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À son échelle, ce chauffeur de bus tente de combattre le coronavirus: "Je veux m’assurer que tout le monde aille mieux" (vidéo)

CORONAVIRUS

Le coronavirus en Belgique oblige beaucoup de citoyens à travailler de chez eux mais pour certains, cette option n'est pas envisageable. C'est le cas de "Monsieur H" , chauffeur à la STIB, qui nous a contactés via le bouton orange Alertez-Nous. Dans une vidéo, il nous montre la routine de nettoyage qu'il s'est imposée à chaque terminus. Pour le plus grand bonheur de ses passagers et pour le grand malheur du virus.

Depuis ce 18 mars, la Belgique tourne au ralenti. Les enfants et adolescents n’ont plus cours, les adultes qui le peuvent travaillent de chez eux. Mais pour certains, le homeworking n’est pas à l’ordre du jour, bien au contraire. Pour les médecins, infirmiers, policiers, chauffeurs de bus le rythme de décélère pas.

"Monsieur H", comme il nous demande de le nommer afin de rester anonyme, conduit des bus de la STIB depuis bientôt un an. Il a 24 ans, il aime son métier et pour lui, hors de question de se faire porter pâle pour éviter d’aller travailler.

"Sans moi, les personnes qui doivent bosser ne pourront pas se rendre au travail!"

Si la fréquence de passage des bus a été diminuée, le personnel commence à manquer. Monsieur H, lui, se sent en excellente santé et veut tout faire pour enrayer la propagation du coronavirus, à son échelle.

"Nous avons reçu un courrier de la STIB pour nous informer que si on avait une crainte ou suspicion d’être porteur du virus, on pouvait rester à la maison. Je me sens bien, j’ai donc décidé de continuer. Si je ne travaille pas, les personnes qui doivent vraiment bosser ne pourront pas se rendre sur leur lieu de travail!"

Le jeune chauffeur nous a partagé une vidéo qu’il a tournée lui-même, accompagnée d’un message positif. "En cette période de confinement je vous envoie cette initiative prise par moi-même afin de pouvoir aider un maximum de gens étant donné le nombre de personnes qui se croiseront dans mon bus."

"J'essaye de faire un maximum et les clients en sont ravis"

Sur la vidéo, on voit les mains gantées de Monsieur H appliquer du spray désinfectant sur toutes les surfaces du bus régulièrement touchées par les usagers. "Les mains-courantes, les poignées de siège ainsi que les boutons sont désinfectés. J'essaye de faire un maximum et les clients en sont ravis. J’ai beaucoup de retour positifs!", explique-t-il.

À la fin de chaque service, les bus de la STIB sont systématiquement nettoyés et désinfectés au dépôt. "Dès que la journée est terminée et qu’on dépose les bus, la serpillière est passée et ils sont désinfectés de A à Z", nous explique le conducteur.

"J'ai décidé d'ajouter un petit peu plus de sûreté" 

Mais la journée est longue, et Monsieur H a décidé de "d’ajouter un petit peu plus de "sûreté"". À chaque terminus, il empoigne son désinfectant, des lingettes, et il astique les zones sensibles de son bus.

Le conducteur a comme instruction de ne transporter qu’un maximum de 8 personnes dans son véhicule, 12 lorsqu’il s’agit d’un bus articulé. Depuis le début de cette mesure, Monsieur H n’a dû refuser l’accès qu’à une seule personne. Son bus n’est jamais plein et les passagers peuvent largement respecter une distance de 1 mètre 50 entre eux. Malgré tout, le risque d’infection demeure. "Je vois souvent des personnes qui toussent dans mon véhicule, je veux m’assurer que tout le monde aille mieux."

Son propre kit de désinfection au service de ses voyageurs

Pour éviter que le personnel ne tombe malade, chaque chauffeur STIB a reçu un kit comprenant du désinfectant, des gants, des lingettes. "Ils ont donné cela uniquement pour nettoyer le poste conducteur", explique Monsieur H. "Mais j’ai décidé de nettoyer aussi pour les clients."

Ancien livreur, notre jeune conducteur de bus a trouvé dans son travail à la STIB un rythme de vie moins stressant. Mais ce qui l’attire le plus, c’est l’interaction avec ses passagers. "J’aime bien la conduite, mais ce qui me plait le plus dans ce métier, c’est le contact humain".

"Je pense si chacun fait ça, on combattra plus vite l’épidémie"

Pour Monsieur H, si ce petit geste simple était suivi par tous les chauffeurs, plusieurs nouveaux cas de personnes contaminées pourraient ne pas voir le jour.

"Je pense si chacun fait ça, on combattra plus vite l’épidémie. J’en ai parlé à deux ou trois collègues, mais ils ne le font pas. Je suis le seul à le faire. Les autres chauffeurs préfèrent garder le désinfectant uniquement pour leur poste."

L’attitude des collègues de Monsieur H n’est pas à pointer du doigt. Les conducteurs prennent chaque jour des risques en parcourant Bruxelles au volant de leur véhicule et il est compréhensible que "beaucoup aient peur", comme le remarque notre alerteur.

"Prenons soin de nous et des autres!"

Malgré tout, l’initiative de Monsieur H est une nouvelle fois la preuve que même en temps de crise, des gestes de solidarité naissent un peu partout en Belgique. Notre chauffeur de bus n’enrayera pas l’épidémie à lui tout seul mais à son échelle, il aura certainement joué un rôle salvateur. Au mieux, Monsieur H aura évité à certains de ses passagers de tomber malade, au pire, il aura soulagé leur crainte d'être contaminés en se rendant à leur travail et leur aura donné le sourire. 

 

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