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Cindy voulait offrir de nouvelles chambres à ses enfants: son rêve devient cauchemar à cause d'un entrepreneur malhonnête

Cindy voulait offrir de nouvelles chambres à ses enfants: son rêve devient cauchemar à cause d'un entrepreneur malhonnête
 
 

La maison de Cindy est en travaux depuis presque un an, et le chantier n'avance pas. Cette famille de Fontaine-l'Êveque vit un calvaire à cause d'un entrepreneur. Travail mal fait, retards et absences, Cindy n'en peut plus de la désinvolture du prétendu professionnel. Elle regrette aujourd'hui d'avoir payé près de 30.000€ et perdu son travail. À bout, elle s'est livrée via le bouton orange Alertez-nous, afin de mettre en garde contre les entrepreneurs malhonnêtes.

Cindy avait de grands projets pour sa famille. Cette mère de trois enfants a décidé, avec son mari, d'entamer d'importants travaux d'agrandissement de sa maison, "pour faire des chambres supplémentaires pour que nos enfants puissent avoir leur chambre à eux", explique-t-elle. Mais ce chantier est rapidement devenu le cauchemar de la famille.

"On était en plein Covid, donc on a voulu favoriser un entrepreneur local, plutôt qu'une grosse entreprise, pour être solidaire" raconte Cindy. Après quelques rendez-vous avec des professionnels, la famille de Fontaine-l'Êveque s'est arrêtée sur l'un d'entre eux, habitant à proximité: "C'est là que l'aventure a commencé" soupire-t-elle.

L'entrepreneur choisi a demandé un acompte de 30%, suivi d'un premier payement de 30% également, au début du chantier: "Au final, on s'est retrouvé à déjà devoir payer presque 30.000€, au bout de même pas 15 jours de travaux" déplore-t-elle. "Il nous avait promis que les travaux seraient finis pour les fêtes de fin d'année. On était motivé, donc on s'est fait un peu avoir" regrette la mère de famille.

Les soucis ne se font pas attendre

Les problèmes commencent lorsque des erreurs sont constatées dans le travail. "On a fait une réunion de chantier, et c'est là qu'on a découvert que l'architecte n'avait jamais été mis au courant que les travaux avaient débutés. L'entrepreneur ne lui avait jamais rien dit".

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Les erreurs dans les travaux de l'entrepreneur se multiplient, tout comme ses absences : "Il ne venait plus, trouvait des excuses. (…) On essayait de le faire venir, tant bien que mal. C'était vraiment pénible moralement, et physiquement". La situation était d'autant plus délicate que les travaux avaient déjà bien avancé. L'étage était déjà ouvert pour donner accès aux chambres et à la nouvelle salle de bain: "C'était en plein hiver, donc si on faisait tout arrêter, on aurait été coincé pendant des mois avec notre maison ouverte et deux enfants en bas âge" se rappelle Cindy.

Il s'était fait un solarium, c'est vraiment nous prendre pour des cons

Elle se souvient particulièrement d'un jour où l'entrepreneur est "parti porter quelque chose au conteneur", et en revenant deux heures plus tard, ses cheveux et sa barbe étaient coupés, "il s'était fait un solarium, c'est vraiment nous prendre pour des cons" raconte-t-elle.

Un autre épisode met Cindy en colère: l'entrepreneur est parti tôt, un vendredi après-midi, alors que le bac de douche avait été mal fait, et qu'une fente laissait couler l'eau "sur le nouveau parquet, en dessous dans le garage, dans les luminaires, le long des conduits électriques". L'homme avait justifié son départ précoce en disant qu'il devait aller au carnaval: "Il m'a promis de revenir le lendemain matin, mais il n'est jamais venu. Le lundi matin, il me laisse un message en me disant 'j'ai fait carnaval, je viens seulement de rentrer, je ne suis pas en état de travailler'".

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La désinvolture de l'ouvrier a fait de la vie de Cindy et de sa famille un cauchemar: "J'ai été licenciée parce que j'étais tout le temps au téléphone. Je devais laisser ma maison ouverte, alors que je n'étais pas là, pour qu'il puisse venir travailler, mais il ne venait pas. Donc je passais mon temps à lui envoyer des messages".

J'ai été licenciée, parce que j'étais tout le temps au téléphone

Les imperfections dans les travaux ont même impacté la santé de ses enfants. La salle de bain de la maison n'étant pas terminée, le vent s'y introduisait: "Quand je douche mes filles, elles me disent 'Maman j'ai froid'. Elles ont d'ailleurs attrapé une bronchite, parce qu'il y avait beaucoup de vent cette semaine-là", raconte Cindy.

Pour espérer voir un jour la fin des travaux dans sa maison, Cindy se met à "harceler" l'entrepreneur: "En avril, il a dit 'je stop le chantier', et il nous a laissés en plan avec les travaux terminés aux trois-quarts, mais dans quel état…", regrette-t-elle.

Pour cette mère de famille, c'en est trop. Des démarches ont été entreprises en justice, "mais sans avocat, parce qu'on n'a pas les finances pour payer à la fois les travaux et les frais de justice". Cindy espère qu'un autre entrepreneur pourra corriger et terminer le chantier le plus vite possible, pour mettre fin au calvaire de sa famille.

Comment ne pas se faire avoir?

Pour éviter les ennuis avec un entrepreneur malhonnête, le mieux est de le choisir correctement. Test Achats conseille par exemple de demander à l'entrepreneur des références de chantiers qu'il a effectués, "vous pourrez ainsi juger sur place de la qualité des travaux". Une autre astuce consiste à taper le nom de l'entrepreneur, ou de son entreprise, sur internet, "pour savoir si d’autres consommateurs se sont déjà plaints de la qualité du travail fourni".

Une vérification à la Banque-carrefour des entreprises peut être intéressante pour vérifier si un entrepreneur a les compétences de gestion nécessaires, et les compétences professionnelles requises. Cette méthode n'est cependant pas une garantie qu'il s'agisse d'un bon entrepreneur: "même si le métier est réglementé, l’entrepreneur ne doit pas posséder personnellement les connaissances techniques nécessaires, il suffit qu'un membre de sa famille ou l’un de ses travailleurs les ait" précise Test Achats.

Il est toujours conseillé de payer le plus faible acompte possible.

Cindy s'est rendue compte, après le début des travaux, que son entrepreneur avait des difficultés financières: "Il avait eu une régularisation au niveau des impôts" raconte-t-elle. Vérifier l'état de la société d'un entrepreneur est un bon réflexe, mais il vaut mieux le faire avant les travaux. "Vous pouvez consulter ses comptes annuels sur le site de la Banque Nationale de Belgique ou via la Banque-Carrefour des Entreprises. Muni du numéro d’entreprise, vous pouvez vérifier, sur le site du SPF Finances, si l’entrepreneur a des dettes sociales ou fiscales" explique Test Achats.

L'un des signes avant-coureurs qui aurait pu alerter Cindy, est le montant de l'acompte demandé par l'entrepreneur. "Il est toujours conseillé de payer le plus faible acompte possible. Vous serez en position de faiblesse si vous avez avancé un montant important et que l’entrepreneur n’a pas (bien) fait son travail" indique Test Achats. D'ailleurs, la pratique de l'acompte n'est pas obligatoire, et certains entrepreneurs n'en demandent pas, "ce qui suscite la confiance envers leur situation financière, puisqu’ils sont en mesure d’avancer le prix d’achat des matériaux" ajoute l'association des consommateurs.

Porter l'affaire en justice: le parcours du combattant

Lorsque les travaux ont commencé, il convient d'être attentif, et de réagir "dès qu'il y a une constatation du maître d'ouvrage que le contrat n'est plus respecté, par exemple par rapport aux délais" explique Maître Dominique Lambert, avocat en droit de la construction. Une première action peut être la mise en demeure de l'entrepreneur, pour que les travaux soient terminés dans les temps impartis, ou pour corriger les défauts.

Si la mise en demeure n'est pas efficace, il est possible de porter l'affaire en justice. L'avocat précise cependant que ce genre de dossier est, la plupart du temps, complexe, car les parties sont nombreuses: "Il y a l'architecte, l'entrepreneur, les éventuels sous-traitants et évidemment le client". Toutes les parties doivent y participer.

Selon Maître Lambert, l'architecte doit, tout au long des travaux, effectuer un suivi. Mais si le chantier n'avance pas, l'avocat conseille de "demander un conseil technique, pour qu'il fasse un descriptif et une analyse du contrat et pour qu'il donne un avis". Après cet état des lieux, un "remplacement unilatéral" pourrait être décidé, c’est-à-dire qu'un autre entrepreneur corrige le travail ou termine le chantier.

Les procédures étant longues et chères, il est parfois conseillé de tenter de régler le conflit à travers la conciliation. Ce moyen est plus rapide et moins onéreux, à condition que toutes les parties soient présentes.


 

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