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Tentative d'assassinat à Andrimont: l'état de santé de la femme poignardée par son ex-mari s'est détérioré

 
 

Une femme a été violemment agressée au couteau à Andrimont ce jeudi. L'état de la mère de famille, poignardée par son ex-mari, s'est aggravé. Le suspect était connu de la justice, mais pas pour des faits de violence. La victime aurait pourtant déjà porté plainte contre lui.

L'état de santé de la mère de famille, poignardée jeudi après-midi par son ex-mari à Andrimont, sur le territoire de la commune de Dison, s'est considérablement détérioré durant la nuit, a indiqué vendredi Gilles de Villers Grand Champs, le procureur de division. "La victime qui a dû être transférée vers le CHU de Liège est dans un état critique", explique le procureur.

Selon les premiers éléments de l'enquête, la mère de famille a reçu six coups de couteau sur le haut du corps, au niveau du thorax et du dos. "La fille du couple, qui s'est interposée a, elle aussi été blessée. Elle présente deux coups de couteau au niveau du thorax mais son état est stable", précise Gilles de Villers Grand Champs.

Vu leur état de santé, les victimes n'ont pas encore pu être entendues. Le suspect, privé de liberté, n'a pas encore été reçu par le juge d'instruction qui a décidé de descendre sur les lieux avec le parquet. "Vu les blessures et leur localisation, mon office a retenu la qualification de tentative d'assassinat à l'encontre des deux victimes. La préméditation est justifiée par le fait que monsieur s'est présenté au domicile de son ex-épouse, muni d'un couteau", conclut le procureur.

Ce n'était pas la première fois qu'il venait rendre visite à son épouse avec un comportement aussi agressif

Le suspect, né en 1978, a été interpellé sur place par la police, quelques minutes après les faits. Interrogés par nos soins, des habitants du quartier parlent du suspect comme un homme courtois et plaisant. Il gérait un snack dans le centre de Verviers. Selon des témoins, ce jeudi lorsqu'il est sorti sur le trottoir, il aurait proféré des menaces envers la victime tout en continuant à la poignarder.

L'individu arrêté était déjà connu de la justice, mais pas pour des faits de violence. Sa venue jeudi après-midi dans le quartier n'était pas anodine. "Ce n'était pas la première fois qu'il venait rendre visite à son épouse avec un comportement aussi agressif, donc moi ça me pose question", réagit ce vendredi la bourgmestre de Dison, Véronique Bonni.

Des plaintes déjà déposées?

D'après plusieurs témoins, la victime aurait déjà porté plainte à plusieurs reprises pour violences. Une information que nous avons tenté de confirmer auprès de la zone Vesdre. La police n'a pas souhaité réagir et laisse au parquet le soin de s'exprimer. "Je n'ai pas d'information par rapport à ça", nous a répondu Gilles De Villers Grand Champs, le procureur de la division verviétoise du parquet de Liège.

Le récit des témoins

Peu après les faits, nous avons pu interroger plusieurs témoins qui sont directement intervenus et ont porté secours aux victimes. Ils nous décrivent le déroulement des événements.

Il la mettait par terre et puis il la frappait plusieurs fois

Une dame qui passait dans la rue au moment de l'agression nous explique ce qu'elle a vu. "En rentrant dans la rue j'ai entendu qu'il y avait des cris. Il y avait un monsieur qui frappait sa femme avec un couteau. Il la mettait par terre et puis il la frappait plusieurs fois. Il y avait une jeune fille à côté qui criait. La fille, il l'a poussée à l'intérieur et a fermé à clé. Puis la dame était encore par terre et il la tirait en la frappant. Moi j'ai couru pour chercher du secours en appelant en même temps la police", nous indique-t-elle sous couvert de l'anonymat.

Notre témoin se dirige alors vers l'école de son fils, située à proximité. Nous avons recueilli le témoignage du directeur de l'établissement en question. "Au moment où je sors de l'école, une maman d'un de mes élèves est arrivée en panique. Elle hurlait parce qu'une dame venait de se faire poignarder dans la rue", indique Karel Vangrunderbeek.

Il a tapé son couteau par terre et il a traversé la rue

Le directeur de l'école "La courte échelle" et l'un de ses collègues courent en direction de la victime. "Quand on est arrivés, on a vu un individu qui avait un couteau en main. Il se dirigeait vers une maison. Au premier étage, il y avait une jeune fille d'une quinzaine d'années qui hurlait et qui était ensanglantée. Ensuite, le monsieur, en nous voyant arriver, il a tapé son couteau par terre et il a traversé la rue. Il était là et n'a pas cherché à s'enfuir du tout. Je pense qu'il attendait la suite des événements. D'autres passants qui étaient là essayaient de le calmer", nous explique encore le responsable d'école.

Karel Vangrunderbeek porte alors son attention sur l'adolescente. "Il fallait clairement lui porter secours. Elle criait très fort en demandant où était sa mère, en disant qu'il avait planté sa mère. Dans un premier temps, je l'ai cherchée à l'intérieur de la maison et je ne l'ai pas vue. Et puis, la gamine est descendue et je me suis occupée de la petite à ce moment-là. J'ai fait appeler notre infirmière. Elle est arrivée directement pour porter les premiers secours à la gamine et à la maman", nous confie le directeur.

Dans le visage, dans le cou, dans le dos, dans le torse, dans les jambes

Une fois prévenue, Rachel n'hésite pas une seconde. L'infirmière de l'école saisit son matériel et se dirige vers les lieux de l'agression. "J'ai d'abord vu la jeune fille, qui avait reçu quelques coups de couteau, mais qui était assise et qui criait très fort après sa maman. Je m'en suis occupée puis j'ai été trouvé sa maman qui était en face. Elle était mal en point", nous confie-t-elle.

Dès qu'elle s'est approche de la mère, Rachel constate l'ampleur des blessures. "Elle a reçu plus d'une dizaine de coups de couteau un peu partout. Dans le visage, dans le cou, dans le dos, dans le torse, dans les jambes", décrit-elle. Selon notre témoin, la victime était consciente. "J'ai d'abord fait un garrot à son bras droit. Puis, j'ai pris tout ce qu'on avait sous la main, les voisins amenaient des draps, des linges et des couvertures. On a comprimé avec plusieurs messieurs là où on voyait les plaies. Puis les secours sont arrivés", nous explique l'infirmière.

Pendant tout ce temps, l'agresseur présumé se trouvait à quelques mètres. "Le monsieur était juste derrière nous en fait, en fin de compte. Et moi je ne savais pas", confie Rachel. "D'après la jeune fille et le fils de la dame, ce serait le compagnon de la maman, qui a déjà posé problème plusieurs fois".


 




 

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