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Les César sous HAUTE TENSION: voici pourquoi la cérémonie risque d'être TRÈS perturbée

Les César sous HAUTE TENSION: voici pourquoi la cérémonie risque d'être TRÈS perturbée

La 45e cérémonie des César promet d'être sous tension. Elle se tiendra vendredi dans un climat inédit, après la démission de la direction de l'Académie et alors que des féministes ont appelé à manifester contre les 12 nominations du "J'accuse" de Roman Polanski.

"J'accuse" de Roman Polanski nommé 12 fois

Arrivé en tête du premier tour de vote avec le film de Ladj Ly sur les banlieues "Les Misérables" (grand favori avec 12 nominations aussi, en incluant celle du prix du public), le thriller historique de Roman Polanski sur l'Affaire Dreyfus sera sur le devant de la scène pour les récompenses annuelles du cinéma français.

10 nominations pour le film avec Adèle Haenel

Il côtoie aussi aux sommets "La Belle époque" de Nicolas Bedos (onze nominations) et "Portrait de la jeune fille en feu" de Céline Sciamma (dix).

Mais, indignées par les nominations du film de Polanski, plusieurs associations féministes ont appelé à un rassemblement vendredi à 18H00 devant la salle Pleyel, où se tiendra la cérémonie à partir de 21H00.

Elles n'acceptent plus, tout comme une partie de l'opinion publique, que le cinéaste franco-polonais reçoive des honneurs, alors qu'il est visé depuis novembre par une nouvelle accusation de viol et toujours poursuivi par la justice américaine dans le cadre d'une procédure pour détournement de mineure lancée en 1977.

Un collectif féministe annonce un happenning

Le collectif féministe #NousToutes a annoncé notamment qu'il organiserait un happening au cours duquel il décernerait à des cinéastes "d'autres prix - moins glorieux -, afin que le rideau se lève sur la protection que leur accorde le monde des arts et du cinéma".

Quelques jours après la condamnation de l'ex-magnat d'Hollywood Harvey Weinstein - reconnu coupable lundi d'agression sexuelle et de viol -, étape importante pour le mouvement #MeToo, ce regain de la polémique Polanski fait tache.

Enfonçant le clou, l'actrice Adèle Haenel, qui a créé un séisme dans le cinéma français en novembre en accusant le réalisateur Christophe Ruggia d'"attouchements répétés" quand elle était adolescente, a estimé lundi dans un entretien au New York Times que la France avait "complètement raté le coche" de #MeToo.

"Distinguer Polanski, c'est cracher au visage de toutes les victimes"

La comédienne de 31 ans, en lice pour le César de la meilleure actrice pour "Portrait de la jeune fille en feu", a mis en garde: "distinguer Polanski, c'est cracher au visage de toutes les victimes. Ca veut dire "ce n'est pas si grave de violer des femmes"".

La réalisatrice Céline Sciamma, très impliquée dans le collectif 50/50 qui promeut l'égalité dans le cinéma, a quant à elle estimé dans le quotidien britannique The Guardian que la France était "un pays dans lequel il y a beaucoup de sexisme, et une forte culture patriarcale".

Démission collective de la direction de l'Académie

Les César sont affaiblis aussi par une violente crise qui les a secoués pendant plusieurs semaines, conduisant à la mi-février à la démission collective de la direction de l'Académie, accusée d'opacité et d'entre-soi.

Les turbulences se sont intensifiées quand plus de 400 personnalités du cinéma dont Omar Sy, Jacques Audiard ou Céline Sciamma, ont signé une tribune réclamant une "réforme en profondeur".

Ils ont critiqué des "dysfonctionnements", une "opacité" des comptes ou des statuts et un manque de parité et diversité, précipitant la chute du conseil d'administration, présidé depuis 2003 par le producteur Alain Terzian.

Le début d'un renouveau? 

Après cette démission, un conseil d'administration des César est prévu mercredi pour nommer un président ou une présidente intérimaire, qui sera déjà aux manettes vendredi pour la grand-messe du cinéma français, marquant symboliquement le début d'un renouveau.

Une assemblée générale extraordinaire sera aussi convoquée, au plus tard dans six semaines, pour permettre d'adopter une première réforme des statuts. "J'ai confiance dans notre capacité à donner un nouvel élan à l'Académie des César d'ici l'été prochain", a assuré lundi le président du Centre national du cinéma (CNC) Dominique Boutonnat, lors du dîner des producteurs des César.

Pour Marc Missonnier, vice-président de l'Union des producteurs de cinéma (UPC), eestime-t-il.


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