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Les commerçants prient pour la réouverture des magasins, comme en France: "Nous sommes tous essentiels"

 
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La Belgique va-t-elle prendre le même chemin que la France et annoncer vendredi la réouverture des magasins "non-essentiels"? Tous les commerçants se posent cette question aujourd’hui. Ils espèrent eux aussi pouvoir relancer leurs activités. Quels sont leurs leviers de persuasion? Comment s’organise la pression sur le gouvernement belge?

"Nos magasins, c’est nos vies. C’est vraiment nos familles", dit Fabienne Olef, commerçante établie à Visé. "Je suis seule avec un petit garçon, c’est le seul salaire qui rentre chez moi."

"Ouvrir ou mourir", c’est le message que la commerçante veut faire passer aujourd’hui. Dans sa boutique, 70.000 euros de marchandises sont investis. Et malgré le Click & Collect, rien ne s’écoule.

"C’est un gouffre, un gouffre financier monstrueux"

"Nous voilà dans ce magasin où tous les stocks sont réunis. Ca monte jusqu’à des sommes astronomiques", explique Fabienne dans sa boutique. "Nous sommes des milliers dans le même cas. Nous avons nos fournisseurs vers qui nous devons absolument rester crédibles. C’est un gouffre, un gouffre financier monstrueux."

Pour cette gérante, 80% de la marchandise ne sera pas vendue cette année. Dans la cave, tout ce qui se trouve sur les étagères devra être soldé ou jeté.

"Nous sommes tous essentiels"

"Nous ne pouvons pas ouvrir, nous ne vendons pas, donc nous ne savons pas remonter cette marchandise en magasin", explique au sous-sol Nathalie, vendeuse. "La marchandise va dormir dans le stock, en espérant qu’on puisse rouvrir et éventuellement solder pour récupérer de la place. Mais elle va peut-être dormir jusqu'à l’année prochaine, ou plus, car il n’y a pas de place dans le magasin, le magasin est rempli donc ça dort en cave."

"Nous sommes tous essentiels", crient haut et fort ces commerçants suspendus aux décisions du comité de concertation.

"Aux Pays-Bas et à la frontière luxembourgeoise, le chiffre d'affaires augmente"

Face à la réouverture des commerces en France, Comeos lance également un message fort aux autorités.

"On ne peut pas envisager que nous soyons le seul pays fermé alors que tous les pays à la frontière sont ouverts", remarque Dominique Michel, CEO de Comeos. "Aujourd’hui, on a déjà d’énormes pertes financières puisqu’énormément de gens vont faire leurs achats à l’étranger. On a des augmentations du chiffre d’affaires aux Pays-Bas et à la frontière du Luxembourg de 50 à 100% ! Si nous n’ouvrons pas, les gens iront non seulement au Luxembourg et aux Pays-Bas, mais aussi en plus en France, pour faire leurs achats."

Selon Comeos, la moitié des Belges vit à 50 kilomètre d’une frontière. Sans la réouverture de nos commerces, la Belgique deviendrait une "île isolée".

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