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Des fouines ont élu domicile dans le faux-plafond d'une crèche à Liège: "Il y a une odeur nauséabonde", décrit un père de famille

© Image Pixabay
 
 

"Une odeur nauséabonde de cadavres en décomposition". Voilà ce dont doit faire face Christophe (prénom d’emprunt) en déposant son fils à la crèche. Ce père de famille nous explique que, depuis quelques semaines, la crèche des Pacolets, située en région liégeoise, est confrontée à la présence de fouines dans ses greniers. Et malgré les actions intentées, il semble difficile de se défaire de ce nuisible. 

Christophe, qui nous a contactés via le bouton orange Alertez-nous, s’inquiète de la situation. "Quand on monte à l’étage pour déposer les plus petits, une odeur nauséabonde s’en dégage. Je m’inquiète pour la sécurité mais aussi pour les conditions d’hygiène dans laquelle sont gardés les enfants”, témoigne-t-il. Avant d’ajouter: "Imaginez une fouine qui tombe du plafond. Certes, ce n’est pas un animal offensif mais apeuré, on ne sait pas ce qui peut se passer. Elle peut griffer des bébés qui se trouvent là". 

Les fouines ont grignoté des plaques du faux plafond

Ce Liégeois constate que le personnel a beau se démener pour gérer au mieux cette situation, rien n’y fait. "Les femmes de ménage nettoient mais l’odeur reste. Et je pense à ces pauvres puéricultrices qui travaillent dans ces conditions", témoigne-t-il.

Que se passe-t-il à la crèche des Pacolets? La fouine, bien souvent surnommée la 'terreur des greniers', y a-t-elle élu domicile? Quels sont les risques? La directrice de la crèche Nathalie Dodemont accepte de répondre à nos questions. Elle nous confirme que la présence de fouines avait été détectée dans les faux plafonds en sous-toiture en juin dernier. "Les fouines ont grignoté des plaques du faux plafond. La présence de plusieurs trous et de morceaux d’isolant au sol a été constatée. Des souillures sont également apparues sur des plaques", nous explique-t-on.

Au total, la crèche accueille 65 enfants. L'étage investi par les fouines accueille les plus petits enfants de l'établissement. On en compte 27. "Les odeurs sont désagréables mais ne sont pas considérées nocives par la référente santé de l’ONE", explique la directrice de l'établissement. 

Des cages et des désodorisants

Depuis la détection du nuisible, divers travaux ont été entrepris. La fouine étant un animal protégé, la direction de l'établissement a pris contact avec le Département Nature et Forêts (DNF). Nathalie Dodemont nous indique qu'une cage a été posée avec appât afin de les capturer. Afin de permettre une intervention des services spécialisés durant l'été, les enfants ont été déménagés dans une aile du lycée dont la crèche dépend. Le Service provincial des bâtiments a remplacé les plaques souillées et une désinfection complète de la sous-toiture a été réalisée par une société spécialisée. À la suite de ces travaux, les enfants ont pu réintégrer les locaux le 26 août dernier.

Mais les odeurs nauséabondes ont fait leur retour le 2 septembre. La direction a pu constater la présence de nouvelles plaques souillées, entraînant une deuxième intervention du DNF. Une cage a été posée et des désodorisants ont été placés dans les faux-plafonds. Tout cela a été réalisé avec l'accord de la référente santé de l'ONE, spécifie la directrice de l'établissement. Enfin, un contrôle quotidien des faux-plafonds est exécuté. L'obstruction d'ouvertures sur la toiture est également prévue "car il pourrait s'agit de l'endroit qui a permis aux fouines d'entrer". 

Le Service Public de Wallonie nous confirme qu'une autorisation a été délivrée pour "couvrir la capture et la destruction éventuelles des fouines". Des cages ont été posées, sans succès. Car comme nous l'explique Nicolas Yernaux, porte-parole du SPW, la destruction de la fouine est réglementée en Wallonie. 

Une autorisation nécessaire avant d'envisager la destruction

La fouine fait partie des espèces classées comme "gibier" comme le sont les lapins, renards ou encore pigeons ramiers. Mais contrairement à ces espèces, sa chasse est interdite, faute de période d'ouverture. "Elle ne peut donc être contrôlée que par la voie de la destruction", nous explique le porte-parole du SPW. 

Autrement dit, la destruction de la fouine est autorisée sous certaines conditions en Région wallonne, notamment pour protéger les petits élevages ou dans l’intérêt de la santé et de la sécurité publiques. "Sauf si elle s'effectue exclusivement à l'arme à feu, il est interdit de pratiquer la destruction des animaux susvisés sans autorisation préalable du Ministre ou de son délégué. Cette autorisation ne peut être accordée que si elle ne nuit pas à la survie de la population concernée et à condition qu'il n'existe pas d'autres solutions satisfaisantes susceptibles à elles seules de prévenir les dommages importants aux élevages ou de protéger la faune", précise l'arrêté du Gouvernement wallon du 18 octobre 2002. 

La fouine peut détruire complètement l’isolation d’une toiture

Si cette destruction a pour but de protéger un bâtiment, comme c'est le cas pour la crèche des Pacolets, le seul recours possible est l'utilisation de la "boîte à fauves" (sorte de cage piégée). 

Nicolas Yernaux nous atteste que la fouine peut être très destructrice pour les habitations. "Elle peut dans certains cas détruire complètement l’isolation d’une toiture", précise le porte-parole. L'animal peut également être cause de bruit. Enfin, sa présence peut entraîner de fortes gênes olfactives pour plusieurs raisons: elle stocke parfois de grandes quantités d'aliments qui peuvent se décomposer; les cadavres et autres proies ainsi que ses déjections sont à l'origine d'odeurs nauséabondes.

Que faire en cas de nuisances?

Voici les recommandations du SPW si vous êtes face à la présence de fouines: 

Prévention

- Poulailler : enfermer les animaux pendant la nuit

- Grenier : repérer les passages et obturer les accès au bâtiment par la pose de grillage ou de parois dures (bois, briques,… ). Ce travail est à effectuer de préférence à la fin de l’été ou à l'automne quand les jeunes ont abandonné leur gîte.

- Veiller à couper les branches d'arbres touchant ou surplombant une habitation.

Eloignement

- Perturber les animaux installés dans des endroits non souhaités par des événements "inhabituels" et répétés plusieurs jours d'affilée : bruits divers (radio… ), modification de l'aménagement des locaux, éclairage répété, …

- Placer des répulsifs olfactifs aux entrées des lieux fréquentés (naphtaline, parfums, chiffons imbibés de mazout… ). Des sprays "anti-fouines" vaporisés sur des morceaux d'ouate ou de chiffon existent et seraient relativement efficaces en répandant des substances odorantes insupportables pour la fouine mais pratiquement imperceptibles pour l'homme, les chats et les chiens

- Des répulsifs pour chats et chiens vendus dans le commerce sembleraient également efficaces. L’efficacité des répulsifs olfactifs sera meilleure si l’endroit où les fouines se trouvent n’est pas trop vaste

Comme expliqué ci-dessus, si la destruction semble la seule option possible, il est essentiel d'établir une demande auprès de la Division de la Nature et des Forêts territorialement compétent. Ce n'est qu'après avoir reçu une autorisation que des moyens pourront être mis en œuvre. Rappelons qu'il n'existe pas de service public chargé de détruire les fouines. La destruction doit être faite par ses propres moyens, en faisant appel à un garde assermenté ou à des entreprises privées spécialisées. 


 




 

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