Après avoir dansé à Hollywood, Alice, 27 ans, est revenue chez elle à Arlon pour y créer sa propre école

Après avoir dansé à Hollywood, Alice, 27 ans, est revenue chez elle à Arlon pour y créer sa propre école

Passionnée par le hip-hop depuis son plus jeune âge, Alice, une Arlonaise, n'a pas hésité à concrétiser son rêve en intégrant une prestigieuse école de danse de Los Angeles avant de travailler avec certains des meilleurs chorégraphes du monde. Mais à 27 ans, la danseuse a souhaité revenir sur sa terre natale et y créer une école. Elle nous raconte son parcours hors du commun.

C'est à 4 ans qu'Alice fait ses premiers pas de danse classique dans l'école de sa tante qui lui transmet le "virus" dès son plus jeune âge. "Depuis toujours, la danse fait partie de ma vie. Au sein de l'école de ma tante, j'ai pu toucher à différents styles", se souvient la jeune femme, aujourd'hui âgée de 27 ans.

À l'âge de 12-13 ans, elle découvre la danse hip-hop dans les clips: "J'ai ressenti comme un appel", décrit-elle. "J'ai toujours eu la sensation que j'avais des choses à exprimer. Je voulais être une personne libre de mes choix et j'étais persuadée que cette danse pouvait m'aider à être moi-même", ajoute Alice qui enchaîne les cours de hip-hop. "À l'européenne", comme elle tient à le préciser. Car l'adolescente est consciente que ce n'est pas à Arlon qu'elle pourra évoluer dans cette discipline. Alice le sait, le temple du hip-hop est l'Amérique.
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"Je ne me sentais pas à ma place"

Dès ses premiers pas, Dominique, sa mère, également passionnée, l'encourage. "J'ai la chance d'avoir une maman qui adore la danse. Elle m'a toujours confortée dans mes choix en m'apportant son soutien. Je n'aurais jamais pu avoir la force de faire ce que j'ai fait jusqu'à présent sans elle", confie Alice, reconnaissante.

Pendant ses formations, l'Arlonaise reçoit les éloges de professionnels. Celles-ci lui donnent la motivation pour continuer et croire en son talent. Mais elle n'est pas complètement épanouie. Son grand rêve est de s'envoler pour les États-Unis.

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En 2010, après une fin d'humanités difficile, elle part à Londres pour suivre des cours de danse afin d'améliorer son niveau. "Londres a été pour moi un passage obligé d'apprentissage de la vie, un tremplin vers Los Angeles", se remémore la danseuse. Elle reconnait que l'éloignement était difficile au début, elle se sentait toute petite, perdue dans cette grande ville. "J'adorais les cours, mais je ne me sentais toujours pas à ma place", confie-t-elle.

Au bout de 9 mois, elle quitte Londres. Cette fois, elle en est certaine, elle est prête pour l'Amérique. Elle s'envole enfin pour Los Angeles. Elle ne connaît personne dans cette ville, mais ne se laisse pas submerger par ses craintes. Elle est là pour se perfectionner. Dès son arrivée, elle fréquente l'école IDA (International Dance Academy), une véritable institution pour les professionnels du métier. Les meilleurs chorégraphes y donnent des cours. Elle réalise qu'elle doit tout de suite montrer ce dont elle est capable. Plus motivée que jamais, elle se dépasse chaque jour pour y parvenir.

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"Durant les cours, elle travaillait dur, très dur", raconte Viet Dang, un danseur de Justin Timberlake. "Elle est capable de danser comme une bête. Elle a cette capacité de donner tout d'elle-même", renchérit G Madison IV, danseur de Beyoncé.
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La persévérance d'Alice finit par payer. Elle est repérée par les chorégraphes des plus grands artistes du moment. Ces derniers lui donnent l'opportunité de travailler avec eux à plusieurs occasions.


Alice intègre la compagnie de danse

Remarquée par une compagnie américaine, Alice se voit offrir une belle opportunité de prolonger son séjour aux Etats-Unis. La Belge intègre la compagnie "Keshet Chaim" de Los Angeles en 2013. "Dans un moment crucial du destin, une compagnie m'a choisie pour participer à de nombreux shows et c'est grâce à elle que j'ai obtenu mon visa. J'ai vraiment réalisé que si je n'avais pas eu une excellente formation technique et si je n'avais pas été une danseuse éclectique, ce visa n'aurait pas été possible", précise-t-elle.

Alice Fach in Hollywood from GET the MOVE with Alice Fach on Vimeo.


Elle prend goût à l'enseignement

L'élève devient l'assistante d'Eddie Martinez durant ses cours de danse. Ce dernier est un des danseurs de Nicky Minaj. Grâce à cette nouvelle expérience, la Belge prend goût à l'enseignement et au coaching… La graine est semée. Alice apprend le fonctionnement d'une école de danse en travaillant au "front desk" de l'IDA et s'initie à la gestion. "J'ai réalisé pleinement que j'avais un tempérament d'indépendante et que j'avais trouvé au fond de moi des ressources et une richesse qui m'étaient propres", lance-t-elle.

"Avant d'aller aux États-Unis, je ne m'étais jamais dit que je deviendrais professeur un jour. Mais quand j'ai vu ce qu'ils parvenaient à transmettre durant leurs cours, j'ai complètement changé ma vision des choses", confie-t-elle.

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La création de Get The Move

Malgré la possibilité de prolonger son visa par la compagnie de danse, Alice désire rentrer en Belgique. La danseuse confirmée souhaite plus que tout partager son savoir et sa passion. "J'avais envie de créer quelque chose d'unique, d'apporter quelque chose de nouveau chez moi", explique-t-elle.

En 2014, elle est de retour sur sa terre natale. Elle lance un projet qui lui ressemble à 100%, une école de hip-hop à Arlon. Mais c'est un grand défi, comme une montagne à escalader. "Créer mon école était sans aucun doute un nouveau challenge difficile, un de plus, mais ô combien passionnant. Puis, le doute s'est installé en moi. Je me suis demandée si j'avais pris la bonne décision", se remémore-t-elle.

Plusieurs personnes ont tenté de semer le doute en elle, assure l'Arlonaise. Mais elle affirme avoir trouvé le courage de poursuivre cette aventure malgré les critiques. "Il y avait des tentatives de déstabilisation et de "boycottage" pour me faire perdre mon enthousiasme. Mais paradoxalement cela m'a renforcé", raconte-t-elle. "J'ai appris sur le tas et je continue d'apprendre. Avoir une école est beaucoup plus riche que ce que j'avais imaginé", relate-t-elle.

Macklemore & Ryan Lewis "Downtown"- Chorégraphie & Réalisation Alice Fach from GET the MOVE with Alice Fach (2) on Vimeo.

Au début, les premiers élèves franchissent sa porte par curiosité, mais quelques années après la création de "GTM", leur niveau a véritablement progressé. Certains d'entre eux ont pris confiance en eux grâce à ce moyen d'expression. La motivation d'Alice et son amour de la danse semblent contagieux. Elle se réjouit en constatant l'évolution de ses danseurs : "Ce ne sont pas forcément leurs progrès en danse qui m'impressionnent, c'est plutôt leur évolution personnelle. Le hip-hop leur donne confiance en eux. Et ça, c'est extraordinaire."

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Les rêves d'Alice

"Aujourd'hui, je fais enfin ce que j'aime et malgré toutes les difficultés que ce choix implique, je suis enfin mon cœur. Avoir la foi en mon travail m'a toujours donné la force de continuer envers et contre-tout. GET the MOVE c'est travailler dans mon art à temps plein de jour comme de nuit. Ce sont toutes mes passions réunies : danser, enseigner, mais aussi réaliser des vidéos. C'est le plaisir de se lâcher, de laisser le corps s'exprimer. C'est apprendre à s'accepter et accepter l'autre avec ses différences, faire une performance avec ce que l'on est et que l'autre ne sera jamais", explique la fondatrice de GTM.

Alice rêve d'inspirer d'autres personnes à concrétiser leurs rêves, mais aussi à s'exprimer sans avoir peur d'être jugées.
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