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Un arbre est tombé sur la voiture d'Octavio alors qu'il roulait à Braine-l'Alleud: pourquoi sa compagne ne décolère pas?

Un arbre est tombé sur la voiture d'Octavio alors qu'il roulait à Braine-l'Alleud: pourquoi sa compagne ne décolère pas?
© RTL INFO

Octavio, 23 ans, circulait rue saint Sébastien à Braine-l'Alleud le 25 juillet dernier quand un arbre s'est soudainement effondré sur sa voiture. Le jeune homme s'en sort miraculeusement indemne. Via notre bouton orange Alertez-nous, Coline ne décolère pas. Selon elle, le drame aurait pu être évité...

C'est la voix tremblante que Coline, 24 ans, témoigne. Quelques jours après les faits, la jeune femme ne réalise toujours pas. Le 25 juillet dernier, son compagnon Octavio, 23 ans, a été victime d'un accident de la route. En pleine tempête, un arbre est tombé sur sa voiture.

Jeudi 25 juillet, Coline et Octavio sortent d'un rendez-vous chez le kinésithérapeute. Ils rejoignent leur domicile, chacun s'y rendant avec son propre véhicule. "Je le précédais. On ne voyait rien sur la route, il  y a avait du vent, de la grêle et de gros grêlons", raconte Coline. Ce jour-là, un violent orage traverse l'entité de Braine-l'Alleud et complique la circulation. Les pompiers sont appelés de toutes parts pour des accidents et inondations.

Lorsque Coline arrive au domicile conjugal, elle s'aperçoit que son compagnon ne la suit plus. Elle s'inquiète. "Octavio m'a appelé sur mon GSM. Il m'a dit 'Appelle les pompiers, j'ai eu un accident. Un arbre est tombé sur la voiture", nous relate-t-elle. Le jeune homme se trouve "à 100 mètres" de la maison. Coline appelle le 112 et accourt. Arrivée sur les lieux de l'accident, à hauteur de la rue saint-Sébastien, elle découvre avec stupéfaction les dégâts. "Un arbre recouvrait la voiture. Je ne le voyais plus, je l'entendais juste crier. Je ne savais pas dans quel état il était", souffle-t-elle d'une voix empreinte d'émotion.



"On peut dire que ce Monsieur a eu beaucoup de chance"

Des débris de verre jonchent la route, le pare-brise a explosé sous le poids de l'arbre. Le toit de la voiture est enfoncé. Premier réflexe de Coline: tenter de dégager le mastodonte qui s'est effondré sur le véhicule. "Avec le stress et la peur, j'ai vraiment cru que j'arriverai à le bouger. Mais bien sûr, c'était impossible. J'ai appelé à l'aide mais personne n'est venu", lâche-t-elle. Pris au piège, Octavio parvient finalement à s'extirper en "défonçant la porte du conducteur". 

"Il est sorti et il m'a dit 'Ça va, j'ai rien'. Je n'en revenais pas", nous indique-t-elle. L'ambulance prend en charge le jeune homme qui présente de légères blessures au niveau de la nuque et du dos. Diagnostic médical? "C'est un miraculé. Voilà ce qu'on nous a dit. Les gens sortent bien souvent morts ou gravement blessés d'une pareille situation", affirme Coline. 

Le chef de corps de la police de la zone nous le confirme. "Quand on voit les photos, on peut se dire que ce Monsieur a eu beaucoup de chance", nous explique-t-on. Ce genre d'interventions n'est pas exceptionnel mais plutôt rare. "Deux voire trois fois dans l'année, on est confrontés à des conditions climatiques extrêmes comme de la grêle ou de la forte pluie", nous précise-t-on. 

La chute de cet arbre a certainement été provoquée par les rafales qui se sont abattues sur le territoire. Mais Coline ne décolère pas. Selon elle, "cet accident aurait pu être évité". "La commune avait commencé l'abattage d'arbres qui étaient malades. Mais un riverain s'y est opposé et a demandé une décision de justice pour suspendre l'abattage. La commune a donc du arrêter l'abattage en cours", nous indique l'habitante de Braine-l'Alleud. 

Une plaidoirie pour trancher

Afin de comprendre la situation, nous nous sommes tournés auprès de M. Vincent Scourneau, bourgmestre de la commune. "Plusieurs arbres sont malades. Une maladie se répand au niveau des racines des arbres qui se meurent", nous explique-t-il. Affaiblis, les arbres deviennent plus fragiles lors de conditions météorologiques extrêmes. Un expert a constaté les faits.

Le bourgmestre a donc délivré un arrêté de police autorisant l'abattage des arbres en juin dernier. Entre 20 et 25 arbres ont déjà été abattus. Mais opposé à cette décision, un riverain a introduit une procédure en référé. Il a saisi un avocat et a demandé une décision de justice pour suspendre cet abattage. La commune a pris note de cette décision tout en introduisant un recours.

Compte tenu de la dangerosité de la situation, les avocats des deux parties sont parvenus à dégager un accord. L'abattage des arbres les plus menaçants a été autorisé. Or de nombreux autres arbres sont malades et le bourgmestre prédit une coupe bien plus importante pour éradiquer la maladie. 

Le 30 juillet, une plaidoirie s'est tenue à Nivelles. Le but ? Déterminer si l'abattage peut se poursuivre, compte tenu de l'opposition formulée par un riverain. A l'issue de cette plaidoirie, un "calendrier pour déposer les conclusions" a été décidé. L'audience est fixée au 15 octobre prochain. Le 30 août, les argumentations du riverain qui a entamé cette procédure en justice sont attendues. Le 30 septembre, ce sera au tour du bourgmestre. Après cela, une audience pourra se tenir.

Une analyse portant sur 150 arbres est en cours. Deux champignons sévissent actuellement sur les arbres de Braine-l'Alleud, nous informe Jean-Pierre Forget, architecte paysagiste de la commune. Tout d'abord, un champignon appelé "l'armillaire", attaque l'arbre par le pied. "Il n'est pas visible au niveau du tronc", nous précise l'architecte. 

Deuxième coupable: le "Meripilus". "Ce pathogène attaque l'arbre au niveau des racines. Il faut cependant que l'arbre présente une blessure importante pour qu'il s'y attaque. Ensuite, il transforme le bois en une espèce de mousse un peu dure", vulgarise Jean-Pierre Forget. Il est très difficile de déceler la présence de ce pathogène. Un arbre peut paraître sain alors qu'il est attaqué.

Comme l'indique une brochure éditée par La Direction des Monuments et des Sites de Belgique, "le champignon reste cantonné dans le système racinaire mais provoque une dégradation rapide des racines d’ancrage qui perdent leur rigidité, ce qui altère considérablement la stabilité de l’arbre infecté".

La présence de ce champignon n'induit pas systématiquement son abattage. Cela dépend de son degré d'infection. "Les cas nécessitant l’abattage sont souvent caractérisés par l’apparition massive de fructifications sur tout le pourtour du collet de l’arbre", précise le document.

Pour se rendre compte de la part de végétation malade, la commune a exigé que de minutieuses études soient faites. "En attendant, la sécurité publique dépend du bourgmestre. Donc quand un expert nous dit 'Coupez ces arbres au plus plus', on attend pas le prochain coup de vent", ajoute l'architecte.


Et qu'en est-il des assurances?

De leur côté, Coline et Octavio attendent désormais le remboursement des assurances. Le véhicule d'Octavio, une Dacia Logan de 2007, est aujourd'hui inutilisable. "La carcasse a été enlevée par un revendeur qui l'a acheté pour une bouchée de pain", nous indique Coline. Pour 100 euros exactement. Un expert a évalué le montant du dommage matériel. Celui-ci a été estimé à 2.900 euros.

En attendant, l'orage continue de faire peur aux jeunes Brainois. Ils gardent un très mauvais souvenir de ce soir de juillet et espèrent que cet incident ne leur arrivera plus jamais. Bien conscients qu'ils ont eu la chance de leur vie. 

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