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Cambriolage au Cash Converters de Gosselies: COLÈRE d'une mère qui allait racheter les chaînes en or de ses enfants

Cambriolage au Cash Converters de Gosselies: COLÈRE d'une mère qui allait racheter les chaînes en or de ses enfants
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Christine avait vendu ses bijoux avec une option de rachat pour un mois. Mais quand elle est revenue pour les récupérer à la veille de la date limite, elle a appris qu'ils avaient été dérobés dans un cambriolage.

Qu'aviez-vous déposé mademoiselle? "Les chaînes en or et pendentifs de mes enfants" nous répond la voix, étranglée par l'émotion, au bout du fil. Il y avait 14,2 grammes d'or. Mais dans le coeur de cette maman, ces quelques grammes représentaient beaucoup plus.

Le 16 avril dernier, entre 5h40 et 5h50 du matin, un vol avec effraction a été commis au Cash Converters de Gosselies. La porte du magasin de l'enseigne d'achat et de vente d'objets de seconde main a été arrachée et des objets ont été dérobés. Parmi ceux-ci figurent les bijoux de Christine (prénom d'emprunt car elle veut garder l'anonymat). Six jours plus tôt, dans le besoin, elle s'en était séparée en échange de 220 euros, disposant d'un mois pour les racheter, moyennant 40 euros supplémentaires de frais. In-extremis, à la veille de la date limite, Christine possédait cette somme. Elle est retournée en hâte au point de vente. Elle allait retrouver ses biens, ceux de ses enfants, si précieux. Mais elle a reçu un coup de massue sur la tête. "Ce n'est qu'hier en voulant récupérer les objets déposés que nous avons été mis au courant des faits", nous racontait l'alerteuse vendredi dernier via le bouton orange Alertez-nous.

Ses propos nous intriguent. Non pas le cambriolage. Mais le "dépôt". On peut déposer des objets au Cash converters en échange d'argent et puis les récupérer? Cela ressemble à du prêt sur gage, cette opération qui consiste à déposer un objet en garantie d'un prêt. Elle concerne essentiellement des personnes qui ont un besoin urgent de cash. Plus tard, lorsque leur situation s'est améliorée, elles peuvent récupérer leur bien en remettant la somme prêtée, avec paiement d'intérêts évidemment.

Nous nous adressons à Cash Converters, qui se déclare leader mondial de la vente de seconde main avec plus de 700 magasins sur les cinq continents, dont une trentaine chez nous. "Nous ne faisons pas de prêt sur gage puisque c’est strictement interdit en Belgique" commence une représentante.

Dans notre pays, aucune entreprise privée n'a effectivement le droit de faire du prêt sur gage. Une seule institution peut s'adonner à cette pratique, le Mont-de-Piété. Elle est publique et placée sous la tutelle de la Ville de Bruxelles. Elle accorde des prêts (30€ minimum) à des personnes qui déposent en garantie un bijou ou un objet d'art, de décoration. L'objet est estimé par un expert. Après quoi le prêt est accordé. Il ne pourra excéder 70% de la valeur estimée réalisable en vente publique. Si le prêt ne peut être remboursé, si les intérêts ne peuvent être payés, l'objet finit aux enchères en vente publique.

De son côté, Cash Converters propose la faculté de rachat. "Le client vend l'appareil et reçoit du cash immédiatement (sous réserve de vérification technique). Nous devenons propriétaires de l'appareil mais le client bénéficie d'une faculté de rachat pendant 30 jours. Si le client n'en fait pas usage, nous mettons l'appareil en vente", détaille la représentante de l'entreprise. N'importe quel objet peut être cédé dans un magasin de l'enseigne par ce moyen. C'est ce qu'a fait Christine. Elle a vendu ses bijoux et endéans un mois, elle pouvait les racheter. Ce service n'est pas gratuit. Formellement aucun intérêt n'est réclamé mais le client doit payer toute une série de frais inhérents à cette formule. Dès lors, au final, il vend l'objet moins cher que s'il le vendait sans option de rachat. Christine devait s'acquitter de 40 euros de frais pour racheter ses bijoux de famille, soit 18% du prix auquel elle les a vendus quelques semaines plus tôt.

En 2014, le Mont-de-Piété avait eu l'intention d'attaquer en justice Cash Converters, estimant que son service de vente avec option de rachat s'apparentait à du prêt sur gage. Ce que la chaîne de magasins réfutait, définissant son activité comme de la "vente à réméré". "Un type de vente particulier qui a été introduit précisément pour permettre l'utilisation de la vente à des fins de crédit", expliquait à l'époque son avocat. Le Mont-de-Piété a été débouté. "Nos arguments n'ont pas convaincu", déplore son directeur.

Christine, comme tout autre vendeur prenant l'option d'achat, a reçu "un type de contrat validé par nos avocats", précise le directeur général par téléphone. Cash Converters est juridiquement propriétaire des objets dérobés dans son magasin de Gosselies, ajoute-t-il. Néanmoins, se déclarant conscient de la valeur sentimentale de certains objets, il affirme que Cash Converters cherche avec chaque client lésé par le vol "la meilleure solution". Christine, pour sa part, déclare n'avoir reçu aucune nouvelle, ce qui l'a poussée à reprendre contact avec le magasin ce lundi. Elle espère un dédommagement.

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