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Le cycliste des Fagnes gardé la nuit en cellule: "Des moyens qui peuvent paraître tout à fait disproportionnés"

 
 

Les images de ce cycliste qui a percuté une jeune fille dans les Hautes Fagnes ont choqué ce week-end. L'homme en question a pu rentrer chez lui mais a tout de même passé une nuit au poste de police, ce qui interpelle un avocat. Le parquet fait tout aujourd'hui pour que cette affaire ne soit pas jugée sur les réseaux sociaux.

C’est une affaire qui prend une tournure surprenante. Nous sommes dimanche soir au poste de police de Verviers. Le cycliste de 61 ans qui a renversé la fillette se présente sur place. Il est alors privé de liberté et gardé une nuit en cellule. "Ce n’était ni pour le punir, ni pour le faire réfléchir. C’est la procédure. Il était tard lorsqu’il s’est présenté. Et techniquement, nous n’avions pas d’autre choix que de le garder la nuit afin de lui remettre une citation à comparaître le lendemain", explique Vanessa Clerin, premier substitut du procureur du Roi de Verviers, dans un communiqué.

"Ca parait même tout à fait délirant"

Mais l’argument ne convainc pas l'avocat Renaud Molders-Pierre. "Ce n'est jamais nécessaire, en tout cas dans des faits comme ceux-ci, de lui faire passer la nuit en cellule. Il pouvait très bien rentrer chez lui, l'enquête pouvait se dérouler de manière tout à fait normale et puis il pouvait être cité devant le tribunal correctionnel. Il n'y a a priori aucune urgence, sauf celle qui est alléguée par le parquet à savoir répondre à ce qui a été écrit sur Facebook. C'est tout à fait inquiétant, ça parait même tout à fait délirant."

Partagée plus de 15.000 fois sur les réseaux sociaux, la vidéo de l’incident suscite encore aujourd'hui de nombreux commentaires virulents. Raison pour laquelle le parquet dit avoir réagi rapidement. "Vu l’emballement et les réactions publiées par certains, ce cycliste aurait pu se faire lyncher. C’est pour cette raison qu’un appel à témoins a été lancé directement."

Appel au calme

"La justice n'a pas à adresser de message à des urluberlus qui écrivent des inepties sur les réseaux sociaux. Finalement, pour avoir un traitement rapide de votre affaire si vous-mêmes êtes victime, eh bien allez trouver toute une série d'amis qui vont émettre des menaces sur Facebook et vous aurez plus de chances que le parquet prenne en main plus rapidement l'affaire et mette en oeuvre des moyens qui en l'espèce peuvent paraitre tout à fait disproportionnés", analyse Me Molders-Pierre.

Le cycliste attend aujourd’hui son jugement prévu dans 2 mois. Il risque jusqu’à un an de prison. Le père de la fillette renversée lance, lui, un appel au calme. La famille a d’ailleurs décidé de retirer la vidéo des réseaux sociaux.




 

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