En ce moment
 

Édito: les matchs de 15h, ça, c'est le vrai football

Édito: les matchs de 15h, ça, c'est le vrai football
 
 

C'est fini: l'Euro 2020 est entré dans une nouvelle phase originale et différente. Terminés les matchs de 15h, en plein milieu de l'open-space du boulot. Au mieux, vous verrez quatre matchs en devant faire un choix à 18h et 21h. L'esprit d'un grand tournoi, ce sont ces matchs d'apparence miteux qui se font en pleine après-midi. Et qui, au final, te font recracher ton coca avec des buts sortis de nulle part.

Les grands tournois, c'est quand même toujours quelque chose de spécial. Tu peux ne ressentir aucune hype, aucune excitation 24h avant le coup d'envoi du match d'ouverture. Et ne plus savoir t'en passer dès que t'as commencé. C'était encore plus le cas cette année, à l'Euro 2020, avec des conditions très spéciales et parfois, l'impression que ce tournoi n'aurait jamais lieu. C'était un peu mon cas, alors que mon boulot, c'est de vous lancer dans la compétition. Autant vous dire qu'on partait sur de bonnes bases.

Mais revenons à nos moutons. Le plaisir d'un tournoi d'envergure, c'est d'avoir du football sous perfusion. En un mois, tu vois 51 matchs (64 pour la Coupe du Monde, c'est cadeau). Tu prends une sorte de gros shoot de ballon rond et tu te sens bien, apaisé. Pour moi, la magie complète, ce sont les premiers jours, comme ceux que l'ont vient de vivre. Ceux des poules, avec des matchs qui débutent à 15h et un enchaînement qui te fait passer pour une larve absolue aux yeux de ceux qui ne suivent pas le foot: un match l'après-midi, un pour l'apéro et un pour digérer. Tu te surprends à suivre des matchs que tu n'aurais jamais le courage de regarder: un bon vieil Écosse-République Tchèque, un ringard Suède-Slovaquie ou encore Pays de Galles-Suisse. Que des top teams dans ma team.

Je vous le dit en toute honnêteté, si mon boulot ne consistait pas à parler de sport, jamais je ne regarderais des matchs du genre hors tournoi. Mais là, tu y vas. Surtout quand ce sont des équipes pour qui faire un tournoi est un exploit en soi. Cela donne parfois du spectacle digne d'une finale mais dans des scénarios presque insensés. J'adore. Ce moment où tu sors ta petite boisson du frigo, tu te tapes ton meilleur combo lasagne-Danette (pas dans la même assiette, je le déconseille) et tu gueules sur des Macédoniens comme si ta vie en dépendait. Le foot, le vrai, après celui du dimanche après-midi avec Morgan, 9 ans, qui joue chez les U10 de Taviers-Plage.

Les matchs de 15h, c'est aussi cette hésitation entre faire ce que ton patron t'as demandé et regarder les matchs, en étant convaincu que tu sais le faire discrètement. Tellement discrètement que tu te rends compte, après le premier quart d'heure, que la productivité est en chute libre parce que tout le monde tape sur son clavier devant un écran avec le match lancé sur le deuxième. Et tout le monde, dans une forme de déni collectif, refuse de penser que ça déconcentre. Jamais, ça se saurait, t'es pas d'accord, Jacqueline ? 

Vous la sentez déjà, la petite nostalgie ? On se consolera avec l'arrivée des phases éliminatoires, avec toute l'adrénaline qui va avec. Mais rien ne vaut ces 3 matchs par jour qui vous régalent toute une après-midi en se poursuivant sur votre soirée. La magie des grands tournois opèrera toujours. Et rappelez-vous que cette folie reviendra en force en novembre 2022. Avec cette fois des châtaigne au coin du feu devant Colombie-Autriche. J'en saliverais déjà !




 

Vos commentaires