Manifestation à Liège contre les exclusions du chômage: "On va foutre le système par terre!"

Entre 250 et 350 personnes ont manifesté mercredi à Liège contre les exclusions du chômage et la limitation de la durée d'octroi des allocations d'insertion. Le cortège s'est rassemblé à l'initiative du réseau "Stop Art.63§2".

Les manifestants contre les exclusions du chômage sont partis du CPAS pour rejoindre l'Onem peu avant 15h, où une rencontre avec le directeur était prévue. Les participants (350 selon les organisateurs, 250 selon la police) scandaient "On galère, on galère, mais pour ne pas se laisser faire, on va foutre le système par terre! De l'argent, il y en a, dans les caisses du patronat".


Les chiffres du chômage sont erronés: il y aurait 1 million de sans emploi

Ils étaient escortés par une large délégation policière, qui bloquait l'accès public au bâtiment de l'Onem. Une rencontre était prévue avec le directeur de l'Onem. Les manifestants voulaient lui faire signer un texte stipulant que les statistiques officielles du chômage sont tronquées et que le nombre réel de personnes sans emploi s'élève à 1 million, tandis que le nombre d'offres est insuffisant pour absorber la demande.

La foule était principalement constituée de représentants syndicaux, d'associations et de membres de partis politiques, du PTB ou d'Ecolo. L'ancien ministre wallon Philippe Henry était présent. "Nous avons déjà interpellé Kris Peeters, qui nous a répondu que la mesure était juste selon lui, mais nous allons continuer notre combat", précise Cédric Leterme, membre du réseau "Stop Art.63§2". Six manifestations similaires étaient organisées à Bruxelles, Anvers, Verviers, Namur, La Louvière et Charleroi.


Les manifestants ont aussi foulé les rues de la capitale

Etienne Carlier, membre du réseau "Stop art.63§2", a lancé la mobilisation bruxelloise par un discours aux chômeurs: "On s'est fait virer de l'Onem, 'pour le bien du pays' qu'ils ont dit... On coûte trop cher, il paraît. Trois ans c'est amplement suffisant pour trouver du travail, ils disent. (...) Au CPAS, ils en prendront maximum un sur deux. On n'est pas d'accord. On s'en va d'ici et on retourne à l'Onem".

A la suite des remords exprimés le 6 janvier par Elio Di Rupo, Premier ministre du gouvernement qui a pris cette mesure, les manifestants ont marqué une halte au siège du PS. Ils ont déposé une lettre écrite en son nom dans laquelle il "incite" les mandataires PS à s'engager pour l'abrogation de l'article concerné. Les manifestants espèrent que le président du PS y apposera réellement sa signature d'ici lundi.

Michel Verbauwhede, député bruxellois du PTB, a estimé que l'absence des socialistes à leurs côtés déforçait la protestation: "Avec la 6ème réforme de l'Etat, les gouvernements régionaux ont plus de poids sur la chasse aux chômeurs et j'espère que le gouvernement bruxellois, qui se dit progressiste, prendra des mesures en ce sens". Les manifestants ont ensuite rencontré l'administrateur général de l'Onem. Celui-ci n'a pas pu leur confirmer l'estimation selon laquelle 40.000 offres d'emploi ont été non satisfaites en décembre dernier, car c'est à Actiris d'attester de ces chiffres. Il a cependant attesté qu'il y avait bien environ 425.000 chômeurs complets indemnisés en Belgique pour ce même mois

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