quantité considérable de cocaïne. Cet homme était complètement camé. Il a fait une chute accidentelle depuis la fenêtre, comme il arrive à des étudiants ivres d'en réaliser après des fêtes estudiantines", a plaidé l'avocat.

Selon Me Simonis, il subsiste un doute. Il n'y a pas de preuve formelle contre Diana Hanzé. "Le signal d'alerte, c'est que Diana Hanzé a décidé par deux fois de se soumettre au test du polygraphe. Même si le résultat s'est avéré non-concluant, elle a pris le risque d'effectuer ce test qui livre des conclusions fiables dans 96 pc des cas. Il existe un risque d'erreur judiciaire. Il n'y a pas de certitude qu'elle a poussé Mohamed El Atmani. On ne peut pas démontrer qu'elle est coupable", a ajouté l'avocat.

Me Jean-Paul Reynders a insisté sur le spectre de l'erreur judiciaire et a soutenu que le dossier ne permet pas de retenir une culpabilité au-delà de tout doute raisonnable. Il n'existerait pas suffisamment de preuves pour condamner sa cliente pour l'homicide de Mohamed El Atmani. La défense reconnaît par contre les faits de détention de stupéfiants.


 




 

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