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Cette jeune société bruxelloise envahit les auditoires d'Europe grâce à une idée brillante: "Les cours n'étaient pas assez interactifs"

start-up, wooclap, économie numérique

Wooclap est née il y a quelques années dans une classe 'Solvay entrepreneurs', dans laquelle Sébastien et Jonathan, 27 et 28 ans aujourd'hui, devaient créer un prototype d'application en quelques mois. Ils ont fait bien plus que ça, en réalité.

Il y a quelques années, une réelle prise de conscience a eu lieu en Belgique: l'importance de soutenir financièrement l'économie numérique, qui représente, c'est certain, l'avenir du monde du travail dans la plupart des pays occidentaux.

Cette mentalité a donné confiance à de jeunes entrepreneurs, encouragés par l'émergence d'incubateurs (espaces de travail partagé, sources de financement plus accessibles, etc) et la multiplication de start-ups numériques, dont on vous parle parfois sur RTL info.

Si le parcours de Sébastien et Jonathan est plus classique (étude d'ingénieur, puis de gestion), l'entreprise qu'ils ont créée il y a quelques années l'est nettement moins: Wooclap est une application permettant aux étudiants assis dans l'auditoire d'interagir avec leur professeur. La plateforme cartonne en Europe, et devrait s'étendre au reste du monde…

Un simple constat

"Jonathan et moi, on suivait un programme en cours du soir, 'Solvay entrepreneurs', après nos études d'ingénieurs. On devait créer un prototype d'application en trois mois", nous a expliqué Sébastien Lebbe, co-fondateur.

Ces deux jeunes Bruxellois de 27 et 28 ans pensent rapidement à un constat qu'ils ont pu faire durant les années précédentes: "Les cours à l'université ne sont pas assez interactifs, c'est pratiquement impossible de dire à un professeur 'Je ne comprends pas ce que vous expliquez' en plein cours".

L'idée de Wooclap est née: permettre aux étudiants, à l'aide de ce smartphone qu'ils peinent à ranger dans leur poche même en plein cours, de 'communiquer' avec l'enseignant. C'est en réalité le professeur qui doit créer des interactions avec son auditoire, à l'aide de sondage, de questions à choix multiples, etc.

Les cours à l'université ne sont pas assez interactifs

Ils ont développé l'application eux-mêmes

L'avantage quand on est ingénieur, c'est qu'on ne doit pas faire appel à une armée de développeurs pour écrire un logiciel ou une application. On la crée soi-même. Wooclap, d'ailleurs, n'est pas vraiment une application mobile. "C'est une appli web", ce qui la rend accessible sur n'importe quel écran sans nécessiter le moindre téléchargement préalable.

Le prototype de Sébastien et Jonathan a tellement plu à leur professeur, Olivier Verdin, que ce dernier a ajouté Wooclap à sa liste de start-ups technologiques co-fondées, après 87seconds, dont on vous a déjà parlé. Fin 2014, début 2015, l'application Wooclap devenait réalité.

La petite équipe a rapidement grandi et aujourd'hui, il y a une dizaine de personnes dans les bureaux bruxellois de la société. "On n'a pas l'ambition de grandir davantage, on doit pouvoir s'étendre à l'international tout en restant un petite équipe à Bruxelles".

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"On a voulu être le plus simple possible"

Il y a plusieurs avantages évidents à l'utilisation de Wooclap. En faisant du smartphone des étudiants un outil d'interaction avec les professeurs, il y a une sorte de gamification de l'apprentissage, on le rend plus ludique et cela favorise l'implication et la motivation des étudiants.

Du côté du professeur, faire un vote ou une QCM (question à choix multiple) rapide durant un cours ou une pause, ça lui permet de se rendre compte du niveau de compréhension réel de son auditoire. Et d'adapter la rapidité du cours, de revenir sur certains points. "Le professeur pose une question et quelques secondes plus tard, il sait réellement combien d'élèves ont compris ce qu'il vient de dire".

De plus, toutes les données récoltées sont exportables sous forme de feuilles Excel, par exemple, pour compiler et analyser des statistiques.

Pour toucher une large audience, Sébastien et Jonathan ont voulu que Wooclap soit " le plus simple possible: on peut facilement l'appréhender, même pour des profs d'unifs plus âgés, il n'y a pas besoin de guide d'utilisation, et tout est accessible en plusieurs langues".

L'UCL adore, l'Europe aussi

Si certaines entreprises utilisent également Wooclap pour des évènements, des réunions ou des conférences, ce sont sans surprise les Hautes-Ecoles et les Universités qui sont les principaux clients de Sébastien. "L'UCL, l'ULB, l'Ephec, on prend pratiquement toutes les Hautes-Ecoles et les Universités, en Belgique et en France".

L'UCL (Université Catholique de Louvain-la-Neuve) est d'ailleurs un des plus grands fans de Wooclap. "Ils viennent de publier des statistiques. Ils ont généralisé l'utilisation de Wooclap dans les auditoires depuis le mois de février", explique Sébastien.

Dans le communiqué de l'UCL, on ne lit que des éloges: "Wooclap cartonne à l'UCL, avec près de 1300 cours et 350 professeurs qui utilisent l'application. Et un objectif atteint: l'instauration d'un dialogue entre professeurs et étudiants, même dans les grands auditoires".

L'avenir, on l'a dit, c'est l'international. "On a une équipe qui s'occupe du marketing digital. On se fait connaître, puis les écoles ou les entreprises intéressées nous contactent, on n'a pas d'équipe de vente".

Sur le marché, auparavant, il y avait "les boitiers à distribuer aux étudiants avant le cours, pour les QCM". Une mise en place lourde et pas très polyvalente, alors qu'un smartphone peut faire tant de choses et qu'il se trouve dans les mains de tous les étudiants, déjà relié à internet. 

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