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Tuerie à Liège: portrait du tueur, Nordine Amrani

C'est une information exclusive de Dominique Demoulin, journaliste de RTL-TVI sur place. Nordine Amrani, l'auteur de la tuerie, était convoqué ce mardi par la police de Liège dans le cadre d'une enquête pour faits de moeurs. L'homme était sorti de prison en octobre 2010. Il avait été condamné pour culture de cannabis et possession d'armes de guerre dans le cadre d'une association de malfaiteurs.

Ce mardi matin, Nordine Amrani, un Liégeois de 33 ans domicilié rue de Campine, non loin de la Place Saint-Lambert, était donc convoqué dans un service de police pour audition. Il ne s'est cependant pas rendu à son rendez-vous. Vêtu d'un treillis militaire et armé de grenades, d'un pistolet automatique et d'un revolver -armes dissimulées dans un sac-, il s'est rendu sur la dalle surplombant la place Saint-Lambert, au-dessus de la boulangerie "Le Point Chaud". Vers 12h30, il a fait exploser 4 grenades dans un abribus situé en contrebas, puis a vidé un chargeur de fusil mitrailleur FAL sur la foule. "Il était seul et semblait très maître de ses actes. Il voulait toucher le plus de gens possible", a relaté un journaliste de La Meuse témoin de la scène.

Une fois cette arme déchargée, l'auteur s'est donné la mort avec le revolver, d'une balle dans la tête selon des sources non confirmées. Une autre source laisse entendre qu'il aurait été touché par une de ses grenades et ne se serait pas donné la mort. "L'enquête déterminera si c'est un geste volontaire ou si c'est le matériel qu'il avait avec lui qui a provoqué sa mort" sans qu'il ait voulu se tuer, a souligné la procureur du Roi de Liège.

Dans son sac, les autorités ont découvert d'autres munitions, qui laissent supposer que le bilan aurait pu être bien plus lourd encore. Ses motivations ne sont pas connues. Une perquisition a été menée à son domicile après les faits et la camionnette du tireur a été retrouvée sur la place Saint-Lambert, à quelques mètres du lieu de la tuerie.

Une quantité d'armes inattendue

L’homme avait été écroué en 2008 pour culture de cannabis et possession d’armes de guerre dans le cadre d'une association de malfaiteurs. Il avait écopé de 58 mois de prison ferme mais était ressorti en octobre 2010.

En octobre 2007, la police liégeoise s’était intéressée à son cas car l’homme avait été dénoncé anonymement pour ses plantations de cannabis. En tout, 2.800 plants avaient été découverts par la police lors de la perquisition à son domicile. Mais dans l'atelier de ferronnerie qu'il louait alors rue Bonne Nouvelle, dans le quartier Saint-Léonard, les enquêteurs avaient surtout découvert un véritable arsenal. Un lance-roquettes, un fusil MP 40 avec viseur laser, un AK 47, une arme pour tireur d'élite, un fusil Fal avec bipied et lunette, des fusils à pompe, des pistolets mitrailleurs et des centaines de cartouches… En tout, 9500 pièces d'armes sans compter la dizaine d'armes complètes.

Amrani a été condamné en septembre 2008 par le tribunal correctionnel de Liège à 58 mois de prison ferme, une amende de 11.000 euros et des confiscations pour un montant de 76.500 euros. Il avait bénéficié d'une liberté conditionnelle en octobre 2010.

 

Plus de 20 fois devant la justice!

Nordine Amrani était déjà connu de la justice à l'époque de ces faits. En tout, il a déjà eu affaire à la justice plus d'une vingtaine de fois! Né le 15 novembre 1978, l'homme avait fait plusieurs passages en prison et était connu pour des affaires de stupéfiants, de détention d'armes, de recel et pour des affaires de moeurs. Expert en armes, l'homme était capable de démonter, de réparer et de remonter différents modèles, mais il n'était pas connu pour des faits de terrorisme, contrairement à une rumeur qui a couru dans la journée.

Malgré ce lourd passé judiciaire, rien dans le comportement du tireur ne laissait présager son geste. "A aucun moment, dans les procédures judiciaires à son encontre, on n'a relevé un quelconque déséquilibre le concernant", a déclaré la procureur lors d'une conférence de presse.

Panique

La tuerie de Liège est bel et bien l'acte d'un homme isolé, a précisé Mme Reynders. L'acte a provoqué des véritables scènes de panique dans le centre de Liège, certaines rumeurs faisant état de trois auteurs, certains ayant pris la fuite vers la place Cathédrale. Les autorités judiciaires ont démenti ce scénario.

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