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Des sangliers détruisent un élevage d'escargots en province de Namur: "Ils broient la coquille et mangent l'animal"

 
 

Les sangliers s'approchent de plus en plus des habitations. C'est notamment le cas en province de Namur où ils causent de gros dégâts chez les particuliers. Pour les spécialistes, ces sangliers manquent de nourriture en cette saison, mais ils semblent aussi, au fil du temps, moins effrayés par la présence de l'homme.

"Ils broient la coquille de l’escargot, ils laissent retomber les miettes de coquille et ils mangent l’animal", constate Éric Frolli, un éleveur d’escargots. Près de 200 kilos d'escargots élevés dans une serre à Anhée, en province de Namur, ont été dégustés par les sangliers. Ces derniers semblent en effet apprécier ce mets. "Des chasseurs m’en avaient déjà parlé qu’ils avaient trouvé des coquilles d’escargots mangées par des sangliers dans les bois. Donc, je savais qu’ils aimaient bien les escargots. Mais ils n’étaient jamais rentrés ici, et ça fait quand même 35 ans que je suis là. C’est la première fois", poursuit cet éleveur.

Venus des bois voisins, ils n'hésitent pas à soulever les plaques pour déloger les gastéropodes qui s’y cachent "La dernière fois, il était au milieu de l'allée et quand on a commencé à gesticuler et à crier, il s’est enfui. Il a sauté par-dessus et il est parti par l’arrière. Je ne sais même pas comment il a fait pour passer", raconte Éric.

Au total, plus de 1.500 euros de dégâts. "Au début, les sangliers fonçaient dans les portes pour rentrer. Puis, ils ont compris que ce sont des portes coulissantes donc ils cherchent d’un côté et de l’autre, et avec leur groin, ils font basculer les portes pour les ouvrir et ils rentrent. Puis, ils vont se servir", nous détaille l’éleveur d’escargots.

La nourriture des escargots, composée de céréales, éveille l'appétit des sangliers. "Avant, c’était un animal craintif, ce n'est plus le cas. Et quand il a trouvé un garde-manger, il va se servir qu’on soit là ou pas, et à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit."

Pour cet éleveur, une seule solution possible : "Je pense qu’il faut les abattre. Pour moi, c’est la meilleure solution pour ces sangliers qui n’ont plus peur de l’homme", estime-t-il.

Du côté de Jambes, toujours à Namur, le constat est identique : les sangliers éventrent les sacs-poubelles dans les rues, par manque de nourriture dans leur habitat naturel. "C’est une année assez compliquée en termes de ressources alimentaires. Il y a eu assez peu de fructification forestière. Et comme le sanglier est adaptable et flexible, il va chercher la nourriture là où ils la trouvent", explique Alain Licoppe, coordinateur de la cellule "Faune sauvage" du Service Public de Wallonie (SPW).

Les sangliers sont de moins en moins farouches et ils s'installent parfois en périphérie des villes. "Oui, le sanglier est une espèce qui est tout à fait capable de s’habituer assez rapidement à la présence humaine, dès le moment où il n’est pas chassé", rajoute le coordinateur de la cellule "Faune sauvage" du SPW.

La saison dernière, plus de 23.000 sangliers ont été abattus en Wallonie, soit 94 % de l'objectif assigné aux chasseurs. Cela semble malgré tout insuffisant pour calmer l'appétit de l'espèce. 


 

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