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Maude dénonce la crasse autour du "Lac bleu" à Sprimont: "Beaucoup vont le nettoyer, mais c’est à chaque fois pareil"

Lac, Sprimont

C’est une scène de désolation que nous a envoyée Maude via le bouton orange Alertez-nous. Cette habitante de la région de Liège a l’habitude de se promener autour du lieu-dit "Le Lac bleu", à Sprimont. Elle a constaté qu'il était de plus en plus sale. Pourtant, l’endroit est privé, mais de nombreux visiteurs s’aventurent quand même dans cette ancienne carrière. De son côté, la commune tente de trouver des solutions face au problème. L’exploitant du site indique lui que les choses pourraient fortement changer dans les prochains mois.

Cela fait de nombreuses années que Maude a l’habitude de se balader dans les alentours du "Lac bleu" à Sprimont. Un endroit qui lui semble quasiment paradisiaque: "Quand on va là, on se croit en vacances, avec les rochers, l’eau qui est bien bleue. On habite une région où on n’a pas énormément de lieux super comme ça." Pourtant, depuis un certain temps, elle doit bien constater que les déchets s’amoncellent de plus en plus sur le site. "Il y a des canettes, des bouteilles en verre", déplore-t-elle. Et le tableau ne s’arrête pas là: papiers, couverts, pneus, sacs poubelles et déchets en tout genre jonchent en de nombreux endroits le sol, ou trempent dans l’eau.


"Pas de respect pour la nature"

Maude pointe du doigt le manque de respect dont font preuve ceux qui foulent les mêmes sentiers qu’elle. "Ce sont des gens qui n’ont pas de respect pour la nature. S’ils agissent déjà comme ça à l'extérieur, je me demande comment c’est chez eux, je n’oserais même pas aller boire un café chez eux." Pour elle, un petit effort de chacun permettrait de limiter le problème. "Il suffit de déposer les bouteilles dans la bulle à verre, de prendre un sac bleu avec soi… Ça ne coûte rien. Bien sûr, c’est pénible de reprendre ça en voiture, mais si tout le monde faisait comme ça, il n’y aurait pas de crasse."

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Maude se sent impuissante. "Je trouve que c’est un peu laissé à l’abandon! Et c’est dommage parce que c’est un endroit magnifique." La jeune femme de 25 ans vient de déménager à Seraing, mais elle compte bien encore se rendre au "Lac bleu". "Je suis enceinte, et plus tard, je veux pouvoir faire découvrir ce lieu à mes enfants, en balade, ça sera agréable, ça donne envie. J’adore me balader là-bas, tous les connaisseurs adorent."

S’il n’y a pas de démarche derrière, deux semaines après, ça sera déjà rebelote

Le lieu a déjà été nettoyé à de nombreuses reprises, mais rien n’y fait, les déchets reviennent toujours. "J’ai une connaissance qui l'a fait il y a deux ans. Il y en a qui vont régulièrement avec des sachets pour le nettoyer, mais c’est à chaque fois pareil". Cette fois-ci, Maude aimerait elle aussi s’investir, et prendre un sac poubelle avec elle. "On est en train de s’arranger pour faire ça ce mois-ci ou le mois prochain. On a partagé notre initiative sur le groupe Facebook de la commune, et de nombreuses personnes ont réagi positivement", se réjouit-elle. "Mais s’il n’y a pas de démarche derrière, deux semaines après, ça sera déjà rebelote."


Un lieu interdit au public

Pourtant, il faut tout de même préciser qu’il s’agit là d’un lieu privé, où ne peuvent normalement pas venir les visiteurs. "Je n’étais même pas au courant. Il n’y a aucune barrière par le chemin ou je suis passée", se défend Maude. Le bourgmestre de la commune, Luc Delvaux, le martèle par contre: il est interdit de se rendre dans cet endroit. "Le site est dangereux, sauvage, et il n'est pas aménagé pour la baignade. Vu les beaux jours, il y a des jeunes qui veulent y aller, mais c’est un endroit privé qui ne doit pas être fréquenté."

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Il tient tout de même à tempérer ses propos: "On sait bien qu’il y a un petit peu de public responsable qui circule pour juste prendre des photos parce que le site est très beau. Ces personnes-là sont d'ailleurs souvent tolérées par les exploitants, parce qu’il n’y a aucun dommage après leur passage. Mais à côté de cela, il y a un gros manque de respect de la part des autres visiteurs. Si le site devient pollué c’est parce qu’il y a une présence du public, qui n’est pas souhaitée par le propriétaire."

On est toujours en partie responsable en cas d’accident

Le propriétaire, ce sont en fait les carrières de Sprimont. Le site était autrefois exploité pour sa pierre. Mais les activités ont ensuite cessé parce que ce genre de pierre n’était plus rentable. Quoiqu’il en soit, le responsable des carrières l’assure, le site est protégé par un grand nombre de barrières et de treillis. "Tout est fermé, tout est cloisonné. Faire plus, c’est difficile", explique-t-il. Mais il le sait bien, vu la grandeur du site, ceux qui veulent vraiment y accéder trouvent toujours un moyen, parfois en sectionnant les treillis. Ce qui lui pose problème, c’est évidemment la question de la sécurité. "Même si on met tout ce qu’il faut comme panneau d’interdiction, on est toujours en partie responsable en cas d’accident."


La police a déjà fait des contrôles

Il en est conscient, ce genre de problème se répète depuis de nombreuses années, à chaque fois que la belle saison revient. Plusieurs solutions ont déjà été envisagées, comme par exemple vider le lac. "Mais ça a été refusé au niveau de l’environnement", explique Luc Delvaux, le bourgmestre de Sprimont. Il a également organisé des opérations coup de poing dans le passé. "On s’est réunis avec les zones de police, les TEC et le propriétaire. On a fait des contrôles au niveau des bus et des contrôles des jeunes qui voulaient accéder au site."

Que faire alors pour tenter de débloquer la situation, qui s’enlise? Notre alerteuse, Maude, estime qu’il faut avant toute chose veiller à la propreté du site. "On a déjà proposé à la commune d’installer des poubelles dans la propriété. Ça serait quand même mieux que de laisser les gens jeter tous leurs déchets par terre. On a aussi pensé à installer des caméras, mais rien n’a été fait." 

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Le bourgmestre se justifie. "Le problème de la caméra, c’est qu’il faut visionner les vidéos en permanence, et stocker les fichiers. Que faire ensuite? C’est assez compliqué, finalement." Installer des poubelles n’est pas non plus une solution selon lui, à nouveau parce que le site est bel et bien privé. "Si vous en installez, ça va inciter les gens à venir encore plus. Ils voudraient qu’on en fasse quelque chose de public, d'autorisé à la baignade, mais la commune n’a pas ce désir."


Des tirs de paintball sur le site

Le responsable des carrières de Sprimont collabore avec la commune pour trouver des solutions. Il agit également de son côté. "On ne peut évidemment pas y mettre une garnison de police toute la semaine. Mais j’ai autorisé un groupe d’amis à occuper le site le week-end. Ils font un espèce de tir de paintball. Je les laisse faire ce genre de sport pour qu’il y ait quelqu’un sur place, pour que le site soit gardé."

Il le précise, si des bénévoles, comme Maude, sont motivés pour venir nettoyer le site, ils sont les bienvenus. "Mais il y a tout de même beaucoup moins de déchets qu’avant", ajoute-t-il. "Ce n’est pas du tout abandonné, on essaie même de le nettoyer tous les mois."


"La solution on ne l’a pas encore"

Le bourgmestre de Sprimont en est conscient, il y a encore beaucoup de travail à faire. "La solution on ne l’a pas encore vraiment", admet-il. Il n’exclut pas d’organiser d’autres descentes de police prochainement, s’il estime que c’est nécessaire. "Même si je comprends que l’endroit est très agréable", conclut-il.

De son côté, le responsable des carrières pense par contre que les choses pourraient rapidement changer, et cela risque de décevoir de nombreuses personnes. "On pense remettre le site en activité prochainement. Ça redevient rentable, et ainsi, on va pouvoir être vraiment tranquille, parce qu’il y aura à nouveau une activité."

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