Des gens du voyage créent "un bidonville au coeur de Bruxelles" témoigne Jacqueline: la Ville annonce un arrêté d'expulsion

Des gens du voyage créent

Des gens du voyage se sont installés en face de l'appartement de Jacqueline (prénom d'emprunt), de l'autre côté de la rue. Cette habitante de Neder-Over-Heembeek a appuyé sur notre bouton orange Alertez-nous pour dénoncer les nuisances qu'elle assure subir depuis le mois de mai. La commune de Bruxelles informe qu'une expulsion pourrait avoir lieu dans les prochains jours.

Tout commence au mois de mai, lorsque des gens du voyage viennent s'installer dans un terrain de la rue des Prés Communs à Neder-Over-Heembeek, sur le territoire de la Ville de Bruxelles. Si l'installation ne représentait que quelques campements à l'origine, c'est devenu un véritable "bidonville au cœur de Bruxelles", selon Jacqueline. "Ils ont transformé le terrain en un immense dépotoir. Ils ont volé des piquets et des barrières de chantier, ils se sont barricadés et ils ont construit des cabanons. Un vrai bidonville", dénonce l'habitante qui vit ici depuis dix ans. "Plusieurs familles sont installées là. Ils collectent nos détritus avant le passage des camions poubelles et ramènent tout sur le terrain. Ils récupèrent des vêtements et des objets, certainement pour les revendre ensuite. Des animaux nuisibles, tels que des rats, sont apparus, et on a plein de mouches chez nous. Ces gens vivent dans des conditions lamentables, c'est devenu une urgence sanitaire", renchérit la témoin.

Face à ces perturbations, la dame et son mari ont interpellé plusieurs élus bruxellois et les autorités de la Ville. "Nous avons envoyé un courrier en juillet et un en août à M. Close", affirme Jacqueline. D'après elle, le bourgmestre a répondu avoir transmis le dossier au service compétent. "Depuis, il a signé un arrêté d'expulsion, mais celui-ci n'a pas été exécuté. Rien n'a bougé", déplore la Bruxelloise.


Le bourgmestre a signé un arrêté d'expulsion: "Il sera exécuté dans les prochains jours"

Nous avons contacté la Ville de Bruxelles, qui confirme l'installation des gens du voyage. "Entre 15 et 25 personnes se sont installées là", indique Wafaa Hammich, attachée de presse de Philippe Close. "Le bourgmestre a signé un arrêté d'expulsion. Mais vu la situation, il faut mettre en place toute une organisation. Il faut accompagner les gens, préparer les services sociaux, s'assurer que tout se déroule dans le calme. On ne peut pas lancer une expulsion à l'arrachée", précise la porte-parole.

La mobilisation de la police est en cours et Wafaa Hammich nous assure que l'expulsion aura lieu "très vite, dans les prochains jours".


Le lieu d'occupation est une donnée importante

Dans le cas présent, les gens du voyage se sont également installés sur la voie publique, dans la rue. C'est un élément important. Sans ce détail, les autorités communales n'auraient pas pu intervenir. Car si les gens du voyage s'étaient installés dans un terrain privé, c'était alors au propriétaire du terrain de lancer les démarches d'expulsion.

En juillet 2017, nous vous rapportions le cas de Marie, une habitante de Roux (Charleroi), qui voyait une communauté de gens du voyage s'installer plusieurs fois par an près de son habitation, sur un terrain de l'entreprise AGC (ex-Glaverbel, fabriquant de verre). À l'époque, nous avions contacté la police et la Ville de Charleroi. Elles nous confiaient alors être impuissantes tant qu'aucun danger, agression ou risque d'incendie ne serait constaté. "S'il n'y a pas de flagrant délit ou des risques pour la personne humaine, la police ne peut pas expulser les gens qui occupent le terrain ou une maison. C'est le même principe que pour des squatteurs d'un immeuble", nous avait expliqué maître Emmanuel Terlinden, conseil juridique pour AGC.

À chaque arrivée des gens du voyage, l'entreprise doit introduire une requête unilatérale devant le tribunal de première instance en indiquant l'urgence de la situation. Le président du tribunal de première instance statue alors sur base des pièces et de la demande. La durée de son analyse dépend de l'ampleur du dossier. Dans les cas les plus rapides, une ordonnance d'expulsion peut être prononcée en une journée. La décision est alors signifiée par voie d'huissier aux occupants des lieux. Si les individus ne coopèrent pas, il peut alors appeler la police, qui peut elle-même utiliser la force pour évacuer le site.

Une situation différente de celle vécue par Jacqueline à Bruxelles qui espère que l'expulsion sera menée au plus vite et que les nuisances cesseront rapidement.

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