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Sandrine et sa fille veulent profiter du soleil dans un espace vert à Schaerbeek: "Nous avons dû slalomer entre les déchets"

Sandrine et sa fille veulent profiter du soleil dans un espace vert à Schaerbeek:

Sandrine a voulu profiter des premiers rayons de soleil de l'année avec sa petite fille dans les nouveaux espaces extérieurs du square Apollo, dimanche à Schaerbeek. Dès leur arrivée, elles ont été scandalisées de voir les déchets laissés par d'autre familles. Pour la commune, le souci est réel à divers endroits, surtout là où la densité de population est la plus importante. Des sanctions existent, mais ce n'est souvent pas le moyen le plus efficace.

Avec les beaux jours reviennent les activités extérieures. Mais ces moments de bonheur sont parfois émaillés de constats décevants, comme ce fut le cas pour Sandrine qui a essayé de profiter des premiers rayons de soleil à Schaerbeek, au niveau du square Apollo le week-end dernier. "Nous avons voulu aller jouer un peu sur la petite place fraîchement rénovée avec ma fille, et nous avons dû slalomer parmi les détritus jetés sans honte sur le sol et dans les espaces verts par les familles installées sur les murets", déplore cette maman via le bouton orange Alertez-nous, photo à l'appui.

Pour la commune, la lutte pour un comportement respectueux et responsable est primordiale, d'autant que plusieurs projets ont été menés pour mettre des espaces verts à disposition des familles. "On va continuer à développer des espaces, parce que c'est bien pour la commune, bien pour les riverains. Et qu'il y ait de petites places, petits parcs et petites plaines de jeux dispersées ça et là, et que les gens sortent dès qu'il fait beau, c'est très bien. Evidemment, on sait qu'il y a le revers de la médaille, et qu'après on devra passer derrière. C'est un gros problème, et on sait qu'on doit mettre les bouchées doubles dans certaines zones", nous a indiqué Marc Weber, chef de cabinet du bourgmestre.


Un déchet = une amende de 75 euros

La maman qui nous a contactés s'interroge sur la solution à apporter. Car, selon les constatations faites ce dimanche, les contrevenants ne semblent pas du tout préoccupés par les déchets qu'ils laissent derrière eux. "Un moment, une patrouille de police est arrivée, sans doute appelée par un promeneur ou voisin mécontent comme nous. Ce beau petit monde s’est vite levé et éparpillé, le temps que la patrouille s’éloigne, pour ensuite se réinstaller sans scrupules", déplore-t-elle.

"Le souci, c'est qu'il faut prendre quelqu'un sur le fait pour verbaliser, et ce n'est pas toujours évident", reconnaît Marc Weber, avant d'insister sur le risque que courent les personnes qui ne semblent pas connaître l'existence de poubelles. "Un papier jeté à terre, ou une canette ou un mégot de cigarette, c'est 75 euros. Certains éprouvent des difficultés à payer cela, c'est déjà une belle somme. Et pourtant, juste sanctionner ne suffit visiblement pas pour que les gens adoptent un comportement plus propre".

A cela, il faut ajouter que les témoins qui ne supportent pas d'observer de tels comportements ne savent pas toujours vers qui se tourner. Pire: dans certains cas, ils n'osent pas. "Vers qui se tourner? On ne sait pas ! Et sur place, on éprouve un sentiment d’impuissance, et une impunité totale pour ces personnes sales... C'est délicat car quand on se retrouve là, on a parfois peur d’intervenir, par crainte d’éventuels ennuis ou représailles par la suite. Il faut savoir que ce sont parfois de gros groupes de personnes. Quand ils sont 15 ou 20, ce n'est pas rassurant", remarque encore Sandrine.


Agents de police et gardiens de la paix peuvent verbaliser

Ces soucis, les personnes habilitées à agir y sont également confrontées. "Les gardiens de la paix sont confrontés à divers problèmes. Parfois les riverains ne comprennent pas le français et disent 'oui oui', puis jettent quand même leurs papiers au sol. Dans des cas plus extrêmes, ils doivent faire face à des insultes, voire de la violence physique. Ca c'est déplorable et scandaleux", confie Marc Weber.

Outre les gardiens de la paix, les agents de police sont également compétents pour dresser un PV s'ils voient une personne jeter un déchet à terre. "Mais pour la police ce n'est pas facile, car ils ont bien souvent autre chose à faire que d'aller se promener dans un parc", nous dit-on à la commune.

Si les sanctions font partie des moyens utilisés pour lutter contre les incivilités, elles ne sont généralement pas suffisantes pour, à elles seules, apporter un changement de comportement notable sur le terrain. "Il y a une multitude d'actions à mettre en place, et ce n'est que l'ensemble de ces actions conjointes qui portera ses fruits", détaille Marc Weber. "Bien sûr il y a la répression, mais il faut aussi de l'éducation, de la sensibilisation et du nettoyage. Ce n'est que tout cela mis ensemble qui pourra amener plus de propreté".


Sensibilisation et éducation privilégiées par les autorités

Les communes urbaines sont donc confrontées à cette nécessité de sensibiliser, éduquer. Un travail de longue haleine, mais inévitable pour rendre des quartiers plus propres, plus paisibles. Chacune d'elle tente donc de trouver des moyens pour convaincre ses habitants de ne pas s'approprier un lieu public, et d'effacer ses traces quand on le quitte. "On va tant qu'on le peut privilégier la prévention. L'année passée, par exemple, on a fait venir de petites troupes de théâtre dans des quartiers où les gens ont des comportements sales afin de les sensibiliser aux déchets sur la voie publique. Il y a encore d'autres actions qui sont menées. D'une certaine façon, on n'arrête pas et on fait le maximum pour éduquer nos citoyens. Mais ce n'est pas facile, et il faut répéter les choses, encore et encore", nous dit-on à Schaerbeek.

Une centaine de gardiens de la paix patrouillent sur le territoire de cette commune bruxelloise, en semaine mais aussi le week-end, surtout quand la météo est clémente. Lorsque des zones publiques sont jonchées de déchets suite à un après-midi ensoleillé, ce sont des ouvriers communaux qui viennent nettoyer les lieux. "Parfois encore le dimanche soir, parfois le lundi matin. Cela dépend. On essaie de faire au mieux et au plus vite, mais on ne peut pas engager de travailleurs supplémentaires parce qu'il y a un week-end où la météo est douce et ensoleillée. Donc quand on mobilise des gens le week-end, ils récupèrent le double de ce temps de travail la semaine. On doit ainsi jongler en sachant que là où on mobilise du personnel, on en retire ailleurs", explique Marc Weber.

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