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À seulement 9 ans, Félix va passer les épreuves du CEB à Ath: comment est-ce possible?

À seulement 9 ans, Félix va passer les épreuves du CEB à Ath: comment est-ce possible?
(c)RTL INFO

C'est sans doute le plus jeune des écoliers à passer son CEB (certificat d'études de base) cette année. A seulement 9 ans, Félix va présenter ces épreuves externes communes dans son école communale à Ath. Haut potentiel, le garçon est déjà en 6e primaire. Et d'après sa maman, il attendait ce moment avec impatience.

Ça y est, c'est le grand jour pour tous les élèves de 6e primaire. Les épreuves du CEB (Certificat d'Etude de Base) commencent ce lundi en Fédération Wallonie-Bruxelles. Félix fait partie des écoliers qui passent cette année ce test obligatoire. Sa particularité ? Le garçon est âgé de 9 ans et demi alors que ses camarades de classe ont 11 ou 12 ans.

En 34 ans de carrière, je n'ai jamais connu un élève aussi jeune qui passe le CEB

"C'est assez rare que pour le souligner", témoigne sa maman Fatim qui nous a contactés via le bouton orange Alertez-nous. "Il y a parfois des enfants qui sautent une année scolaire. Mais, en 34 ans de carrière, je n'ai jamais connu un élève aussi jeune qui passe le CEB", confirme Dominique Chasse, la directrice de son école communale à Ath.

Comment est-ce possible ? Félix est tout simplement un enfant à haut potentiel. "Il a été diagnostiqué quand il était en 3e maternelle. C'est un enfant tout à fait extraverti, sociable et curieux. Ce n'est pas un enfant avec des grosses lunettes, introverti qui ne fait que des mathématiques. Il est tout à fait bien dans ses baskets", assure Fatim.


Une facilité d'apprentissage

Depuis tout petit, le garçon présente une facilité d'apprentissage exceptionnelle. "Il n'a pas la science infuse, ce n'est pas un petit génie. C'est juste que sa capacité de comprendre l'information est plus rapide que chez les autres. Par exemple, il n'avait pas encore 5 ans qu'il savait lire", explique sa maman, qui lui a appris à la maison à lire et à écrire en suivant son propre rythme. "Il me demandait souvent quand cela allait aller plus vite à l'école parce qu'il comprenait bien que l'institutrice devait répéter pour les autres", ajoute-t-elle.

A ce moment-là, les parents de Félix lui expliquent déjà qu'il est un "enfant spécial" et qu'il devra s'adapter et vivre en communauté. "Je pense que c'est pour ça que cela se passe bien en classe. Il fait du football avec des enfants de son âge. Mais, à l'école, il aura toujours 2 ans et demi de moins que les enfants de sa classe."

Une crainte au niveau du comportement. Il reste un enfant de 9 ans et 2 ans de différence avec les élèves de sa classe, c'est énorme à ce niveau-là

"Il n'utilisait pas tout à fait son potentiel"

Vu ses capacités intellectuelles, le parcours scolaire du jeune Athois est particulier. Après les maternelles, le garçon part vivre avec ses parents et son frère à l'étranger. Il est scolarisé pendant deux ans dans une école américaine. "Là-bas, il a tout de suite appris l'anglais et a déjà sauté une année. A notre retour en Belgique, il est arrivé en 4e primaire. Une année qu'il a suivie normalement", indique Fatim, employée d'une banque.

En septembre dernier, Félix entame la 5e primaire et continue à montrer des facilités d'apprentissage. "En fait, il n'utilisait pas tout à fait son potentiel. Du coup, Félix a été vu par des spécialistes pour les jeunes à haut potentiel. Ils nous ont dit que, vu son caractère, il devrait peut-être essayer d'avancer l'année. On en a aussi parlé avec son institutrice et la directrice de l'école."


Assez mature pour affronter la "grande école" ?

"Nous avons eu beaucoup de réunions à ce sujet, notamment avec le centre PMS. Notre inquiétude était de savoir si Félix avait assez de maturité pour pouvoir aborder le secondaire. Au niveau des matières à étudier, il n'y aucun souci vu sa facilité d'apprentissage, mais c'est plus une crainte au niveau du comportement. Il reste un enfant de 9 ans. Et 2 ans de différence avec les élèves de sa classe, c'est énorme à ce niveau-là. D'ailleurs, on la ressent parfois. Mais la décision revenait aux parents qui se sont basés aussi sur les rapports de spécialistes", explique Dominique Chasse, la directrice de l'école communale d'Isières.

Fatim est consciente de cette différence de maturité, mais pense avoir fait le bon choix pour son fils. "Pour les enfants à haut potentiel, il y a toujours une espèce de dichotomie entre leur côté intellectuel, leur physionomie et leur mentalité", souligne la maman. "Félix est un garçon très excité qui peut être plus indiscipliné que les autres de sa classe. Mais si vous lui parlez de choses d'enfants de 9 ans, vous allez le perdre parce que pour lui c'est bête comme sujet. Il va souvent vers les plus grands pour discuter. Il s'intéresse par exemple à la politique. Et, à l'école, il m'a dit qu'il préférait apprendre des nouvelles choses qui l'intéressent plutôt que de rester avec des enfants de son âge."

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©RTL INFO

Après avoir étudié les matières manquantes avec sa maman à la maison, Félix passe donc en décembre dernier les examens non pas de 5e primaire mais de 6e primaire. "Il les a réussis haut la main et il est donc entré en 6e en janvier", résume la maman.


CEB: "Il se demande pourquoi les autres stressent et pas lui"

Cette semaine, il présente donc son CEB comme les 25 autres élèves de sa classe. Cette épreuve externe commune porte sur le français, les mathématiques et l'éveil. Les consignes, les questions et les critères de correction sont semblables pour tous les enfants.

"Il était impatient de le passer après les semaines de révision en classe. Lui-même ne stresse pas, mais il se demande pourquoi les autres stressent et pas lui. C'est ça qui est comique. Il ne s'inquiète pas pour le CEB mais parce qu'il ne stresse pas pour le CEB comme les autres", confie Fatim.

En tout cas, le passage en secondaire en septembre prochain ne semble pas le perturber. "Il est très content. Les premières semaines vont être certainement plus compliquées parce qu'il va devoir expliquer pourquoi il n'a même pas 10 ans. Mais ce qui va l'aider c'est son caractère fort et extraverti", espère la Athoise.

Et quel métier aimerait-il exercer ? D'après sa maman, cela fait deux ans que Félix se voit bien devenir psychiatre. "Comme il a rencontré dès ses 5 ans ce psychologue expert des enfants haut potentiel, il estime que si ce professeur n'avait pas compris ce qu'il voulait dire, il serait encore en 4e primaire, il serait encore en train de faire des choses basiques et il ne serait pas aussi épanoui", confie sa maman.

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