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Lady Gaga : "Je vois Dieu chaque fois que je suis sur scène"

 
 

Lady Gaga, la diva des divas, était de passage à Cannes pour promotionner son nouvel album. Quelques semaines avant, nous avions eu la chance de la rencontrer à Los Angeles.

Quel est le message de votre nouvel album ? Il est bien plus personnel que le précédent, mais il ne s’agit pas pour autant d’un disque rempli de mélodies douces et tendres. Je fais toujours de la dance pure ! Son titre est, en fin de compte, la réponse aux questions que l’on me pose depuis des années. J’ai débarqué comme une sorte de révélation, les gens demandaient : « Mais qui êtes-vous, et qu’est-ce que c’est que tout ce cirque ? » Au fil du temps, j’ai eu le sentiment de devoir défendre ou expliquer mon travail inlassablement, alors que j’aurais simplement pu dire : « I was born this way. » (« Je suis née comme ça. ») C’était mon destin d’écrire de la musique et de suivre mes visions créatives. Votre musique est fortement influencée par les années 1980, le disco, la techno… Essayez-vous de réinventer le passé ? C’est un mélange entre la nostalgie du passé et l’art du futur. Mes influences vont de la musique industrielle et underground allemande au rock classique à la Bruce Springsteen, en passant par le heavy metal et le chant grégorien. J’ai fait beaucoup de recherches sur la psalmodie. Lorsque j’ai composé l’album, je me suis imaginée au milieu de jeunes gens troublés, mais croyants et pratiquants, qui se retrouvaient pour faire des bêtises dans des soirées clandestines au Vatican. Ce CD, c’est un peu comme une église pour les enfants polissons ! (Rires.)
La religion occupe une grande place dans votre univers. Etes-vous croyante ?
Même si j’ai été élevée dans la foi catholique, je ne crois pas nécessairement aux religions organisées. Je crois aux anges et à la spiritualité, mais ma relation avec Dieu se reflète à travers mes fans. Je Le vois chaque fois que je suis sur scène. Je demande à mon public de me donner de la force et de m’apprendre à être une meilleure artiste. L’amour est Dieu ! Les gens que je côtoie qui sont homosexuels ou persécutés par la société sont les plus spirituels qui soient. Ils me disent : « Mama Monster – c’est comme ça que mes fans m’appellent –, je prie pour être capable de faire quelque chose de ma vie, pour qu’un jour ma famille m’accepte tel que je suis. » Ils évoquent tous Dieu ! Pourtant, on parle de mes performances comme d’une foire déjantée remplie de démons, de grossièretés et de sang. Il y a tant d’amour autour de moi et tant de haine à l’extérieur… L’intimidation des jeunes à l’école et l’homophobie sont des phénomènes qui vous touchent. Qu’est-ce qui vous fait vous sentir si proche de la cause homosexuelle ? Jeune, j’avais déjà des tonnes d’amis homosexuels. Ça n’a jamais eu d’importance. Nous le savions tous, mais nous n’en parlions pas. Ils m’aimaient parce que nous avions les mêmes centres d’intérêt et non parce qu’ils étaient gay. Il n’y a pas de différence entre eux et mes amis hétéros. Vous êtes pour le mariage pour tous ?
Je suis italienne, et je suis très traditionnelle de ce côté-là ! Je me marierai un jour. Je veux une bague, une église avec des fleurs et des demoiselles d’honneur. Mais le sens légal et politique du mot est encore plus important pour moi. L’égalité doit être pour tous, quelles que soient vos orientations sexuelles. Vous venez de fêter votre 25e anniversaire. Comment vous voyez-vous à 50 ans ? J’imagine que je chanterai toujours, que j’aurai une famille et que je ferai la tournée mondiale de mes plus grands succès. (Sourire.) Apparaîtrez-vous toujours en tant que Lady Gaga ? C’est un concept intemporel ? Oui, je ne fais pas de distinction. Gaga, c’est moi, et c’est un surnom que même ma mère utilise. Mais il y a un plus grand dessein pour moi dans cet univers, il ne s’agit pas seulement de faire de la musique. Je suis ambitieuse au-delà de l’aspect commercial. Je ne me vois pas comme une mode, plutôt comme une contribution artistique. Je veux laisser une marque sur cette terre. Laquelle ? J’aimerais qu’à 80 ans, mes fans expliquent à leurs petits-enfants : « Nous n’oublierons jamais le jour où Gaga a fait son apparition, parce qu’elle était courageuse et se foutait de ce que les gens disaient. Nous l’avons aimée parce qu’elle nous a libérés. » D’où vous vient ce goût pour les tenues extravagantes ? Je me considère comme une disciple de la musique, mais aussi de la mode et des arts. Je suis une véritable documentaliste, je passe beaucoup de temps sur mon ordinateur à faire des recherches. Je décortique tout et j’y trouve mon inspiration. Je puise dans ce que je connais pour ensuite y inclure ma propre originalité. N’êtes-vous pas gênée, parfois, par l’excentricité de vos costumes ? C’est le contraire, plutôt. Je me sentirais mal à l’aise à l’idée de ne pas être autorisée à porter ce que je veux, de ne pas pouvoir être moi-même. Je ne m’habille pas seulement de cette façon pour mes clips et mes concerts, je suis comme ça tout le temps. Si l’envie me prend d’enfiler un jean et un t-shirt, je le fais, mais c’est rare. Ce n’est simplement pas moi. Vous avez défilé pour la première fois pour Thierry Mugler, à Paris. Racontez-nous… J’aime la mode et je porte de la haute couture. Je suis d’ailleurs habillée en Mugler aujourd’hui. J’ai vraiment apprécié l’expérience, c’est le rêve de toute fille que de défiler pour lui. Depuis votre première apparition, il y a trois ans, vous ne vous êtes jamais arrêtée. Comment faites-vous pour tenir le coup ? Je suis très fatiguée et je bois beaucoup de café ! (Rires.) J’aime vraiment mes fans, ils sont comme une dose d’adrénaline. C’est la meilleure des drogues. Ils sont sincèrement merveilleux, authentiques et magnifiques. Quand je prends le temps de faire une pause, ils me manquent très rapidement et j’ai besoin d’eux. Ce n’est pas une attitude narcissique, c’est plutôt un partage : sans eux, j’ai peur de mourir par manque d’inspiration. Vous ne faites donc jamais de break ?
Franchement, non ! (Sourire.) Etre seule est ce qu’il y a de plus relaxant pour moi. Je suis entourée en permanence, alors j’apprécie ces moments de solitude, comme à l’époque où je passais mon temps à composer en solitaire dans mon appartement à New York. Etes-vous perfectionniste ? Non, je déteste la perfection. Ce sont les défauts que je trouve les plus beaux. Mes chansons sont subjectives. J’essaie de créer une réaction émotionnelle et viscérale chez mon public. Je veux que mes fans s’entendent dans ma musique parce que ce sont eux qui l’inspirent. Retrouvez l’intégralité de l’interview exclusive de Lady Gaga dans Ciné-Télé-Revue du 19 mai 2011. Interview réalisée à Los Angeles par Catherine Nitelet-Vedder

 

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