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Chevaux blessés : le chirurgien met en doute la thèse de l'agression directe

 
 

Selon le chirurgien vétérinaire qui a opéré les deux chevaux blessés qui ont ému des dizaines de milliers de personnes sur Facebook, il est difficile de croire que les blessures aient pu être occasionnées par une attaque directe avec des barres de fer ou des pagaies comme certains l'envisagent. Il penche plutôt pour un accident.

Comment les deux chevaux de Dinant gravement blessés à la tête, et dont les photos publiées par la propriétaire sur Facebook ont choqué et ému des dizaines de milliers de personnes, ont-ils pu se retrouver dans cet état ? Que s'est-il passé ? Agression ou accident ? Les premiers éléments de l'enquête évoquent une agression gratuite, les animaux ayant été gravement atteintes par des jets de pierre et des coups de rame par des personnes descendant en kayak la rivière de la Lesse qui borde le champ. Ce matin, le bourgmestre de Dinant, Richard Fournaux rapportait d'ailleurs que "des témoins disent qu'ils auraient vu des clients de la Lesse franchir les clôtures de la prairie où se trouvaient les chevaux". Plus précisément, un jeune homme aurait été aperçu dans la prairie alors qu'un autre attendait dans un kayak.

Thèse de l'accident: une folle course-poursuite qui s'achève par un choc avec un objet coupant

Il ne faut cependant pas écarter la thèse de l'accident, même si celui-ci a pu être provoqué par des personnes effrayant les animaux. C'est le message qu'a voulu faire passer Didier Serteyn, le chirurgien vétérinaire qui a opéré hier les deux chevaux, une opération qui a duré de nombreuses heures, nécessitant une reconstruction maxillo-faciale.

Au micro de notre journaliste Frédéric Matriche, à côté des deux bêtes pansées et mangeant paisiblement dans leur box (leur état évolue favorablement), le professeur en chirurgie équine a donné deux possibilités: soit les blessures sont le résultat d'un traumatisme direct causé par une attaque humaine, soit elles peuvent s'être produites à l'issue d'une folle course-poursuite entre les animaux qui auraient fini par s'empaller brutalement sur un objet contondant. Pour appuyer cette possibilité, le chirurgien a précisé qu'il s'agissait de pur-sang, race au tempérament fougueux.

Thèse de l'agression: difficile d'infliger de telles blessures à des bêtes qui ne se laissent pas faire

Didier Serteyn se pose des questions à propos de la thèse d'une agression directe d'hommes sur les deux chevaux car, selon lui, il n'est pas aisé d'infliger de telles blessures à des chevaux pur-sang qui ne se laissent pas faire et peuvent lever la tête pour la rendre inaccessible à des coups. Cependant, la propriétaire du champ, Myriam Cornet d'Elzius, interrogée par Frédéric Matriche, a assuré que les deux chevaux n'étaient pas timides. Mais gourmands. Un péché qui, selon la propriétaire du champ, aurait pu amener les animaux à s'approcher de leur agresseur.


 

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