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Nettoyeur professionnel, Jean-Marie est débordé en région liégeoise et met en garde: "Certains remettent des devis à 25.000€"

Nettoyeur professionnel, Jean-Marie est débordé en région liégeoise et met en garde:
© RTL INFO
 
 

Après les inondations et les dégâts causés par les eaux, l’heure est au nettoyage dans les communes sinistrées. Les caves et les rez-de-chaussée sont encore envahis par les boues alors certains habitants font appel à des sociétés spécialisées dans le nettoyage. Mais attention, il semble que certaines entreprises proposent des devis au prix exorbitant. Nous avons discuté avec Jean-Marie, gérant d’une société de nettoyage à Haccourt. Il est capable de nettoyer votre cave et votre rez-de-chaussée pour environ 1.500 euros.

Les inondations ont causé des dégâts importants dans certaines communes. Encore aujourd’hui, les personnes sinistrées se relèvent seulement de l’horreur qu’ils ont vécue. Mais pour les maisons encore habitables, il est temps de penser au nettoyage des lieux pour enfin pouvoir les réintégrer.

Les boues ont envahi caves et rez-de-chaussée, abîmant mobilier, sols et murs. Face à l’ampleur des dégâts, certaines personnes décident de faire appel à des sociétés spécialisées dans le nettoyage. Les procédures sont complexes et nécessitent parfois du matériel adapté. On peut donc facilement se faire avoir par des escrocs. Il semble en effet qu’en région liégeoise, des sociétés frauduleuses tentent de se faire de l’argent sur le dos des personnes sinistrées. Elles leur proposent des devis au prix exorbitant, avoisinant parfois les 25.000 euros, selon des messages reçus à la rédaction de RTL info ! Attention donc à l’arnaque.

Les sociétés de nettoyage très sollicitées

Nous avons interviewé le gérant d’une entreprise de nettoyage basée à Haccourt. Il met en garde contre ce type de pratiques. "On m’a appelé pour nettoyer une habitation. Je suis allé sur place, j’ai fait le tour de la maison pour donner mon devis. Et là, la personne me dit : ‘si ça coûte plus de 10.000 euros, mon assurance n’interviendra pas’. Je ne comprenais pas, j’ai dit à cette personne que moi, c’était plus ou moins 1.500 euros pour nettoyer la cave et le rez-de-chaussée", nous raconte Jean-Marie.

Depuis les inondations, son téléphone n’arrête pas de sonner. Son agenda se remplit rapidement mais Jean-Marie n’accepte pas de fixer des rendez-vous au-delà de deux semaines. "Je ne peux pas dire à quelqu’un que je viendrai le 24 août chez lui, alors qu’il a besoin d’un nettoyage maintenant. Quand j’ai fini cinq chantiers, je reprends seulement de nouveaux chantiers", dit-il.

Il faut le voir pour le croire... J'en ai eu les larmes aux yeux de voir la situation

Il confie même qu’il est très difficile d’établir un devis au préalable dans des conditions comme celles des maisons sinistrées. Alors, lorsqu’il entend que certaines sociétés réclament "parfois jusqu'à 25.000 euros" pour le même travail, il ne comprend pas. "Dans des conditions comme ça, normalement, je ne fais même pas de devis car on ne sait pas ce qu’on va retrouver sous les eaux. Quand il y a 30 cm d’eau et de boue, on ne voit pas en-dessous. Mais il n’y a pas différence entre mon travail et le leur, ce sont sûrement des escrocs", estime Jean-Marie.


  

Une opération physique et éprouvante

Lorsque Jean-Marie s’est rendu sur place pour la première fois après les inondations, il n’a pas caché son émotion. "Il faut le voir pour le croire… Je voyais sur votre chaîne les images mais en vrai, ce n’est pas la même chose. Quand on ouvre les armoires et qu’on voit tous les vêtements imbibés de boue, tout est bon à jeter. Je n’ai pas le cœur léger mais j’en ai eu les larmes aux yeux de voir la situation", confie-t-il.

L’entrepreneur a pourtant dû voir et revoir ces scènes chaotiques de nombreuses fois car nettoyer une maison après de tels dommages, cela prend du temps. "Quand on va voir une maison pour un devis, je peux vous dire qu’il y a cinq ou six personnes qui attendent dehors pour prendre rendez-vous." Une fois le devis établi, Jean-Marie nous détaille la procédure de son entreprise. Il intervient généralement avec cinq ou six hommes. Et selon l’état de la maison, le travail dure une grosse journée.

La première chose à faire est de pomper toute l’eau encore présente dans les caves, ou au rez-de-chaussée. "Il faut aussi faire le tri entre ce qu’il y a à jeter et ce que les gens veulent garder. Mais plus de 90% des choses sont à jeter." Un gros travail physique arrive ensuite avec le ramassage des boues à la pelle et à la force des bras. "C’est très physique, on met tout dans des bacs et on remonte à deux les bacs pour évacuer les boues."

Normalement, on nettoie entre 50 et 60 m2 à l’heure mais quand on a 30 cm de boue, ce n’est pas possible

Dans des conditions difficiles

Une fois toute la boue évacuée, la société procède à un nettoyage à haute pression. Notez que cette procédure ne s’applique que dans le cas d’une cave et pas à un rez-de-chaussée. "On ne peut pas nettoyer à haute pression dans la maison car les murs sont plafonnés. On va faire sauter tout le plâtre si on fait ça", note-t-il. Dans les caves, le travail est éprouvant. Les hommes de métier doivent parfois travailler sans électricité et sans lumière. "Normalement, on nettoie entre 50 et 60 m2 à l’heure mais quand on a 30 cm de boue, ce n’est pas possible. Il faut repasser plusieurs fois."

Il faut aussi penser aux hydrocarbures. Beaucoup de citernes à mazout se sont renversées lors des inondations. La société de Jean-Marie utilise alors ce qu’il appelle des neutralisants d’odeurs. "Quand on a fini le chantier, on pulvérise toute la maison. On peut pulvériser directement sur la molécule odorante car dans certaines maisons, ça sent carrément le mazout. On met aussi de l’hypochlorite. Après ça, on repasse trois ou quatre fois chez la personne pour remettre du neutralisant d’odeur", développe notre interlocuteur.


 

Dans le cas d’un rez-de-chaussée, des produits dégraissants seront utilisés pour nettoyer les murs et le sol. "On frotte, on rince et puis on met un déshumidificateur qu’on laisse deux ou trois semaines. Par exemple, la première maison que j’ai fait le 19 juillet, je suis allé rechercher lundi l’appareil, donc après deux semaines. Mais c’était une petite maison de deux pièces et un assécheur professionnel…" Les températures actuelles et la pluie n’aident cependant en rien le processus de séchage. Beaucoup d’humidité reste dans l’air. "Mais au moins, on n’a pas trop d’odeur", commente Jean-Marie.

Notons que la société de Jean-Marie intervient uniquement dans des maisons jugées "saines". Il ne souhaite pas prendre de risque dans des bâtiments qui pourraient s’effondrer. "S’il y a le moindre risque, je ne fais pas rentrer mes hommes", conclut le gérant de l’entreprise de nettoyage.


 


 




 

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