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Melania Trump, espoir déçu des Slovènes

 
 

A Sevnica, petite bourgade slovène où a grandi Melania Trump, les espoirs suscités il y a quatre ans par son nouveau statut ont cédé la place à une vague indifférence, à quelques jours de l'élection présidentielle américaine.

Restera-t-elle à la Maison Blanche? Dans la ville de l'énigmatique "First Lady", à une centaine de km de la capitale Ljubljana, même le maire ne prend pas ouvertement partie pour l'ex-mannequin, naturalisée américaine en 2006.

"Je ne veux pas commenter le scrutin", explique laconiquement à l'AFP Sreco Ocvirk qui, comme la plupart de ses administrés, a maintenant d'autres soucis en tête.

La pandémie de coronavirus occupe la première place dans les conversations et quand les médias slovènes évoquent le scrutin américain, c'est pour laisser poindre leur déception face au rôle effacé tenu par Melania Trump et au peu d'intérêt qu'elle a porté à son pays natal.

Rare voix enthousiaste dans le paysage politique national, le Premier ministre conservateur Janez Janza a affiché haut et fort son soutien pour Donald Trump, mais sans un mot pour les origines slovènes de son épouse.

Dans un tweet, il a étrillé Joe Biden, "qui serait, s'il était élu, l'un des présidents les plus faibles de l'Histoire américaine". Et d'ajouter: "Go, win, Donald Trump!"

- Lettres d'avocats -

En quatre ans, Melania, née Knavs, n'a jamais daigné donner un entretien dans la langue de ses ancêtres pour s'adresser aux siens.

Si elle en a gardé l'accent, elle n'évoque que très rarement son petit pays d'Europe centrale, qui a fait partie de la Yougoslavie et ne compte aujourd'hui que deux millions d'habitants.

Quand elle en parle, lors de ses parcimonieuses apparitions, c'est pour revenir sur "l'Etat communiste non-libre" qu'elle a quitté pour faire carrière en Occident. Elle n'y a d'ailleurs quasiment jamais remis les pieds.

La communication avec les Slovènes s'est limitée aux lettres d'avocats mettant en garde contre toute exploitation commerciale non autorisée du nom ou de l'image de Mme Trump, première épouse d'un président américain née à l'étranger en près de deux siècles.

Dans l'un des seuls articles consacrés, ces dernières semaines, à l'altière quinquagénaire, l'hebdomadaire Nedeljski Dnevnik revient, un brin acerbe, sur "une femme qui ne regarde jamais en arrière".

"Les politiciens et les hommes d'affaires espéraient que les liens (de Ljubljana) avec la Maison Blanche en sortiraient renforcés... las, tous ces espoirs se sont avérés illusoires", écrit le magazine.

Sevnica peut tout de même se féliciter d'avoir attiré grâce à "l'effet Melania" des touristes des Etats-Unis, dont le nombre a bondi de 50% entre 2016 et 2019, malgré des routes parfois rudimentaires pour rejoindre cette cité de quelque 5.000 habitants, connue pour son château médiéval.

- "Sur la carte" du monde -

Les visiteurs peuvent y découvrir le gâteau "Melanija", couleur crème, devenu un mets particulièrement recherché selon la pâtisserie locale, quand d'autres commerces avaient à l'époque lancé des pantoufles et des burgers en l'honneur de l'enfant du pays.

L'office du tourisme propose aussi des forfaits grand luxe "Première dame", avec panier gourmand offert et vin haut de gamme au menu.

"Elle nous a placés sur la carte", reconnaît le maire. "Cela nous a donné l'occasion de montrer à un public plus large toutes les beautés de notre région".

Depuis le mois de mars toutefois et l'émergence de la pandémie, les visiteurs se font rares et même le bar où la victoire du président républicain avait été fêtée en 2016 restera fermé mardi pour l'élection, en pleine seconde vague de la maladie Covid-19.

Désormais, point de bannière étoilée américaine, mais des rues désertées par le confinement et quelques passants étonnés d'être interrogés sur le sujet.

Au pied de l'ancien immeuble en béton de Melania, un retraité refusant de décliner son nom livre son pronostic: "je ne crois pas que Trump, qui n'est pas quelqu'un de bien, va gagner".

Finalement à Sevnica, la référence la plus visible à la discrète icône est une statue de bronze grandeur nature, érigée par l'artiste américain Brad Downey, qui se dresse au beau milieu d'un champ voisin.

Dévoilée le mois dernier, elle a depuis été affublée d'un masque, comme un rappel à la récente contamination de la "First Lady".




 

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