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Alexis achète sur 2ememain un iPhone lié à l'abonnement Proximus de quelqu'un d'autre: que risque-t-il?

Alexis achète sur 2ememain un iPhone lié à l'abonnement Proximus de quelqu'un d'autre: que risque-t-il?
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Étrange pratique sur la plateforme de vente d'objets: des smartphones de grandes valeurs sont vendus, neufs, à très bon prix. Logique: le vendeur vient de les recevoir de Proximus, à qui il doit théoriquement payer 24 mois d'abonnement. Comment cela va-t-il se terminer ?

On ne le répètera jamais assez: il faut se méfier des bonnes affaires sur les plateformes de vente d'objets de seconde main. Et sur la plus populaire des plateformes belges (2ememain.be), on trouve de nombreux exemplaires du plus populaire des smartphones (les iPhone d'Apple).

Et c'est bien un iPhone qu'a acheté Alexis, en juin dernier. "Ma fille avait réussi son CEB, donc on a cherché un smartphone pour elle sur 2ememain", nous a-t-il expliqué après avoir contacté la rédaction de RTL info via le bouton orange Alertez-nous.

Il finit par lui trouver un "iPhone 8 neuf vendu 600€", grâce à une annonce "sortie à peine une heure auparavant". Sorti en automne dernier, il coûte toujours 809€ sur le site d'Apple, et quelques dizaines d'euros de moins dans les grandes enseignes belges.

Grâce "à des points Proximus"

Le vendeur tente de jouer la transparence. En discutant avec lui via l'outil de messagerie de 2ememain, puis par téléphone, Alexis apprend que "le vendeur a des points Proximus, accumulés avec des appels" et qu'il a "transformé ses points en iPhone".

Notre témoin ne se méfie pas. "Il avait l'air totalement honnête, son discours était cohérent: j'avais déjà accumulé des points via Proximus, et je m'étais fait envoyer un barbecue".

contrat
La "facture" montrée à Alexis par le vendeur

Un rendez-vous, une carte d'identité, un "contrat"

Alexis et le vendeur trouvent donc un accord. "J'ai fait une offre à 520€ et il a accepté".

Lors des ventes du 2ememain, une plateforme qu'Alexis connait bien, "les gens ne veulent pas faire venir d'inconnu chez eux". Les deux hommes se donnent donc rendez-vous sur la place d'une petite ville.

"L'homme a l'air très correct. Il me donne le papier de Proximus, un bon de livraison / facture avec le numéro IMEI du smartphone, le nom de la personne. Et c'est bien le vendeur que j'ai en face de moi, il m'a montré sa carte d'identité".

Prudent car "c'est quand même beaucoup d'argent", Alexis écrit un petit contrat qui reprend les termes de la vente, avec les noms et numéros de cartes d'identité. Vu que l'iPhone est toujours emballé, il prend même la peine de le déballer devant lui pour voir s'il fonctionne correctement. "J'ai mis ma carte SIM dedans, j'ai passé un appel, et tout allait bien".

C'est donc bien "un nouvel iPhone", que le vendeur "a réceptionné la veille en provenance de Proximus".

Peu de temps après, "la même annonce, du même vendeur": Alexis le rappelle

Tout roule donc. Mais très rapidement, pour aider une connaissance qui "cherchait elle aussi une bonne affaire", Alexis retourne sur 2ememain. "Et là, je remarque que la personne à qui j'ai acheté le téléphone vend d'autres appareils, également emballé dans la boîte !"

"Ça m'a semblé très, très louche", dit notre témoin, qui se dit que "on peut échanger des points, certes, mais même en téléphonant beaucoup, on ne peut s'offrir autant d'iPhone".

Ne tournant pas autour du pot, Alexis décide d'appeler directement le vendeur. "Je lui ai parlé franco, je lui ai dit: 'Ok, c'est quoi, le jeu ?'. Il m'a dit alors qu'il commandait des téléphones, mais qu'après, il ne payait pas les abonnements".

C'est tout à fait légal de vendre un smartphone obtenu par vente liée: il s'agit d'un simple transfert de propriété

Que va faire Proximus ?

La grande inquiétude d'Alexis, c'est l'attitude de Proximus. Peuvent-ils lui réclamer l'iPhone ? "Je me suis rendu dans une boutique Proximus pour en savoir plus. Je n'ai rien communiqué: ni l'identité du vendeur, ni le numéro IMEI, j'ai peur qu'il le bloque".

Mais notre témoin n'obtient aucune réponse concrète. "Les vendeurs n'avaient pas l'air très au courant" de ce cas de figure.

Nous avons appelé l'opérateur historique, qui nous a d'abord dit qu'il était "tout à fait légal de vendre un smartphone obtenu par vente liée: il s'agit d'un simple transfert de propriété".

Le problème, "c'est uniquement si le client ne respecte pas le contrat" qui est la plupart du temps de rester abonné deux ans chez Proximus. Deux cas de figure: "s'il arrête son abonnement (pour changer d'opérateur, par exemple), il recevra un document l'invitant à payer la valeur résiduelle du smartphone (elle baisse un peu au fil des mois)".

Si le client arrête de payer purement et simplement, "il recevra deux rappels de notre part", nous précise le porte-parole, "puis le dossier sera transmis aux huissiers, à la justice". Avec à la clé, des amendes salées ajoutées à la dette du client envers Proximus.

Alexis n'a rien à craindre

Difficile de savoir comment s'y est pris le vendeur pour souscrire plusieurs contrats auprès de Proximus, lui permettant d'acheter à bon prix des iPhones liés à des nouveaux abonnements. A-t-il usurpé l'identité d'autres personnes pour créer un compte client et s'abonner ? A-t-il utilisé la sienne mais se sachant insolvable, ne craint pas les suites données par la justice ?

Quoi qu'il en soit, Alexis n'a pas à craindre un éventuel blocage de Proximus. "Il semblerait que Proximus coupe les appareils comme si ils étaient volés. Est-ce si facile de se faire livrer un GSM sans traces ni preuves ?".

"Non, ça n'arrivera pas", nous a répondu l'opérateur. "On ne va pas essayer de retrouver ou bloquer le smartphone". Les démarches entamées iront donc vers la personne qui a vendu les iPhone obtenus auprès de Proximus (ou celles dont l'identité a été usurpée, si c'est le cas…).

 

 

 

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