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La justice ouvre une enquête sur les accusations de viol et d'agressions sexuelles visant Nicolas Hulot

La justice ouvre une enquête sur les accusations de viol et d'agressions sexuelles visant Nicolas Hulot
Nicolas Hulot, le 4 septembre 2018 à ParisPHILIPPE LOPEZ
 
 

Le parquet de Paris a ouvert vendredi une enquête préliminaire après la diffusion d'une enquête retentissante de France 2 dans laquelle plusieurs femmes accusent l'ex-animateur et ancien ministre Nicolas Hulot de viols et d'agressions sexuelles, qu'il nie farouchement.

La procureure de Paris Laure Beccuau a annoncé l'ouverture de cette enquête sans qu'une plainte n'ait été déposée.

Elle suit là une habitude prise par le parquet de Paris depuis quelques années dès qu'une victime mineure est évoquée, ce qui est le cas dans ce dossier, afin notamment de vérifier s'il n'en existe pas d'autres.

Les investigations, confiées à la brigade de protection des mineurs (BPM) de la direction régionale de la police judiciaire (DRPJ), viseront à "déterminer si les faits dénoncés peuvent caractériser une infraction pénale et si, au vu de leur ancienneté, la prescription de l'action publique est acquise", a précisé la procureure.

Au moins six femmes, dont l'une mineure au moment des faits, mettent en cause Nicolas Hulot, qui a longtemps été une des personnalités préférées des Français.

Dans le reportage de 62 minutes diffusé jeudi soir dans l'émission Envoyé spécial, trois d'entre elles témoignent, deux à visage découvert.

Sylvia y dit avoir été agressée sexuellement en 1989 à l'âge de 16 ans par Nicolas Hulot, dans la voiture de ce dernier, après avoir été invitée à assister à une émission qu'il animait alors à Paris.

Cécile raconte de son côté avoir repoussé en 1998, dans un taxi à Moscou, les assauts de l'ex-animateur d'Ushuaïa qui lui "touche les seins, l'entrejambe", alors qu'elle était âgée de 23 ans.

- "Lynchage" -

Une troisième femme, qui dit avoir travaillé avec lui en 2001, raconte qu'il l'a embrassée "à pleine bouche" par surprise, après une réunion de travail.

L'enquête télévisée comprend en outre le témoignage de la militante écologiste Claire Nouvian et revient sur la plainte pour viol déposée en 2008 par Pascale Mitterrand, petite-fille de l'ancien président François Mitterrand, dont la révélation avait fait grand bruit début 2018 avant d'être classée sans suite.

Au parquet de Paris, l'un des procureurs statutairement chargés de superviser cette nouvelle enquête est celui qui avait classé l'enquête de 2008.

Deux autres femmes, l'ancienne animatrice Maureen Dor et une ex-employée de TF1, ont en outre transmis à Envoyé spécial des témoignages écrits sur des faits dont elles accusent Nicolas Hulot.

La veille de la diffusion du reportage, l'ancien ministre d'Etat du gouvernement d'Edouard Philippe (2017-2018) avait nié formellement sur BFMTV ces accusations d'agressions sexuelles et annoncé quitter "définitivement" la vie publique, pour protéger ses proches et sa Fondation des retombées d'un "lynchage".

- "Témoignages poignants" -

"J'ai honte que Nicolas Hulot ait préempté l'espace médiatique pour renverser les perspectives et prendre le rôle de victime. Son indignité, sa lâcheté, sa posture, voilà les réelles +salissures+", a écrit vendredi Claire Nouvian dans une tribune publiée dans le Monde vendredi.

Sur BFMTV, Me Alain Jakubowicz, qui défend l'ancien animateur avec Me Jacqueline Laffont, a salué l'ouverture d'une enquête.

"Je préfère évidemment ce cadre de l'enquête, des instances de police et de justice inscrites dans un cadre de droit, que le procès fait sur des chaînes de télévision avec la condamnation à la clé", a-t-il déclaré. "Le problème évidemment c'est que cette enquête (...), on en connaît déjà l'issue sur le plan juridique, c'est qu'il y a une prescription".

L'avocat a souligné que son client aurait "un certain nombre de choses à dire" aux enquêteurs et qu'il aurait "la possibilité de solliciter des auditions de témoins et d'amener des éléments à l'enquête".

"Ce que j'ai vu hier, c'est des témoignages poignants voire glaçants pour certains et qui nous rappellent la nécessité que la justice puisse faire son travail dans ces situations face à de tels actes", a déclaré le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal sur BFMTV et RMC.

Interrogé sur le fait que M. Hulot avait été soutenu en 2018 par plusieurs membres du gouvernement lorsqu'avait été dévoilée par le défunt magazine Ebdo la plainte pour viol de Pascale Mitterrand, il a expliqué qu'à l'époque, "il y a eu un soutien à l'Etat de droit, à la présomption d'innocence".

"Aujourd'hui", a jugé M. Attal, "il y a des témoignages supplémentaires qui s'ajoutent, qui n'étaient pas connus à l'époque".

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