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Drame social à Liège: ArcelorMittal supprime 1.300 emplois dans le froid

 
 

La direction d'ArcelorMittal a présenté, jeudi matin, lors d'un conseil d'entreprise extraordinaire, un projet de liste d'arrêt définitif de 7 des 12 outils de la phase à froid dans le bassin sidérurgique liégeois. Cela représente 1.300 emplois perdus.

La direction a annoncé aux syndicats l'arrêt de plusieurs outils de la phase à froid. Voici le projet de liste des installations à arrêter définitivement, qu'Antoine Schuurwegen, sur place pour Bel RTL, nous relaie:

  • Les centrales d'énergie d'Ougrée et de Seraing
  • Le TLB (Train Large Bande) de Chertal
  • Une des deux filières de laminage à froid de Tilleur
  • Galva (lignes de galvanisation) 4 et 5 à Flémalle
  • Hp 3 et 4 (lignes d'électrozingage) à Marchin

Cela représente sept des douze sites de la phase à froid. L'entreprise a également l'intention d'arrêter définitivement la cokerie (de Seraing) "qui n'est plus viable en raison des excès de capacité de production de coke en Europe", a expliqué la direction.

1300 emplois perdus

L'impact social est énorme: 1300 travailleurs sont concernes, a concédé la direction. Il ne restait déjà plus que 2700 travailleurs dans la sidérurgie liégeoise. "La direction s'engage à rechercher une solution socialement acceptable pour les personnes concernées. (...) Nous reconnaissons que cette annonce est très difficile pour les membres du personnel de Liège, particulièrement dans un délai aussi proche de l'annonce de fermeture de la phase liquide. Nous avions espéré que cette fermeture soit suffisante pour nous adapter à la demande réduite", a déclaré Bernard Dehut, le PDG d'ArcelorMittal Liège.

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Des menaces mises à exécution

ArcelorMittal avait décidé en octobre dernier de l'arrêt définitif des outils de la phase à chaud (ceux qui n'avaient pas encore été fermés précédemment). 795 emplois étaient condamnés mais les négociations concernant l'accord social pour ces travailleurs piétinaient. Mittal avait donc récemment menacé de fermer l'ensemble des outils liégeois si les syndicats ne le signaient pas. Le conseil d'entreprise extraordinaire de lundi n'avait pas abouti à une signature, les syndicats ayant refusé de signer la convention sur les prépensions des travailleurs sans garantie sur le plan industriel.

Les raisons invoquées par la direction

Depuis octobre 2011, lorsque la direction avait annoncé l'arrêt définitif de la phase liquide, les perspectives économiques se sont encore détériorées. "La demande d'acier en Europe a chuté de 8-9% en 2012 par rapport à l'année précédente et est actuellement 29% en dessous des niveaux d'avant crise. En conséquence, il n'y a pas de demande suffisante pour supporter la continuité des installations flexibles de Liège et aucune amélioration n'est prévue à moyen terme", détaille la direction qui précise que, "malgré la fermeture des hauts-fourneaux, le site de Liège a accusé une lourde perte opérationnelle de plus de 200 millions d'euros pour les neuf premiers mois de 2012".

 

Les syndicats avaient peur

Voilà pourquoi le personnel redoutait le pire avant la réunion de ce jeudi. La mise sous cocon de certains outils, voire l'arrêt total de la phase à froid, étaient envisagées vu que le stock de bobines avait été petit à petit délocalisé ces derniers jours. "Nous avons des grosses craintes qu'on nous mette encore de lignes à l'arrêt. Voilà un certain temps que nous dénonçons l'attitude du groupe. C'est pour ça qu'urgemment nous avons demandé une réunion tripartite. Malheureusement elle ne s'est pas tenue. Aujourd'hui ils font un conseil d'administration extraordinaire et ce n'est certainement pas pour annoncer des investissements", expliquait David Camerini, le président de la délégation CSC, joint par Céline Hurner pour Bel RTL ce matin.

Politiques inquiets

Le ministre wallon de l'Economie, Jean-Claude Marcourt, n'avait pas caché son inquiétude non plus. De telles convocations extraordinaires, "c'est rarement pour annoncer de bonnes nouvelles", avait-il commenté, rappelant également que les demandes de réunions tripartites n'ont jamais été rencontrées par la direction.

Invité de Bel RTL ce jeudi matin, Thierry Giet assurait ne pas avoir d’information à ce sujet. Mais le chef de groupe PS à la Chambre s’est dit également très inquiet pour les travailleurs d’ArcelorMittal. "On est effectivement inquiets. Je crois que si la mauvaise nouvelle devait se confirmer, les gouvernements fédéral et  wallon doivent vraiment tout faire pour examiner les pistes et sauver ce bassin liégeois. Il en va vraiment de l’intérêt de l’ensemble de la population. On sait combien cette sidérurgie est structurante dans la région pour l’ensemble de l’économie."

 

"Ce sont des financiers, c'est scandaleux!"

Selon le socialiste, l'Indien Lakshmi Mittal a une logique financière scandaleuse. "Ces gens sont des financiers. On est loin de l’industriel comme on pourrait en rêver qui a un vrai projet industriel. Ici, on est dans la recherche du profit. Rien d’autre. Et c’est scandaleux".    

 

La direction ne commente pas

La direction d'ArcelorMittal à Liège refusait de commenter la convocation du CE. Elle a seulement démenti les rumeurs faisant état du départ de Bernard Dehut, CEO de l'entreprise, et Robin Paulmier, directeur industriel laminage à froid et revêtement.

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