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Olivier, gérant d'une société à Marcinelle, a été touché par l'attaque informatique: "J'ai pleuré comme je n'ai jamais pleuré"

Une attaque informatique massive touche des dizaines de pays à travers le monde, provoquant le chaos dans des entreprises et des services publics. Olivier, gérant d'une société basée à Marcinelle, a été touché par le piratage. "C'est une attaque terrible. C'est comme si on avait subi une attaque à main armée", nous a-t-il confié via le bouton orange Alertez-nous. Le mode opératoire de la cyberattaque est de verrouiller les fichiers de l'utilisateur et de lui réclamer une rançon pour lui rendre l'accès. Olivier nous explique ce qui s'est passé et ce qu'il a fait pour tenter de sauver ses fichiers et son activité, désormais à l'arrêt.


"C'est une propagation invraisemblable"

Olivier dirige avec son frère une entreprise établie à Marcinelle. Elle fournit des produits divers, tels que des emballages ou de la vaisselle jetable, principalement dans le secteur de l'horeca. Il est 14h07 ce vendredi lorsque notre témoin remarque une activité suspecte sur les serveurs de son entreprise. "On a six postes informatiques connectés. Il y a 20.000 dossiers dans notre serveur, et le virus a quand même réussi à dupliquer son exécutable (NDLR: fichier contenant un programme et identifié par le système d'exploitation en tant que tel) dans tous les dossiers. C'est une propagation invraisemblable", explique Olivier. "Le serveur est complètement atteint, toutes les images, tous les fichiers Excel, les processus de lancement... je n'ai même plus accès aux numéros de téléphone de mes clients", confie Olivier.

Le gérant remarque que tous les fichiers images, dont l'extension est ".jpeg", se terminent désormais par ".jpeg.wncry". "Wncry", ce qui voudrait dire "wait and cry" en anglais, soit "attendre et pleurer".

Heureusement, il réagit rapidement. Il coupe son service informatique, internet et les communications entre les ordinateurs vers 15h, pour mettre ses bases de données à l'abri. Ce samedi matin, il est en pleine opération de sauvetage. "Je vais essayer de récupérer tout ça, mais je ne suis pas sûr de pouvoir y avoir accès, même en ayant sauvé mes bases de données, on va voir ça aujourd'hui", explique-t-il. "J'ai une sauvegarde sur un disque dur externe, qui apparemment n'a pas été atteint. J'ai donc une sauvegarde, mais je ne sais pas si je pourrai la réinstaller", ajoute-t-il.


Une catastrophe pour la petite entreprise

La société d'Olivier emploie huit personnes. Pour la petite structure, cette attaque pourrait être catastrophique. "Je dois vous avouer que vendredi, j'ai pleuré comme je n'ai jamais pleuré de ma vie", confie le gérant. "La semaine qui vient on doit fournir nos clients, comment est-ce qu'on va faire? Il y a le respect du client, mais je m'inquiète aussi pour les personnes qu'on emploie", précise Olivier. "Actuellement, on est obligé de fermer la porte, on ne sait pas travailler sans ordinateur. Il y a tellement de paramètres et de taxes à calculer qu'on est obligé de se fier à l'informatique, on ne peut pas bêtement vendre", explique notre témoin.

Choqué par ce piratage, Olivier invite toutes les personnes à faire très attention pour éviter que le virus ne se propage davantage. "Que ce soit des fichiers envoyés par email, ou même des fenêtre publicitaires pop-up... Il faut une prise de conscience mondiale. Car une attaque à grande échelle peut impacter beaucoup d'entreprises et de structures", explique-t-il.

Le Centre pour la Cybersécurité (CCB) a confirmé samedi que l'attaque informatique dont a fait l'objet Olivier fait bien partie la cyberattaque mondiale.

@David Fourmanois

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