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"N'ayez pas peur, n'ayez pas peur de lui": le cri du coeur de Florence, mère d'un enfant handicapé, à la réforme de la loi sur l'IVG

© Image d'illustration Pixabay

La réforme de l'IVG est débattue ce matin en commission justice de la Chambre. Cette réforme de l'interruption volontaire de grossesse est le résultat d'un texte conjoint déposé par plusieurs partis. Il prévoit l'allongement du délai légal, pour avorter, et la fin de toutes les sanctions pénales. Après un très long parcours législatif, la majorité des partis soutiennent donc le même projet de loi. Dans une lettre ouverte, Florence, mère d'un enfant handicapé, s'offusque d'une telle réforme.

La réforme de l'IVG est débattue ce matin en commission justice de la Chambre. Cette réforme de l'interruption volontaire de grossesse est le résultat d'un texte conjoint déposé par plusieurs partis. Il prévoit l'allongement du délai légal, pour avorter, et la fin de toutes les sanctions pénales. Après un très long parcours législatif, la majorité des partis soutiennent donc le même projet de loi. 

Dans une lettre ouverte, Florence, mère d'un enfant handicapé, réagit avec émotion à cette réforme. Elle ne comprend pas qu'aujourd'hui, puisse être débattu l'allongement du délai d'avortement. 

Voici sa lettre: 

L’UNION FAIT LA FORCE

L’union fait la force, l’union fait la force, l’union fait la force ;

En boucle je me répète, je rabâche, je ressasse la devise de mon beau pays, la Belgique.

Ensemble, coude contre coude, collectivement, à l’unisson nous pouvons déployer nos forces.

Pourtant je cherche le sous-titre en vain ;

Pour être invincible existe-t-il une union meilleure qu’une autre ?

Existe-t-il un type, une catégorie d’Hommes plus avantagés pour réussir ?

Le caractère incisif de ces quelques mots m’interpelle, c’est un ordre, une vérité.

Je conclus donc que chaque individu belge peut permettre de réaliser de grandes choses à partir du moment où il passe de un à deux et de deux au peuple tout entier.

Mon esprit apaisé par cette certitude, je jette alors un regard de fierté sur les personnes qui m’entourent quand tout à coup, je m’arrête sur mon enfant, Louis 4,5 ans…et mon cœur frémit.

Toi aussi, tout petit bonhomme porteur de handicap, pourrais-tu faire partie des peuples unis ?

Toi aussi, le 'tordu', le 'retardé', le 'non performant', le "caryotypé" pourrais-tu nous aider à déployer cette force qui fait notre fierté ?

J’apprends que dans ce pays de tes racines, on a peur de toi, on a peur de la souffrance que tu pourrais apporter dans la vie de tes futurs parents, on a peur d’être dérangé par toi, on a peur…de ta différence.

J’apprends que dans ce pays de tes racines, un enfant comme toi, au sein de sa mère, peut-être supprimé jusqu’à 18 semaines, jusqu’à 9 mois.

Alors, moi, ta maman, je cours, je grimpe au point le plus haut des Ardennes pour crier, pour pleurer, pour hurler de toutes mes forces dans cette bataille :

'N’ayez pas peur, n’ayez pas peur de lui…il ne demande rien…juste de l’Amour !'

Chers politiciens, le cri du pauvre se fait entendre ;

Le cri de celui qui ne demande de rien, le cri étouffé de celui qui ne peut pas dire 'mon corps, mon choix', du fond des entrailles de sa mère il hurle : ne me DÉSUNIS pas de ma mère.

Chers politiciens, serez-vous les plus braves en vous attaquant aux plus petits d’entre nous ?

Chers politiciens, avez-vous unis vos pensées et vos intelligences pour trouver des solutions efficaces face à cette détresse de la femme ? Un avortement toujours plus tardif ?

Chers politiciens, venez rencontrer Louis avant de décider, depuis sa naissance, il se bat comme un lion, vous seriez fiers de l’avoir dans vos rangs.

Chers politiciens, avec mon cœur de maman, j’ai continué à réfléchir au sous-titre de la devise de mon pays…et je l’ai trouvée :

L’UNION FAIT LA FORCE,

"LA FORCE POUR L’UNION"

-Toutes nos Forces pour chercher l’Union-

Florence

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