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Attaque de la caserne de Flawinne: l'homme n'avait pas d'arme et aucun explosif n'a été retrouvé dans sa voiture

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Flawinne

Un homme cagoulé a foncé avec sa voiture contre les barrières de sécurité de la caserne de Flawinne. L'homme a été repoussé par les militaires à coups de feu avant de prendre la fuite et d'être arrêté vers midi. Une détonation sourde, dont l'origine reste inconnue, a ensuite été entendue vers 13h à proximité de la caserne militaire.

Un homme au visage partiellement couvert, né en 1983 et habitant Namur, s'est présenté lundi matin à 09h02 à la caserne des para-commandos de Flawinne (Namur) au volant d'une voiture immatriculée à son nom avant de forcer l'entrée, de circuler dans le quartier et de prendre la fuite dans un quartier résidentiel à pied, a indiqué le procureur du Roi Vincent Macq lundi après-midi lors d'une conférence de presse. La piste terroriste n'est pas privilégiée. On ne déplore aucun blessé.

"Il a fait signe au gardien qui ne l'a pas laissé entrer. Il a peut-être voulu se faire passer pour un militaire. Il a alors forcé l'entrée des lieux avec sa voiture. Douze coups de feu ont été tirés dans sa direction par les militaires. Il a un peu tourné dans la caserne pour finalement prendre la fuite. Il a endommagé la clôture et sa voiture a terminé sa course dans un champ labouré", a expliqué le procureur.

"Après sa course folle dans le quartier, il a décidé de rebrousser chemin pour une raison qu'on ignore", ajoute le colonel Brevers, commandant militaire de la province de Namur. L'homme a ensuite pris la fuite à pied dans le quartier résidentiel avoisinant. Rapidement, un périmètre de sécurité a été dressé et le quartier bouclé. Il a été interpellé vers midi à proximité d'une habitation. L'arrestation a été non violente.

Pratiquement inconnu

Auteur d'un fait isolé en 2005, ce Namurois est pratiquement inconnu des autorités judiciaires. "Il était également inconnu de nos listes concernant le radicalisme. Aucun élément ne permet de nous faire dire que nous sommes face à une menace terroriste. On ne peut pas dire que la piste terroriste doit être privilégiée. Un acte isolé ou de déséquilibré mental n'est pas à exclure. Il est trop tôt pour tirer la moindre conclusion", a souligné Vincent Macq.

L'individu sera mis à disposition du juge d'instruction lundi soir ou mardi. Ses intentions restent inconnues à l'heure actuelle. "Est-il venu avec une idée précise? Aujourd'hui, personne ne peut parler de ses intentions à part lui-même, tant qu'il n'aura pas été entendu en présence d'un avocat", explique le procureur, constatant "le peu de précautions qu'il semble avoir prises".

Une attaque visant la caserne de Belgrade, où sont actuellement accueillis environ 400 demandeurs d'asile syriens et irakiens principalement, est "une hypothèse parmi tant d'autres". En dehors des hangars où se trouve le centre d'accueil, deux bâtiments y sont actuellement occupés pour des activités administratives.


Pas armé

L'individu de type asiatique n'était pas armé lors de son arrestation. "On ne peut pas confirmer qu'il avait un couteau, comme l'ont dit certains témoins. Ce qui ne veut pas dire non plus qu'il ne s'est pas débarrassé d'une arme en chemin", a précisé le procureur du Roi de Namur.

Aucun explosif n'a été retrouvé dans sa voiture. Le service de déminage a terminé son travail dans l'après-midi après avoir examiné tous les éléments suspects. La détonation sourde entendue vers 13h00 sur les lieux était destinée à forcer l'ouverture du coffre et n'avait aucun caractère suspect, a ajouté Vincent Macq. Rien n'indique qu'il ait agi avec une autre personne.

L'enquête doit suivre son cours, avec des perquisitions, la confrontation de témoins et une enquête de voisinage afin de refaire son trajet.

L'individu, dont l'attitude était plus celle d'un "homme en fuite qu'un homme menaçant", a voulu trouver refuge auprès de plusieurs habitants du quartier, forçant l'entrée sans se montrer violent.

Quelque 160 policiers ont été mobilisés. "Ce type d'événement est gravissime. Nous envisageons le scénario du pire dans ce cas-là. Je pense que l'événement justifiait ce dispositif", a précisé le procureur, saluant un "bilan positif" de la collaboration entre les différentes forces en présence.

50 millitaires sur 500

Une cinquantaine de militaires étaient présents lundi matin à la caserne de Flawinne, le 2e bataillon de commandos, normalement composé de 500 personnes, étant actuellement en Espagne dans le cadre d'un exercice de l'Otan. "Il est envisagé de passer à un niveau d'alerte terroriste supérieur, mais nous attendons davantage d'éléments d'enquête pour voir si nous devons répercuter l'impact sur toutes les casernes", a commenté le colonel Brevers.

"Pour le moment, il n'est pas nécessaire d'augmenter le niveau de sécurité qui est de deux aujourd'hui", a ajouté le ministre fédéral de la Défense Steven Vandeput, venu saluer les hommes à la caserne en début d'après-midi. Ce dernier a tenu à remercier "les militaires et autres services de sécurité impliqués pour l'excellente et rapide collaboration ainsi que pour le règlement professionnel de cet incident".

L'échevine déléguée aux compétences mayorales Anne Barzin, qui a salué le "travail de qualité" des forces de l'ordre, a tenu à "rassurer la population namuroise", après avoir perçu une "grosse inquiétude face à l'important dispositif déployé sur place et aux faits relatés sur les réseaux sociaux".

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