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Plus de chauffage dans une école de Charleroi: "On vient en cours avec des couvertures"

Plus de chauffage dans une école de Charleroi:
 
 

Les élèves d’une école primaire de la région de Charleroi sont privés de chauffage depuis plus de quinze jours. Une panne qui concerne aussi les étudiants d’un institut de promotion sociale qui utilisent les mêmes bâtiments, le soir venu. La Ville assure avoir pris les dispositions nécessaires.

Des planches de bois pour barricader les fenêtres, comme dans un western. Des mètres et des mètres de câbles électriques qui serpentent dans les couloirs. Des étudiants qui viennent en cours avec leur couverture. Voici le quotidien des élèves de l’école fondamentale communale du Fond Jacques de Couillet, dans la région de Charleroi. La chaudière est hors d’usage depuis mi-novembre. Les salles de la classe sont donc chauffées via de petits radiateurs électriques. Et au milieu de la cour de récréation, pour alimenter le tout : un groupe électrogène. C’est Justine, étudiante en première année de bachelier de secrétariat de direction aux Cours Industriels et Commerciaux de Couillet , qui a contacté la rédaction via la page Alertez nous. Elle suit des cours dans cet établissement de promotion sociale. Comme l’infrastructure est trop petite pour accueillir tous les étudiants, certains cours sont donnés, le soir, dans l’école primaire voisine, l’école fondamentale communale du Fond Jacques. Et c’est là que le bât blesse.


"Des cables jonchent le sol, les fenêtres sont barricadées comme dans Walking Dead"

Le 16 novembre dernier, la chaudière qui dessert l’école primaire est tombée en panne. Pour les étudiants de promotion sociale comme pour les élèves de primaire, il a alors fallu se débrouiller. "Des petits bouts de chou doivent aussi suivre leurs cours de jour dans des conditions déplorables, explique Justine. On utilise des moyens du bord. Des câbles jonchent le sol partout dans le couloir, des fenêtre barricadées à la "Walking Dead" qui restent ouvertes et provoquent des courants d’air,…"

couillet fenetre
Les fenêtres sont barricadées mais restent ouvertes pour avoir accès au groupe électrogène extérieur. Cela provoque des courants d'air dans les couloirs.

couillet cables
Les élèves doivent passer par cette "jungle" de cables pour accéder aux classes et aux toilettes


Certains viennent suivrent les cours...avec leurs couvertures

"On en a parlé à la direction de l’école qui ne peut rien faire à part attendre. C’est la ville qui doit bouger. Mais la situation devient pressante. Nous arrivons aux examens et nous avons déjà perdu du temps. La semaine dernière, les cours se terminaient à 19h30 à la place de 21h parce qu’il faisait trop froid. La situation ne peut plus durer" poursuit Justine. Et la jeune fille de poursuivre le tableau : "pour les cours du soir, certains viennent directement avec leurs couvertures. Et cela doit être pareil pour les petits de primaire, parce qu’il y a des pantoufles et des couvertures qui restent dans la classe".


Une nouvelle chaudière à 43 000 euros

Les deux établissements possèdent le même pouvoir organisateur : la Ville de Charleroi. Au cabinet de l’échevin des bâtiments, on nous confirme que "le problème a été signalé le 17 novembre. Dès le lendemain, le service des travaux a installé des chaufferettes électriques et un groupe électrogène pour assurer le chauffage des locaux". En ce qui concerne une nouvelle chaudière, cela va encore prendre un peu de temps. "Le corps de chauffe de la chaudière était fendu et impossible à réparer en interne. Cela signifie qu’il fallait faire appel à une société externe, précise-t-on au cabinet de l’échevin des bâtiments Eric Goffart. C’est de l’argent public et quand on parle d’argent public, il y a des procédures à suivre. Dans le cas précis, on parle d’un coût de 43.000 euros. Ce n’est pas rien".


Marché public = délais incompressibles

La procédure en question passe par un appel d’offres. La décision doit être avalisée par le collège communal avant de passer au conseil communal. Cela peut prendre plusieurs mois. Dans ce cas précis, la Ville a pu accélérer les choses. "Il existe une procédure d’urgence, détaille le cabinet d’Eric Goffart. Ici cela coule de source : un problème de chauffage, dans une école, en plein hiver…Le remplacement de la chaudière a été notifié au collège communal ce matin. Cela passera en conseil dans le courant du mois de décembre et la nouvelle chaudière sera installée en janvier".


La Ville n'a pas perdu de temps

Peut-on reprocher à la Ville d’avoir perdu du temps ? Non, selon Dirk Peytier, président de l’association des installateurs de chauffage à Bruxelles. "Dans ce genre de cas, même avec une procédure d’urgence, il faut compter entre une et trois semaines pour le cahier des charges et un mois pour l’adjudication. Pour le domaine public, cela me paraît être un délai raisonnable. Un mois et demi à deux mois, c’est assez rapide par rapport à d’autres administrations." Avis appuyé par le cabinet de l’échevin de l’enseignement. "Une chaudière, cela ne se place pas en quelques jours. Et il faut aussi préciser que dans les budgets qui ont été validés récemment, il y a de nombreux postes dévolus aux remplacements des chaudières dans les écoles".




 

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