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L'ex de Sabrina détruit sa voiture à coups de hache et est libéré 12 heures plus tard: "Faut-il qu’il arrive un meurtre pour qu’ils réagissent enfin?"

L'ex de Sabrina détruit sa voiture à coups de hache et est libéré 12 heures plus tard:

Depuis un peu moins d'un an, Sabrina et Martin (prénom d'emprunt) sont séparés. Depuis un peu moins d'un an, la jeune femme n'est pas rassurée. Martin s'est montré violent à la fin de leur relation. Il l'a encore été depuis qu'ils sont séparés. Il y a quelques semaines, il a démoli la voiture de Sabrina à coups de hache. La jeune femme inquiète se demande jusqu'où cette situation peut aller.

Sabrina raconte qu'un jeudi du mois de février, vers 5 heures du matin, elle est réveillée par des "drôles de bruits". La jeune femme se lève, se dirige vers une fenêtre en façade et aperçoit un homme en train de détruire sa voiture. C’est son ex-compagnon. "Il est venu devant chez moi avec une hache. Il a cassé tous les carreaux de mon véhicule ainsi que ceux du véhicule de ma maman", détaille Sabrina. L’homme, que nous appellerons Martin afin de préserver son anonymat, profère également différentes menaces. Sabrina appelle la police, qui intervient et qui interpelle l'individu violent.


 
"J'ai reçu des messages d'insultes et de reproches"

Si Martin a débarqué cette nuit-là, sa hache au bout du bras, ce n’était pas un hasard, assure son ancienne compagne. En fin de soirée, il était déjà passé devant chez Sabrina. La jeune femme rentrait d’un verre avec une connaissance. Ils étaient tous les deux sur le pas de la porte. "Il a fait semblant d’avancer et de reculer avec sa voiture avant de repartir en vitesse. Plus tard ce soir-là, j’ai reçu des messages d’insultes et de reproches", affirme-t-elle.

L’histoire de Sabrina et de Martin est d’une tragique banalité. D’une normalité qui fait froid dans le dos. En 2016, 15.000 plaintes pour violences conjugales ont été déposées en Wallonie. Quarante par jour. Si Sabrina a saisi son clavier pour contacter la rédaction, via le bouton orange Alertez-nous, c’est parce qu’elle voulait attirer l’attention sur la polémique ; mais aussi pour passer un message au monde judiciaire : "Faut-il qu’il arrive un meurtre pour qu’ils réagissent enfin ?"


Sabrina a l'impression d'être seule dans cette épreuve

"J’ai été en couple pendant sept ans avec ce monsieur, raconte Sabrina. Nous avons un enfant de cinq ans. Sur la fin de la relation, sur le dernier mois, il a déjà été violent. C’est à ce moment-là que nous nous sommes séparés". Sabrina est partie avec son enfant, il y a un peu moins d’un an. Elle a obtenu l’hébergement principal de l'enfant devant la justice (mais toutes les voies de recours n’ont pas été épuisées). "Mais il ne supporte pas que j’envisage de refaire ma vie, suppose Sabrina. Une première fois déjà, j’avais été boire un verre avec un ami, il avait donné des coups de pieds sur ma voiture".

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Au quotidien, Sabrina n’est pas rassurée. Elle ne sait pas de quoi son ex-compagnon est capable. "A tout moment, il peut boire et de nouveau péter un câble", craint-elle. Et elle a l’impression d’être seule dans cette épreuve. "Quand il a été emmené pour avoir détruit ma voiture, j’ai appelé douze heures après pour voir où ça en était. Ils m’ont dit qu’ils venaient de le relâcher".

Ce qui perturbe Sabrina, c’est cette impression que rien n’empêchera Martin de recommencer. "S’il y a un problème, je dois les appeler. Mais il faut toujours appeler après le problème". Et la jeune femme d’exprimer un important sentiment de découragement quand on lui demande d’imaginer la suite. "S’il n’a rien eu après avoir défoncé ma voiture, il n’aura jamais rien. Je trouve ça désolant de voir qu’on peut détruire le véhicule de quelqu’un sans sanction. Il y avait déjà eu des menaces de harcèlement, là ça fait beaucoup quand même".


Que peuvent faire les victimes ?

Fin 2017, une maman qui vivait une situation similaire à celle de Sabrina nous avait contactés. Elle évoquait des violences infligées par un ancien conjoint ne vivant plus avec la victime. Nous avions demandé à différents spécialistes quels étaient ses moyens de défense. "Il est possible de porter plainte avec des images à l’appui. Il faut le faire le plus tôt possible et à chaque fois qu’un nouveau fait se produit", assurait le commissaire Olivier Slosse. Même discours du côté d’une avocate spécialisée dans les violences conjugales. En cas de violences physiques, l’avocate rappelle l’importance d’aller faire constater les coups chez un médecin.

Autre ressource à disposition : la ligne d’écoute violences conjugales (0800/30.030). Jean-Louis, responsable, précise qu’appeler et faire part de ses problèmes de manière anonyme peut aider. De plus, le personnel de cette ligne peut aider la victime à mettre en place un dispositif de défense.

Par ailleurs, nous rappelions aussi qu’il existe, dans toutes les zones de police de Belgique, un service d’assistance policière aux victimes. Ce service peut agir comme un intermédiaire et ainsi faciliter la communication entre la victime et les services de police.

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