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À 16 ans, Abby, la seule Wallonne de l'équipe nationale, est championne du monde de... hockey sur glace: "J'ai commencé en 2021"

À 16 ans, Abby, la seule Wallonne de l'équipe nationale, est championne du monde de... hockey sur glace: "J'ai commencé en 2021"
 
 

Les championnats du monde de hockey sur glace qui se tenaient au mois d'avril ont souri à nos équipes nationales. Tant les filles que les garçons U18 (moins de 18 ans) ont brillé dans leur catégorie et repartent avec une médaille d’or (pour les filles) et d’argent (pour les garçons) autour du cou. Nous avons discuté avec Abby, la seule Wallonne de la bande.

Les femmes en or !

Les Belges, 39e au classement mondial, ont remporté le tournoi du championnat du monde de hockey sur glace féminin de leur division III A qui se déroulait à Sofia, en Bulgarie. Dans leur dernier match, les Belges devaient impérativement l’emporter pour obtenir le droit d'évoluer l'an prochain au niveau supérieur. Elles n'ont pas tremblé et se sont imposées 8-0 contre la Bulgarie. 

Dans l’équipe, la jeune Abby faisait partie du voyage. Elle se souvient de l'émotion qui a envahi les joueuses les plus anciennes au moment du coup de sifflet final. "Ça faisait cinq ans qu'elles essayaient de remporter l'or, la capitaine pleurait". "Moi je l'ai eu du premier coup", se réjouit-elle.

Il s’agissait du premier tournoi avec l’équipe nationale pour la Carolo de 16 ans qui l'a rejointe au terme d’une sélection sur plusieurs mois.

Pendant les entraînements, je voyais que les coachs avaient confiance en moi

"J’ai commencé l’équipe nationale à Toussaint [2021, ndlr]", raconte la sportive. "C’était à Herentals. Au début on était 30-35 et ils éliminaient au fur et à mesure".

Au terme de cet écrémage, Abby fait partie des joueuses sélectionnées pour disputer les championnats du monde. Une sélection qui n'était pas une vraie surprise pour Abby qui s'en "doutait un peu". "Pendant les entraînements, je voyais que les coachs avaient confiance en moi et me faisaient jouer avec des bonnes joueuses. Je me disais que j'avais mes chances". Mais même avec la confiance des coachs, la confirmation de sa présence dans le groupe a été "un soulagement". "Je me suis dit que je n'avais pas fait tout ça pour rien."

Je suis nulle en néérlandais

Du haut de ses 16 ans, elle est l’une des plus jeunes et surtout la seule Wallonne. "La majorité des clubs [de hockey sur glace] sont en Flandres et personne [du club] de Liège n’a été sélectionné", justifie la joueuse des Red Roosters de Charleroi.

Malgré la différence d’âge (la moyenne du groupe tournait autour de 25 ans) et de langue ("je suis nulle en néerlandais mais je parle bien anglais", explique-t-elle), Abby s’est bien intégrée dans le groupe. Au fil des semaines et des entraînements, elle a appris à connaitre ses futures coéquipières et à intégrer le groupe qui allait partir pour Sofia. Une expérience qui a permis à Abby "d'améliorer son néerlandais". Les consignes tactiques étant données dans cette langue, "quand je ne comprenais pas, on m'expliquait en anglais. Il y avait aussi une joueuse bilingue français donc elle m'aidait aussi".

4h de route pour 1h d'entraînement

"Les entraînements étaient tous les lundis à Herentals", raconte encore l’hockeyeuse qui faisait "entre 1h30 et 2h de route" avec sa maman pour s’entraîner 1 heure sur place avec l’équipe nationale. Un ratio de presque 4 heures de voiture pour 1 heures d’entraînement qu’Abby et sa maman vont tenir durant des mois. "Ma maman travaillait sur place pour son boulot avec son ordinateur", ajoute Abby, reconnaissante.

Ces efforts ne seront pas vains puisque Abby va réussir la sélection, s’envoler pour les championnats du monde et même marquer ses premiers buts sous les couleurs de l’équipe nationale. De plus, le trajet vers Herentals va devenir encore plus fréquent à partir de la saison prochaine puisque l’attaquante va rejoindre le club local, tout en faisant sa rhéto dans son école de Gosselies où elle a tous ses amis. "Je suis vraiment contente de ne pas avoir baissé les bras. Je partais juste après l'école, parfois je me disais que je n'allais pas y aller mais je le faisais quand même."

Et la suite ? La Suède ou l'Amérique du Nord, peut-être...

Tombée dans ce sport -atypique dans notre pays- à l’âge de "9 ou 10 ans" parce qu’elle hésitait entre faire du patin à glace et du hockey (elle aura finalement fait le bon choix de mixer le deux), Abby ne sait pas encore de quoi son avenir sportif sera fait mais se voit bien évoluer un jour dans le championnat suédois ou en Amérique du Nord, là où le niveau est le plus élevé.

Le championnat du monde aura lieu de nouveau l'année prochaine. Abby et ses coéquipières affronteront des équipes, en principe, d'un niveau supérieur à ce qu'elles ont connu cette année. Un défi qu'elles attendent avec impatience.

Les hommes en argent

Les jeunes hockeyeurs belges, eux, jouaient en Turquie, à Istanbul. Malgré quatre succès en cinq matchs, ils terminent à la 2e place de leur division III A à égalité avec Taiwan et l’Islande, mais le départage entre les trois pays est favorable aux Taïwanais (+1) qui remportent le tournoi et accède à la division supérieure.

Pas de montée donc pour l'équipe entraînée par Marc Fransen et Bob Moris mais une belle médaille d'argent autour du cou.

Alain est l’un des joueurs de cette équipe, le meilleur même puisque c’est la récompense qu’il a reçue au terme du tournoi. Vanessa, sa maman, est évidemment très fière.

Il n’y avait aucun contact avec les parents

Elle n’a pas fait le voyage avec son fils mais a bien entendu suivi ses exploits depuis la Belgique. "L’équipe est restée dans sa bulle, il y avait encore des restriction Covid", explique-t-elle. "Il n’y avait aucun contact avec les parents" présents sur place.

Un isolement qui n’a pas perturbé les jeunes hommes qui ont fait un très bon tournoi et repartent donc avec la médaille d’argent.

Une belle récompense pour Alain, Carolo lui aussi, qui joue dans le club de… Malines ! Les longs déplacements semblent définitivement être monnaie courante pour les hockeyeurs wallons.

Deux fois par semaine, Vanessa va conduire son garçon à son club. "Avec les travaux à Zaventem, ça nous prend 1h30 pour y aller", raconte-t-elle. En plus des entraînements en semaine, il y a les matchs les week-ends. "C’est une ligue avec les Pays-Bas", explique Vanessa qui ne compte plus les kilomètres qu’elle a pu parcourir pour son champion. Heureusement, pour les longs trajets, "le club loue un car".

Pour Alain, devenir professionnel de son sport en Belgique ne sera pas possible. Dès lors, la possibilité d’aller évoluer au Canada dans les ligues universitaires est envisagée pour le jeune homme qui rêve de conquérir son sport.


 

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