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Olivier, cycliste démoralisé: des parents se garent sur la piste cyclable pour déposer leurs enfants devant une école à Woluwe

Olivier, cycliste démoralisé: des parents se garent sur la piste cyclable pour déposer leurs enfants devant une école à Woluwe

Tous les matins, Olivier se rend au boulot à vélo. Ce Bruxellois passe devant une école située à Woluwe-Saint-Lambert où des parents s'arrêtent sur la piste cyclable. La manœuvre l'oblige à contourner les voitures et à se mettre en danger. Une situation qu'il juge désolante. Dernier épisode en date: il a failli en venir aux mains avec un parent d'élève.

"Il y a des jours où je me dis qu'il faut arrêter le vélo à Bruxelles. Cela revient à mettre sa vie en danger." Olivier est un cycliste bruxellois excédé. Tous les matins, lorsqu'il se rend au boulot à vélo, cet homme de 29 ans "risque sa vie", selon lui. En cause, des parents qui déposent leurs enfants aux abords d'une école à Woluwe-Saint-Lambert. Il nous écrit via le bouton orange Alertez-nous: "Ras-le-bol de voir chaque matin des parents stationner sur la bande pour les cyclistes devant l’école Sainte-Jeanne de Chantal." Pour bien comprendre la situation que rencontre Olivier, voici une photo illustrant l'endroit de la discorde:

V2

"Ça allait partir en cacahuète"

Malgré la présence d'un "Kiss & ride", une zone permettant de faciliter et sécuriser les arrivées et départs des enfants (voir photo ci-dessus), de nombreuses voitures barrent la piste cyclable, selon Olivier, agent pour Bruxelles-Propreté.

Deux

Il nous raconte son dernier trajet en date: "Aujourd'hui, c'était la fois de trop. J'ai juste levé ma main en signe d'agacement en contournant les véhicules stationnés sur la piste cyclable. Une dame s'est même excusée. En revanche, un autre parent d'élève s'est permis de me dire, depuis sa grosse voiture sportive, qu'il n'en avait rien à foutre." Les événements auraient pu dégénérer. L'homme derrière le volant a accéléré pour rattraper notre cycliste avant de se mettre au travers de sa route. "Qu'est-ce qu'il y a? T'as pas d'enfants, toi?", m'a-t-il dit: "Il était agressif donc j'ai décidé de continuer ma route sinon ça allait partir en cacahuète. Je voulais me rendre à la police mais ça ne servirait à rien", ajoute le cycliste.


"Où sont les policiers?"

Olivier précise qu'il rencontre ce problème quotidiennement. "Si c'était une fois ou deux de temps en temps, pas de souci. Mais là, c'est tous les jours. Les parents et enfants qui circulent à vélo comme moi sont paniqués. Nous sommes obligés de mettre notre vie en danger pour pouvoir contourner ces voitures. Ils sont en infraction, ce n'est pas normal. C'est un manque de respect". L'habitant d'Evere pointe aussi du doigt d'autres aspects de la problématique: "A l’heure où on manifeste pour le climat, j’ai encore bien l’impression que les cyclistes ne sont pas admis parmi les usagers de la route. Où sont les policiers qui peuvent sanctionner ce genre de comportement aux abords des écoles car cela est tous les matins le même cinéma?"


Placement prochain d'un panneau rappelant l'interdiction de s'arrêter

L'école Sainte-Jeanne de Chantal est une école privée qui ne dépend pas du réseau communal. Hélène de Cock, assistante de direction de l'établissement scolaire, explique que l'établissement est conscient de la problématique: "Nous essayons de mettre, avec les moyens dont nous disposons, le plus d’éléments possible en place pour sécuriser les abords de l’école". Elle développe: "Une présence quotidienne de notre part, essayant de fluidifier le trafic, et ce malgré les agressions des parents. Une info-lettre mensuelle rappelant aux parents de respecter le code de la route" est également distribuée. Du côté des autorités, la situation est également connue. Cécile Arnould est la cheffe de cabinet du bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert, Olivier Maingain. Elle fait savoir: "Les gardiens de la paix ont déjà signalé au service communal de la mobilité le fait qu’il y a parfois des ennuis de circulation le matin lorsque les parents déposent leurs enfants. Notamment parce qu’il y a, entre cette école et le bâtiment qui se trouve juste à côté, un espace vide où certains parents se garent, encombrant de ce fait la piste cyclable qui longe l’école." 

Opération post-vacances

Le service communal de la mobilité a d’ailleurs prévu de placer très prochainement, à cet endroit précis, un panneau rappelant qu’il est interdit de s’y arrêter et d’y stationner. Le cabinet du bourgmestre ajoute via Cécile Arnould: "Dans les semaines qui suivent les congés scolaires les gardiens de la paix et les services de police mènent aussi près des écoles une opération nommée 'back to school' qui est centrée sur le problème de respect du stationnement par les parents qui déposent ou reprennent des enfants. Une telle opération est prévue à l’école Sainte-Jeanne de Chantal, en mars, la semaine qui suit le congé de carnaval." Les autorités communales concluent: "Il est demandé à la police et aux gardiens de la paix d’être plus attentifs à ce site pour vérifier quelle est la problématique et étudier comment renforcer la sécurité à cet endroit."

116 euros d'amende

Pour rappel, le non-respect de cette règle du Code de la route constitue une infraction du 2e degré. Benoît Godart, porte-parole de Vias, développe: "Il est interdit de mettre un véhicule à l'arrêt ou en stationnement à tout endroit où il est manifestement susceptible de constituer un danger pour les autres usagers de la route ou de les gêner sans nécessité. Notamment sur les pistes cyclables et à moins de 3 mètres de l'endroit où les cyclistes et les conducteurs de cyclomoteurs à deux roues sont obligés de quitter la piste cyclable pour circuler sur la chaussée ou de quitter la chaussée pour circuler sur la piste cyclable (…)" Toute personne se rendant coupable de ce type d'infraction est susceptible de recevoir une perception immédiate de 116 euros.

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