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A Saint-Pétersbourg où les Diables joueront samedi, il y a 800 cas Covid/jour mais on ne respecte plus guère les règles Covid

A Saint-Pétersbourg où les Diables joueront samedi, il y a 800 cas Covid/jour mais on ne respecte plus guère les règles Covid
(c) AFP
 
 

"S'il vous plaît, mettez vos masques!": la supplique de l'employé du métro de Saint-Pétersbourg semble vaine. A quelques jours de l'Euro de football 11 juin - 11 juillet) et du premier match des Diables contre la Russie ce samedi, la deuxième ville russe vit comme si la pandémie de Covid-19 n'était qu'un lointain souvenir.

Le coronavirus est pourtant bien présent en Russie, l'un des pays les plus touchés par la pandémie, qui continue d'enregistrer chaque jour des milliers de nouvelles infections et des centaines de morts. Et l'ancienne capitale impériale, organisatrice du tournoi, est l'agglomération la plus affectée après Moscou.

"Les cas de Covid grimpent ces derniers temps", a d'ailleurs confirmé mardi le Comité de la Santé de la deuxième ville de Russie, où le nombre de cas quotidiens dépasse les 800 par jour ces deux dernières semaines, contre environ 700 il y a un mois.

Dans les rues et les transports en commun pourtant, moins de la moitié des gens portent un masque de manière correcte, la plupart l'ayant au menton, ou dans la poche, "au cas où".

Ca sert à rien les masques, ça va, tout le monde a déjà eu ce Covid

Les terrasses de cette ville, très touristique avant la pandémie, sont noires de monde depuis le retour des beaux jours et la levée de l'essentiel des mesures de restriction début 2021.

"Ca sert à rien les masques, ça va, tout le monde a déjà eu ce Covid", lance nonchalamment Sergueï Petrov, un habitant de 35 ans, en sortant du métro.

Une affirmation pourtant contredite par les statistiques. "Beaucoup d'habitants de Saint-Pétersbourg ont déjà des anticorps mais ce n'est pas encore suffisant, surtout que la vaccination va à petite allure", souligne auprès de l'AFP Anton Bartchouk, expert en épidémiologie à l'Université européenne de la ville.

Si la Russie a été le premier pays à homologuer un vaccin contre le coronavirus, le Spoutnik V, la campagne d'immunisation traîne sur fond de méfiance de la population et malgré les appels répétés du président Vladimir Poutine.

Connue pour ses canaux et ses palais d'époque tsariste, Saint-Pétersbourg accueillera sept matches de l'Euro dans son stade principal. Les autorités ont promis que la sécurité sanitaire des équipes comme des spectateurs sera assurée.

Les mesures prévues par des organisateurs lors des matches devraient minimiser les contaminations

"Nous sommes certains d'avoir pris toutes les mesures face au Covid-19, nous n'avons pas peur", lançait encore la semaine dernière Alexeï Sorokine, directeur du Comité d'organisation de l'Euro à Saint-Pétersbourg.

Le taux d'occupation du stade sera limité à 50% et les fans devront porter un masque dans les tribunes. Les visiteurs étrangers munis d'un billet ("Fan-ID") pourront, eux, venir en Russie sans visa pour assister aux rencontres.

"Je n'ai aucun doute que les mesures prévues par des organisateurs lors des matches sont bien adéquates et devraient minimiser les contaminations", affirme M. Bartchouk.

Mais dit-il, "le plus inquiétant, c'est que la ville mène une vie comme si l'épidémie n'existait plus", ignorant gestes de distanciation et mesures barrières.

Une remarque qui sonne d'autant plus juste que les nouveaux cas quotidiens de Covid-19 ont continué à grimper ces derniers semaines à Saint-Pétersbourg, ville de 5,4 millions d'habitants qui connaît actuellement plus de 800 nouvelles contaminations par jour.

Un hôpital temporaire destiné aux malades du coronavirus a dû être rouvert en mai, trois mois après sa fermeture en février face à la baisse des contaminations.

Alexandra Samatouga, hôtelière locale, ne cache pas, elle, sa joie de voir "les premiers étrangers depuis une année" et relancer ses affaires dans un secteur ravagé par la pandémie qui a conduit à la fermeture des frontières russes.

"Enfin!", se réjouit-elle, "depuis le mois d'avril, dès l'annonce que l'Euro aura lieu, tout est réservé chez nous".

"Il y a des Suédois, des Allemands, des Finlandais", énumère-t-elle, ajoutant: "Tout le monde est très content, au moins on peut gagner" un peu d'argent.

Selon les chiffres officiels, 2,5 millions de touristes ont visité Saint-Pétersbourg depuis le début de la pandémie, contre 10,4 millions en 2019. Le nombre de touristes étrangers a lui baissé de 90%.

"Les gens sont en manque de fêtes, d'évènements publics, d'émotions positives, cela se voit", relève auprès de l'AFP Kirill Sanakine, un des responsables en charge de l'organisation de l'Euro, prévu en 2020 mais reporté d'un an à cause de la pandémie.

"Nous attendions ça depuis longtemps et on va en profiter", confirme Andreï Barsoukov, un supporter local.




 

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