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Mike abime sa voiture dans un "cratère" mais impossible de se faire indemniser: "On paye et ils ne veulent rien faire ? C'est inadmissible"

Mike abime sa voiture dans un "cratère" mais impossible de se faire indemniser: "On paye et ils ne veulent rien faire ? C'est inadmissible"
 
 

Ce Carolo pensait que son petit accident causé par un nid-de-poule serait vite réglé. Après tout, il est assuré. Après un combat d'un an, le verdict est tombé : il ne sera pas indemnisé. Décidé à faire valoir ses droits, Mike témoigne sur son expérience via le bouton orange Alertez-nous.

En partant du travail, en route pour se rendre chez une amie, Mike ne se rend pas encore compte qu'un petit accident va l'entrainer dans combat d'un an pour récupérer son argent. "J'ai pris un chemin tout à fait praticable" nous explique-t-il, "cette route avait différents trous, donc je roulais calmement". La prudence de Mike n'a vraisemblablement pas suffi : "Juste après un tournant, je suis passé dans un énorme trou, un cratère plutôt. J'ai abîmé directement le pneu et la jante. J'ai même dû demander un dépannage" se souvient amèrement Mike. Pourtant, les problèmes ne font que commencer.

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(c) Alertez-nous

Mike n'en doute pas, c'est l'état de la route, déplorable, qui a provoqué l'accident : "Le trou était énorme, il y avait un panneau 'route dégradée' qui n'était plus visible". L'automobiliste décide donc de faire intervenir son assurance, pour rembourser les coûts de réparation, qui se montent à "entre 400 et 500€", dit-il. La multitude de clichés des dégâts et de la rue accompagnent toute une série de documents habituels : "L'assurance m'a demandé d'aller au bureau de police et j'ai obtenu les documents du garage", raconte-t-il. La pénible procédure a duré plus d'un an : "Ça a trainé… J'ai dû renvoyer des documents, puis ils n'ont plus donné de signes de vie. Pour finir la commune a dit que ce n'était pas abîmé".

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(c) Alertez-nous

Le verdict s'est fait attendre, mais lorsqu'il est arrivé, ce fut la déception : "Il appartenait à votre assuré d'être prudent et vigilant et d'adapter sa conduite à la configuration des lieux" indique la lettre envoyée par l'assurance de la ville de Charleroi, à celle de Mike. Malgré tous les documents envoyés une deuxième fois, la position de l'assurance adverse ne changera pas : Mike devait faire plus attention, et ne sera pas indemnisé.

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(c)Alertez-nous

"C'est malheureux, parce qu'on paye tout ce qu'il faut, on est en règle d'assurance, je n'ai pas d'antécédents et maintenant ils ne veulent rien faire ? C'est inadmissible" insiste Mike.

Comment se faire faire indemniser ?

Est-il impossible de se faire rembourser après un accident dû à la voirie ? Cela dépend de nombreux facteurs, mais Assuralia nous explique qu'il est possible d'éviter ce genre de problème : "Il n'y a qu'une seule assurance qui couvre ce type de dégâts, c'est l'assurance omnium" précise Nevert Degirmenci, porte-parole. Celle-ci couvre tous les dégâts sur un véhicule, y compris à la suite d'un accident pour lequel on est responsable. Cette solution est à envisager pour les véhicules neufs, ou quasi neufs : "Pour des véhicules de plus de 10 ans, ça ne vaut pas vraiment la peine parce que ce sera beaucoup trop cher" clarifie Nevert Degirmenci. Le véhicule de Mike ayant un certain âge, il a eu raison de ne pas souscrire à cette assurance-là.

Pour des véhicules de plus de 10 ans, ça ne vaut pas vraiment la peine

La deuxième solution consiste, comme Mike a tenté de le faire, à essayer de récupérer les coûts via le gestionnaire de la voirie. "Pour trouver le gestionnaire de la voirie, il faut vérifier où l’incident s’est produit. Il faut se tourner vers l’autorité publique : s’agit-il de la commune, de la province ou de la Région ? Il faut identifier ce gestionnaire pour introduire son dossier et espérer obtenir des indemnités liées à la réparation du véhicule", précise la porte-parole d’Assuralia.

Pour que le dossier soit le plus complet possible, Nevert Degirmenci conseille de "porter plainte, pour obtenir un constat de la police, prendre des photos, établir des devis ou des factures de réparations et éventuellement même de rassembler des témoins, s'il y en a eu", afin de prouver que les dégâts sur la voirie ne sont pas prévisibles.

L'ultime recours : la justice

Malgré les efforts de Mike, cette solution n'a pas abouti. Il ne reste alors qu'un seul recours : celui de la justice. Selon l'avocat Paul-Henry Delvaux, "la ville est responsable de la voie, pour autant que ce soit suffisamment important". Chaque dossier dépend d'une multitude de facteurs, mais l'important reste toujours la prévisibilité de l'accident.

La question est de savoir si l'accident était prévisible ou pas

Il est possible de se retourner contre la ville pour obtenir gain de cause, mais pour cela il faut s'y préparer au mieux : "Il faut des photos de l'endroit, dans les conditions de l'accident, en tenant compte de l'orientation du soleil, du conditions météorologiques. La question est de savoir si l'accident était prévisible ou pas" clarifie Paul-Henry Delvaux. À cela, il est bon d'ajouter un procès-verbal de la police.

Pour autant, l'avocat déconseille à Mike de se lancer dans ce procès : "Pour 400€, on ne fait pas de procès avec un avocat. Ça va lui couter entre 600 et 800€".

MISE A JOUR 24/8:

Peu avant la publication de notre article, Mike a appris que la compagnie d'assurance de la commune avait finalement décidé de prendre en charge les frais. 


 

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