Christelle indignée parce qu'on lui refuse son ancienne photo de carte d'identité: "J'ai dû aller faire des nouvelles"

Christelle indignée parce qu'on lui refuse son ancienne photo de carte d'identité:

Les règles concernant les photos d'identité sont extrêmement nombreuses et ne dépendent pas des communes mais bien du ministère de l'Intérieur. C'est lui qui a le dernier mot et si votre commune vous laisse leur fournir une photo trop ancienne, elle sera refusée à Bruxelles et vous serez obligés de repayer. Il ne faut donc pas en vouloir aux employés communaux. S'ils se montrent stricts, c'est pour votre bien.

Christelle habite Seraing. Elle vient de faire renouveler sa carte d'identité et pousse un coup de gueule via notre bouton orange Alertez-nous. "Je suis venue avec 2 photos différentes, mais l'administration ne veut pas les prendre. Excuses trouvées : il faut des photos récentes de 3 mois maximum, alors que sur les photos je suis exactement la même. Apparemment c'est le système informatique qui refuse. L'une est celle de ma carte d'identité actuelle et l'autre celle de mon passeport fait il y a 4 ans. Ça coûte déjà 21€ la carte d'identité et j'ai dû aller faire des nouvelles photos qui m'ont coûté 8,5€", se fâche-t-elle.


La commune ne lui a pas fait payer 8,5€ de trop, mais évité de payer 21€ de plus

Et pourtant, Christelle devrait s'estimer heureuse que l'employée communale l'ait obligée à fournir une autre photo. Sa commune lui a en effet peut-être fait… gagner de l'argent ! "Une fois la photo scannée, la demande va être envoyée au SPF Intérieur à Bruxelles. Comme tout est informatisé et que vos anciennes photos sont sur des serveurs, le système reconnaîtra qu'il s'agit d'une ancienne photo et le service qui va éditer la nouvelle carte va refuser", nous explique Sabine Roberty, échevine  de la population à Seraing. Résultat : Christelle aurait alors dû revenir à sa commune, repayer les 21€ pour une nouvelle demande et en plus fournir les nouvelles photos.


10 critères répartis en 39 règles et 3 exceptions !

En matière de photos d'identité, les règles sont très strictes. Elles sont édictées par le SPF Intérieur et les communes ne peuvent rien faire d'autre que les appliquer à la lettre. "Il y a 10 critères d'attention qui nous sont imposés", explique encore Mme Roberty. Ces critères sont les dimensions de la photo, la qualité, la luminosité, le fond, la position sur la photo, la position de la tête et des épaules, l'expression du visage, la visibilité du visage, les lunettes et les exceptions.

Mais chaque critère comprend plusieurs règles extrêmement strictes. Il y en a 39 en tout, comme ne pas avoir de reflets de lumière sur le visage, avoir les épaules droites, ne pas sourire ni avoir la bouche ouverte, ou ne pas avoir de cheveux devant le visage. Pour ceux qui portent des lunettes, elles ne doivent projeter aucune ombre sur le visage. On peut tous les retrouver dans ce document (à consulter également au bas de l'article) qui est aussi valable pour les photos des passeports émis par le SPF Affaires étrangères.


Les employés du service population habitués aux râleurs

C'est dans le critère "qualité" qu'on retrouve l'obligation de fournir une photo de 6 mois maximum (et non 3 mois comme l'a compris Christelle). "La partie "qualité de la photo", c'est toujours là-dessus qu'on n'est pas d'accord", reconnaît l'échevine, pour qui 19 personnes sur 20 comprennent que la commune n'a pas d'autre choix que de se montrer stricte. Quant aux mécontents, "les employés dans mon service y sont habitués. Les gens à Bruxelles responsables des règles, eux, on ne les voit pas..."

Une solution pour garantir que vos photos sont correctes, en dehors des photographes professionnels, ce sont les photomatons. Ils sont en effet préréglés pour prendre et imprimer des photos d'identité conformes à presque toutes les règles, et ce pour seulement 5€. Seule exception : si la couleur du vêtement porté se confond avec la couleur de peau, le photomaton ne signale rien, alors que le logiciel pour créer les cartes d'identité bien.


Pour une question de compatibilité avec des logiciels de reconnaissance faciale

Pourquoi autant de règles? Selon l'échevine, c'est bien sûr pour garantir qu'on puisse effectivement bien vous reconnaître sur votre carte d'identité, désormais valable 10 ans et non plus 5 ans. Mais elle ajoute une autre raison : "La reconnaissance faciale". "Depuis que tout est informatisé et vu les besoins récent en sécurité,  ça s'est amplifié au niveau de ces services", assure-t-elle. "C'est pour protéger les gens au final. Ils doivent s'en rendre compte." Et cela a eu un autre avantage: "Avant, on pouvait facilement falsifier les cartes d'identité et les passeports. Maintenant leur sécurité est renforcée."

En Belgique, la reconnaissance faciale est déjà utilisée à l'aéroport de Bruxelles par exemple, et elle est amenée à se développer de plus en plus. D'ailleurs, c'est la raison officielle invoquée sur le document ci-dessous : "Aux contrôles frontières, la photo est comparée au détenteur du document, parfois à l'aide d'un logiciel spécial. Cette comparaison automatisée entre l'image et la personne n'est possible que si l'image répond à certains critères. L'organisation de l'Aviation Civile Internationale (OACI) définit ces critères."

Sur les caméras de sécurité dans nos rues, par contre, seules les personnes fichées peuvent, si un système de reconnaissance faciale existe, être reconnues.


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