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Dix Liégeoises terminent un raid féminin extrême en Laponie: Sophie raconte cette aventure "extraordinaire" (vidéo)

Une aventure exceptionnelle dans le grand Nord. Une expérience humaine et sportive incroyable. C’est ce que viennent de vivre dix Liégeoises. Ces mères de famille âgées de plus de 40 ans ont participé fin janvier au Finland Trophy. Trois jours de raid en Laponie au profit de plusieurs associations. De retour en Belgique, l’une de ces "Givrées" raconte ce défi de taille.

"C’était magique, c’était vraiment trois jours sur un nuage blanc finlandais", confie Sophie avec un brin de nostalgie. Cette coordinatrice pour le fondamental en milieu scolaire nous a contactés via notre bouton orange Alertez-nous pour partager une expérience "extraordinaire".

A 44 ans, cette maman de 4 enfants vient d’accomplir le Finland Trophy, un raid 100% féminin, avec neuf autres Liégeoises. Des femmes actives qui ont décidé de se lancer ce challenge il y a un an. "Notre histoire est partie d’un sms lancé sur un groupe de copines de paddle. Cela a fait mouche tout de suite", se souvient Sophie. Sa motivation ? "A un moment donné, on est maman, on travaille, on a passé la quarantaine et on veut quelque chose d’extraordinaire", confie cette institutrice primaire de formation.


A la base pour récolter des fonds pour le cancer du sein

Ces amies ont donc rapidement été séduites par cet événement sportif créé l’année dernière par Christelle, une ancienne gagnante de l’émission de téléréalité Koh-Lanta. "Au départ c’était 100 femmes, 50 binômes, parce que ce raid se réalise en duo. A la base, il permet de récolter des fonds pour la fondation Keep A Breast pour la prévention du cancer du sein. Chaque binôme doit aussi choisir une association qu’il soutient en fonction du résultat. Ce n’est donc pas à but lucratif mais basé sur l’humanitaire", explique la Liégeoise.

Pour cette deuxième édition, organisée en Laponie fin janvier, 120 femmes étaient prêtes à relever le défi. Parmi elles, les "10 Givrées", Sophie et neuf autres mères de famille, toutes originaires de la cité ardente. Ensemble, elles ont décidé de soutenir l’association Rire à l’hôpital. "Ce sont les clowns qui viennent à la Citadelle" pour égayer le quotidien difficile des enfants malades.


Coachées par un entraîneur sportif de haut niveau

Avant de s’envoler vers le froid glacial du grand Nord, elles se sont entraînées pendant de nombreux mois en Belgique pour pouvoir affronter des conditions sportives extrêmes."On a eu la chance d’avoir un coach qui s’est intéressé au projet. C’est un entraîneur sportif de haut niveau dans le monde du football. Tous les mois, on avait un entraînement collectif avec lui", raconte Sophie.

Les « Givrées » se sont également préparées ensemble en courant dans les dunes et en se rendant dans un endroit insolite. "On a fait un entraînement exceptionnel grâce à une société de congélation qui nous a mis à disposition un hangar à -25 degrés pour pouvoir voir comment on supportait le froid. On courait dans les petits pois carottes, c’était comique. Ce sont des souvenirs entre copines exceptionnels", assure la quadragénaire.

Son binôme est une amie très proche. A 42 ans, Emmanuelle est pharmacienne et maman de deux enfants. "Notre amitié a débuté sur les bancs de l’école en humanité. Et on avait envie de partager cette aventure."


Des épreuves dans des conditions extrêmes

Elles ont finalement réalisée cette expérience exceptionnelle fin janvier. Concrètement, les participantes ont dû passer pendant trois jours des épreuves sportives extrêmes sur le sol finlandais: de la course à pied sur neige, du ski de fond, un parcours en raquettes et à vélo (un VTT à très grosses roues) ainsi que la traversée d’un icemad, une piste de ski avec des obstacles.

"Cette année, il a fait exceptionnellement très froid. Les distances des épreuves ont donc été adaptées aux conditions météo car les Finlandais sont évidemment très prudents. Il y avaient des équipes médicales sur place et des restrictions par rapport à l’effort", indique Sophie.


Selon elle, le premier jour, la température ressentie était de -30 degrés. "Du coup, les distances étaient de 14km, 6km en course, 2km de raquettes et 6km de course", précise-t-elle. Le deuxième jour était le plus difficile pour les binômes. "C’était terrible, on avait un ressenti de -36 degrés. La distance à parcourir a été réduite à 13km, et heureusement parce que les distances ne semblent pas impressionnantes mais dans les conditions de neige et de froid, elles le sont." Le troisième jour, le mercure est remonté à -22 degrés.

"C’était terrible, on avait un ressenti de -36 degrés"


Puisqu’il s’agit d’une compétition, l’objectif n’était pas que réussir ces exploits sportifs mais aussi les réaliser avec le meilleur chrono possible afin d’obtenir des chèques pour les associations. "Les plus rapides mettaient 1h30 et les dernières un peu plus de 3h pour terminer les épreuves organisées le matin. A midi, on mangeait ensemble. Ensuite, on avait des activités, comme une balade en chiens de traîneaux, ce fameux sauna finlandais et une rencontre avec le Père Noël", décrit-elle.


Pour Sophie, le moment le plus compliqué c’était le parcours à vélo le deuxième jour. "C’est dur physiquement, le froid et la neige. Les extrémités du corps en prennent un coup. J’ai eu très froid aux pieds, qui ont commencé à geler à -36 degrés", se souvient-elle, malgré la couverture de survie glissée dans ses chaussures pour se protéger des températures polaires. 



 
 "Humainement c’était une expérience juste extraordinaire"

Un souvenir douloureux vite balayé quand elle pense à tous les moments de joie."Humainement c’était une expérience juste extraordinaire. 120 femmes qui étaient dans l’entraide. Certaines étaient en rémission d’un cancer du sein, d’autres avaient vécu des situations personnelles terribles. Et on est toutes là à se soutenir", témoigne la Liégeoise. "Les paysages étaient tellement beaux, la luminosité tellement extraordinaire. Et sportivement, c’était un défi difficile que l’on a toutes réussi à relever. On était très émues à la ligne d’arrivée finale", ajoute-t-elle.


 

Et on peut dire qu’elles n’ont pas à rougir de leurs performances. "Nous n’avons pas démérité. Dans le classement des 60 binômes, la première équipe des 10 Givrées est 21e, la deuxième 22e, puis 25e, 30e et la dernière 40e. Le défi est donc réussi parce qu’il faut savoir que les 15 premières équipes, ce sont des grandes sportives", souligne Sophie.

De retour en Belgique, les "Givrées" ont pu raconter cette épopée unique à leurs proches et à tous ceux qui ont soutenu ce projet. Elles se félicitent aussi de pouvoir remettre un chèque de plusieurs milliers d’euros à l’association  Rire à l’hôpital.


"On a eu beaucoup de chance de revenir sans séquelles"

Et ces dix mères de famille se réjouissent d’avoir vécu cette expérience sans séquelles. "Il y a eu des nez et des lobes d’oreille gelés, des taches brunes dans les visages, des blessures", énumère Sophie. L’état d’une des participantes les a d’ailleurs particulièrement inquiétées. "Le deuxième jour, une célèbre blogueuse française a eu le pied gelé et n’a pas pu terminer le raid. Je pense qu’elle est toujours hospitalisée à Paris", regrette Sophie.

Les Liégeoises sont donc conscientes de leur chance de revenir en pleine forme. "En fait, on est juste nostalgiques de notre retour", confie l’institutrice primaire.

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