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Jeanne d'Arc célèbre au Japon

 
 

Jeu vidéo, groupe de rock, restaurant: le nom de Jeanne d'Arc, comme d'autres femmes qui ont marqué l'Histoire de France, jouit d'une certaine popularité au Japon, où elle symbolise la témérité, l'action, la liberté, notamment auprès de la gent féminine.

 Les amoureux nippons de la France voient en la Pucelle la représentante d'une certaine insoumission, d'une exception. Ce sont ces deux notions qui ont conduit le chef Katsuya Handa à baptiser Jeanne d'Arc son restaurant de cuisine française du quartier de Jiyugaoka dans la partie ouest de Tokyo. "Elle est la femme qui a connu la plus tragique vie de l'histoire de France", souligne M. Handa. "En tant que chef de cuisine française, je veux transmettre cette image de la France."
Alors que la reine Marie-Antoinette est devenue l'héroïne d'un manga (La Rose de Versailles de Riyoko Ikeda), Jeanne d'Arc, elle, peut se prévaloir d'être le personnage central d'un jeu vidéo de rôle, pour console de poche PSP de Sony. Sur internet, les fanatiques s'échangent les stratégies pour permettre à la sainte d'accomplir ses tâches. D'autres mettent en ligne des illustrations très personnelles de la Pucelle  sur des sites de dessinateurs amateurs comme Pixiv. Jeanne d'Arc a aussi inspiré le nom d'un groupe de rock, Janne Da Arc, composé de cinq garçons au style rebelle et à la musique énergique. Des livres publiés en France sur Jeanne d'Arc sont également vendus sur des sites d'enchères et trouvent toujours preneurs. Dans un Japon qui se cherche un meneur, les personnages emblématiques ont un impact fort, surtout s'ils sont atypiques. Le public japonais féminin, qui s'est pressé durant des décennies devant Marie-Antoinette incarnée par des actrices de la troupe féminine Takarazuka, a également honoré en 2010 Jeanne d'Arc (interprétée par Maki Horikita), dans une mise en scène d'Akira Shirai. Pourquoi une telle notoriété? "Le Japon a besoin d'une Jeanne d'Arc", répond sur un blog le journaliste politique japonais Juro Nagata, spécialiste des relations nippo-européennes. "Depuis l'éclatement de la bulle financière et immobilière au début des années 1990, le pays ne parvient pas à s'extraire du bourbier de la morosité et du déclin. En cette période d'impasse, il espère une sainte comme Jeanne d'Arc. Alors que le monde politique n'a pas su répondre aux attentes de la population, entraînant les jeunes hommes nippons à l'inaction, inconsciemment on ressent peut-être la nécessité d'une femme qui fasse des miracles."

 

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